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13 et 18 novembre 2015
/ Deux études sur les traumatismes

L’une vise à estimer l'effet psychotraumatique pour améliorer les prises en charge des victimes directes ou indirectes. L’autre, au long cours, veut collecter, par des témoignages filmés, la mémoire de ces événements.
Rue de la République le 18 novembre 2015
Rue de la République le 18 novembre 2015

Les 13 et 18 novembre 2015. Les événements associés à ces dates ont meurtri la France et particulièrement Saint-Denis. Pour en mesurer les effets, deux études ont été lancées. La première, menée jusqu'au 28 octobre par l'agence nationale Santé Publique France, vise à estimer l'impact psychotraumatique et le recours aux dispositifs de soins en vue d'améliorer les prises en charge. « Plus on aura de participants et plus on aura d'informations pour comprendre ce que les gens ont vécu, ce qu'ils ont ressenti et comment ils ont été pris en charge », souligne Philippe Pirard, médecin épidémiologiste à la direction Alerte et Crise de Santé Publique France, qui, déjà après les attentats de janvier 2015, avait lancé une étude pour en mesurer les conséquences sur la santé mentale. Les résultats préliminaires sont éloquents, révélant que six mois après les faits, près de quatre personnes interrogées sur dix présentaient toujours au moins un trouble « qui aurait mérité un dépistage et un suivi psychologique ».

Déjà 550 participants à cette enquête

Pour certains des sondés, répondre à cette enquête a aussi été l'occasion de voir un psychologue, de faire un bilan et d'être conseillés sur une orientation éventuelle. Et c'est là, un autre des enjeux de l'enquête ESPA 13 novembre. « C'est d'ailleurs la raison pour laquelle on tient une permanence tous les mardis à Saint-Denis au centre municipal de santé du Cygne, avec une équipe de psychologues prête à aider les personnes qui désirent remplir le questionnaire », précise le Dr Pirard. Recensant déjà 550 participants, cette étude (1), qui se fait au moyen d'un questionnaire disponible sur Internet, s'adresse aux plus de 16 ans, endeuillés d'un proche, directement menacés par les terroristes, qui ont dû se cacher ou qui ont été témoins des attaques du 13 novembre ou de l'assaut contre les terroristes du 18 novembre. Elles concernent aussi les professionnels des services de secours et des forces de l'ordre, des associations, des services des villes, de soins qui ont eu à sécuriser ou à réhabiliter les lieux, à prendre en charge des personnes blessées physiques ou psychiques.

A noter qu'en lien avec l'enquête, Santé Publique France propose un dossier informatif sur les conséquences post-traumatiques. Quels sont les signaux qui doivent alerter ? Qu'est-ce qu'un traumatisme psychique ? Comment aborder les événements en famille ? Dans cette rubrique également, des conseils et un annuaire pour trouver de l'aide médico-psychologique.

Une première mondiale

L'autre enquête, un programme de recherche transdisciplinaire porté par le CNRS et l'Inserm, a pour objectif d'étudier la construction et l'évolution de la mémoire après les attentats. Que vous ayez été témoin, que vous soyez résident ou usager des quartiers touchés, ou simple habitant de Saint-Denis, il est encore temps d'apporter votre contribution. Particulièrement ambitieuse (c'est une première mondiale), cette enquête se fonde sur le recueil des témoignages d'un groupe d'environ mille personnes, habitants la région parisienne ou la province et volontaires pour répondre à des questions au cours de quatre campagnes d'entretiens filmés répartis sur dix ans. « En région parisienne, il reste environ 25 créneaux disponibles sur 400 », précise Daniel Da Rocha, chef de projet du Programme 13-Novembre (2) qui espère voir des Dionysiens s'emparer de ces dernières places. « Comme c'est un travail sur la dynamique de la mémoire, le but de cette enquête n'est pas d'être exhaustif, mais plutôt d'avoir un panel, pour voir selon où l'on se situe, comment la mémoire de ces événements va évoluer sur dix ans, si certains vont être oubliés ou relégués. À Saint-Denis, il y a bien sûr l'attentat du Stade de France mais il y aaussi la spécificité du 18 novembre qui a été un traumatisme très marquant. Mais si on n'a pas des gens pour porter la mémoire de cet événement-là, alors il nous manquera un morceau de l'histoire. »

Linda Maziz

(1) Le questionnaire de l'étude ESPA 13 Novembre est disponible sur : http://invs.santepubliquefrance.fr/espa13novembre. Possibilité de le remplir en présence d'un psychologue lors des permanences le mardi (9h30-17h30), au CMS du Cygne (6, rue du Cygne, 3e étage) ou en écrivant à espa13novembre@santepubliquefrance.fr.  Une équipe de psychologues est aussi à votre écoute au 09 70 14 99 60, du lundi au samedi (10h-22h).

(2) Infos sur : www.memoire13novembre.fr. Pour participer : participation@memoire13novembre.frou par Tél. : 06 60 98 53 82 / 06 61 19 10 32. Les entretiens audiovisuels se déroulent à l'INA à Bry-sur-Marne.

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