En ville

Réfugiés syriens
/ Des solutions de relogement proposées aux familles

Depuis deux semaines, une dizaine de familles syriennes dorment dans des tentes installées au square de Geyter suite à leur expulsion d’un immeuble rue Raspail. Elles vont être prises en charge pendant un mois.
© Yann Mambert
© Yann Mambert

Après plusieurs échanges entre la municipalité et les associations de soutien aux réfugiés, une solution temporaire a été trouvée. Jeudi 12 septembre au soir, après une réunion de près de deux heures avec les soutiens des familles syriennes du square de Geyter, la Ville a annoncé dans un communiqué, qu’une solution de « prises en charge » avaient été trouvées pour les 71 réfugiés.

Expulsées le jeudi 29 août d’un immeuble situé au 6, rue Raspail qu’elles occupaient depuis 2016 (1) ces 14 familles s’étaient réfugiées dans le parc municipal avec le soutien des associations et collectifs – notamment le chapiteau Raj’ganawak qui oeuvrent à la scolarisation d’enfants syriens dans la commune – et quelques élus du groupe R.E.V.E.

La Ville de Saint-Denis aidée par le département du 93 ainsi que le Mouvement Emmaus propose à ces familles à la rue un hébergement d’une durée de 1 mois. L’association Alteralia est chargée de mettre en œuvre ces solutions de relogement temporaire et d’orienter les familles. Le dispositif devrait coûter au total 50 000 euros. L'Etat n'a pas participé au cofinancement, détaille le communiqué de la mairie. 

EN IMAGES : des familles syriennes sous des tentes au square de Geyter
 

« Ce n’est pas une victoire »

Pour Camo du chapiteau Raj’ganawak, l’annonce de cette solution temporaire « n’est pas une victoire, c’est une demi-réponse ». « Ces familles auront un toit pendant un mois mais après ? Fin octobre, que va-t-il se passer ? », a-t-elle interrogée à l’issue de la rencontre avec la municipalité. « On sait qu’il a été demandé à ce que les hébergements soient le plus proche possible de Saint-Denis en raison des enfants qui sont scolarisés ici mais on n’a pas encore d’information sur les affectations ou encore le nombre de chambres qui seront proposées », a expliqué la Dionysienne.

A ses côtés Yahya Al Abdullah, chercheur syrien qui connaît bien les familles et les a accompagnés avec l’association Raj’ganawak tout au long du processus de scolarisation d’une vingtaine d’enfants dans des écoles de la ville, reste lui aussi prudent. « Ce sont les familles qui vont prendre la décision finale, elles connaissent très bien le système », a-t-il avancé jeudi 12 septembre. Pour celui dont le travail de thèse traite de la question de l’intégration des réfugiés syriens, il est important de ne pas couper le processus de scolarisation des enfants syriens (23 enfants ont fait leur rentrée scolaire à Saint-Denis le lundi 2 septembre. Parmi ces 23 enfants, 13 dorment dans le square de Geyter ) car il fait partie d’une « démarche d’intégration ». « Cela fait deux ans qu’on voit et suit ces gamins, s’ils ne vont plus à l’école, ils perdent un fil. On est inquiet pour les enfants », a exprimé Camo. 
 

Des familles qui veulent rester en France

Les 14 familles du square de Geyter ont des liens forts entre elles. Elles ont toutes fait le voyage de l’exil depuis la Syrie jusqu’en Europe ensemble, fuyant la guerre. Et pour les soutiens des réfugiés, il ne s’agit pas d’un détail. « A partir du moment où on éclate ces familles, on éclate leurs identités culturelles », a affirmé Camo qui plaide pour un « projet d’intégration intelligent ». « Pourquoi la Préfecture ne réfléchit pas à des dispositifs de centres d’accueils où les gens ne sont pas obligés de bouger d’hôtels en hôtels ? Les financements pourraient être mieux ancrés », a suggéré Camo. 

Yahya Al Abdullah a tenu quant à lui à alerter sur la non-prise en compte par la Préfecture de la situation de ces familles qui sont « déplacées ». Mais aussi sur le traumatisme des enfants « qui ont fait tout ce chemin depuis la Syrie et sont allés à l'école pour la première fois l'année dernière », ici, en France. 

Yslande Bossé

(1) Les familles syriennes expulsées du 6, rue Raspail ont payé un loyer pendant deux ans (2016 à 2018) à un marchand de sommeil selon les soutiens des exilés qui tiennent à clarifier certaines imprécision, notamment l'utilisation du terme « squatteurs », pour désigner les réfugiés syriens. 

Réactions

Bonjour Reloger même temporairement bravo la ville, ils veulent s’ intégrés, je rigole ils insultes la France et les institutions par derrière roulent en Golf et Mercedes a plus de 20 000 euros et les dyonisiens qui ont de vrais besoins ont fait quoi ????
Il reste des familles au square de geyter... Pour l'instant l'aire de jeux nest toujours pas utilisable.
« A partir du moment où on éclate ces familles, on éclate leurs identités culturelles » Mais ne souhaitent-ils pas rester en France ? Si c'est vraiment le cas, ces familles ont grand besoin de mieux comprendre la culture française afin de mieux s'intégrer et notamment de mieux respecter leurs voisins et les règles d'usage de l'espace public. Mieux s'intégrer ne signifie pas perdre leur identité, c'est plutôt s'enrichir d'une nouvelle culture surtout quand on a bravé tous les dangers pour venir y vivre. Et oui, espérons que les enfants n'ont pas été scolarisés juste le temps de la rentrée et des papiers. L'école est leur seul espoir de sortir de la misère dans laquelle ils vivent.

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