En ville

Quartier Pleyel
/ Des habitants vont déposer un recours contre l’échangeur

Le 10 janvier, le futur échangeur autoroutier à Pleyel a été présenté dans sa dernière version corrigée par la Dirif, son maître d’ouvrage. Mais au lendemain de cette réunion publique, un collectif d’habitants du quartier a décidé d’engager un recours en annulation contre le projet.
Le chantier de l'échangeur autoroutier à Pleyel devrait démarrer en septembre... Sauf recours.
Le chantier de l'échangeur autoroutier à Pleyel devrait démarrer en septembre... Sauf recours.

Aménager l’échangeur autoroutier de l’A86 à Pleyel pour supprimer les accès à l’A1 Porte de Paris et alléger le trafic sur le boulevard Anatole-France. Le projet a été inscrit en janvier 2014 par Plaine Commune à son contrat de développement territorial. En novembre 2017, alors que sa réalisation était en vue dans la perspective des JOP 2024, une concertation préalable à l’enquête publique a été lancée. Et des habitants du quartier s’en sont saisis pour travailler à des propositions alternatives.

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Réunis au sein du collectif Pleyel à Venir, ils les ont défendues pied à pied à chaque occasion qui leur était donnée pour minimiser l’impact du trafic dans ce secteur déjà très pollué. Lors de l’enquête publique, organisée en mai et juin dernier, « on a déposé beaucoup d’avis, qui étaient en majorité un refus du projet. Un avis favorable sans réserve a pourtant été rendu le 15 octobre par la commission d’enquête. On est globalement en échec », déplorait Benjamin Darras, l’un des principaux animateurs du collectif lors de la réunion organisée le vendredi 10 janvier au café du Grand Comptoir où décision a été prise de déposer un recours contre l’échangeur.

« On y est contraint. Quand on a découvert que la Ville discutait avec l’État, mais sans nous, on s’est rapproché d’un cabinet d’avocats. » Coline Robert et André Rigal-Casta, du cabinet Géo Avocats, Clément Bonnin, avocat indépendant, ils étaient là au côté d’une trentaine de personnes, militants associatifs pour beaucoup.

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Une qualité de l’air dégradée

Parmi eux, Hamid Ouidir est parent d’élèves du groupe scolaire Anatole-France. Il est surtout délégué de la FCPE, l’association qui engagera la procédure auprès de la cour administrative d’appel pour un recours en annulation contre la déclaration d’intérêt général (DIG) délivrée par le préfet de Région. D’après les avocats, il ne fait aucun doute que cette DIG, indispensable pour démarrer les travaux, repose sur une évaluation environnementale dont l’insuffisance est facile à démontrer.

« On a aujourd’hui 10 000 voitures par jour aux abords du groupe scolaire. Avec ce projet, on en aura 25000 par jour ! », s’était écrié Hamid Ouidir la veille, lors de la rencontre publique convoquée par la Ville et la Dirif (Direction des routes d’Île-de-France), maître d’ouvrage du futur échangeur. C’était à la bourse du travail pour la présentation du projet dans sa dernière mouture, et du calendrier des travaux, qui doivent démarrer en septembre pour une mise en service fin 2023.

Dans la salle où n’avait pris place qu’une poignée d’habitants de Pleyel, les responsables de la Dirif ont eu beau se féliciter des correctifs apportés suite à l’enquête publique, l’ensemble des questions se résumait à une seule et même apostrophe sur la dégradation de la qualité de l’air avec le futur échangeur.

« Concernant le dioxyde d’azote, toutes les mesures sont au-dessus des limites réglementaires », avait en effet relevé en janvier 2019 dans son étude d’impact l’Autorité environnementale qui prévoyait une concentration jusqu’à trois fois supérieure à la valeur seuil. « L’impact des autoroutes A1 et A86 est démontré », concluait-elle.

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Voirie réduite mais engorgée

Selon les représentants de la Dirif, les mesures ont été prises en conséquence. Le boulevard de la Libération a été réduit d’une voie au bénéfice d’aménagements paysagers. De même, le boulevard Anatole-France serait-il décalé pour dégager le long du groupe scolaire une emprise occupée par un « écran végétal » de 5 mètres de large.

Dans la salle, on conteste les bénéfices d’une réduction de la voirie qui n’aboutira qu’à l’engorger davantage. Et surtout, on fait valoir qu’à une distance de moins de 100 mètres de la source de pollution, les 700 enfants du groupe scolaire resteront exposés à ce gaz toxique, pouvant entraîner une inflammation des voies respiratoires, qu’est le NO2 ou dioxyde d’azote. Comme les élus à leur côté, Essaïd Zemouri, vice-président EELV de Plaine Commune en charge de l’insertion urbaine des infrastructures autoroutières, et Michel Ribay, conseiller écologiste délégué au quartier, les responsables de la Dirif misent sur un développement des « modes de déplacement alternatif », avec la création d’une voie de bus et l’aménagement de pistes cyclables. 

Pour Michel Ribay, quoi qu’il en soit, la qualité de l’air ne peut que s’améliorer grâce au Grand Paris Express qui entrera en service en 2023, et avec la ZFE, Zone à faible émission, dont il espère l’application prochaine à Saint-Denis. De plus, un « protocole de mesures » en continu de l’air et du bruit va être mis en place sur « les 26 sites identifiés comme sensibles ». Et ce, sur une durée de vingt ans où des « correctifs » pourront être apportés. L’élu délégué au quartier n’en a pas moins rappelé l’alternative préconisée par le collectif Pleyel à Venir de prolonger la rue Poulbot jusqu’à celle du Landy pour y canaliser le trafic routier à l’écart du groupe scolaire et des lieux de vie.

Le poste d’aiguillage de la SNCF qui dans cette rue y fait obstacle pourrait-il être déplacé ? « On ne peut pas répondre par oui ou par non, souligne Michel Ribay. Mais l’engagement a été pris par la SNCF d’en étudier la possibilité. »

Marylène Lenfant

Réactions

Michel ribay c'est vraiment l'écologie "low cost"... Les arguments sont très faibles et il ny a, au final, aucune décision forte pour protéger la santé des enfants.
La dernière phrase est symptomatique de l'absence de courage pour stopper les projets. « On ne peut pas répondre par oui ou par non, souligne Michel Ribay. Mais l’engagement a été pris par la SNCF d’en étudier la possibilité. » Les élus doivent défendre les intérêts des habitants... Et c'est une réflexion globale à avoir sur la bilan de la municipalité.

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