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Arts martiaux
/ Danser avec l’histoire

Entre chant, danse et techniques de combat, la capoeira occupe une place singulière dans la grande famille des arts martiaux. À Saint-Denis, trois associations, dont la petite dernière, Capoeira Malungos 93, font vivre cette pratique venue du Brésil.
A Saint-Denis, trois associations font vivre la pratique de la capoeira, dont la petite dernière, Capoeira Malungos 93.
A Saint-Denis, trois associations font vivre la pratique de la capoeira, dont la petite dernière, Capoeira Malungos 93.

Le rythme des percussions résonne sur la place de la Résistance en ce froid jeudi soir. Depuis l’entrée de la Maison de la jeunesse, son écho nous guide vers le 2e étage. Dans la pièce, trois femmes exécutent avec application des mouvements amples dictés par leur professeur dans un français trahissant ses origines sud-américaines. Face à un long miroir mural, tous répètent cette surprenante chorégraphie évoquant à la fois les gestes des danseurs de samba et ceux des adeptes du Taekwondo. À la demande de « Professor Cocó », le petit groupes’attaque alors à une série d’exercices de souplesse, mains au sol, tête en bas et jambes tendues face au mur. Place ensuite aux techniques de base : déplacements latéraux et sortes de coups de pieds circulaires, toujours cadencés par une musique d’influence tribale. Art martial brésilien mêlant danse, lutte et jeu, la capoeira est en effet indissociable de ses airs traditionnels.

Après quelques minutes, les participants sont rejoints par la présidente de l’association Capoeira Malungos 93. Silhouette gracile et cheveux attachés en arrière, Nina se met en jambes en alternant roues et étirements. « Découvrir la capoeira c’est comme apprendre une langue, là on commence par l’alphabet. Et la musique commande le dialogue. Chaque « jeu » de capoeira correspond à une mélodie propre » explique-t-elle. 
 


 

La danse comme camouflage

À ses origines, remontant au XVIe siècle et la période de l’esclavage au Brésil, cet art du corps représentait une forme de rébellion. Les premiers capoeiristes camouflaient alors son aspect martial sous une apparence ludique et musicale. « À la base, cette  musique raconte le danger qui approche, la présence du maître, elle est un signal d’alerte » précise Nina.  Ce bagage historique peut s’avérer, pour les plus curieux, une porte d’entrée vers une partie de la culture lusophone. Après cinq ans de capoeira, Léa est ainsi devenue presque bilingue. Tout comme Nina dont la fluidité des échanges en Portugais avec le « professor » ne laisse pas supposer qu’elle n’en parlait pas un mot il y a sept ans. « Ce ne sont pas que des mouvements mais un sport à la fois très personnel et lié au partage, à la cohésion. La musique, les chansons, permettent de découvrir très vite tout un volet culturel et festif » ajoute Léa.

La séance se poursuit d’ailleurs par un intermède musical : assis en cercle « pour la transmission des énergies »,  le groupe chante, joue du Berimbau – instrument à corde frappées, originaire d’Afrique et typique de la capoiera – du tambourin et autres percussions, tandis que Nina et Cocó donnent le « la ». Le cours s’achève alors par une série de duels, ou plutôt de « conversations » entre les capoeiristes : « chaque attaque est une question dont l’esquive est la réponse, ce n’est pas un combat mais un dialogue corporel entre partenaires de jeu » détaille Nina. Coup de pieds rotatifs et feintes de corps forment alors un étrange ballet puissant et éthéré. Comme l’esclave rêvant de liberté.

Corentin Rocher

 

À Saint-Denis, Aubervilliers et Paris

Basée à proximité du Stade de France, Capoeira Malungos 93 dispense ses cours dans trois villes : à Paris (XXe) pour un créneau enfants le vendredi en fin d’après-midi, à Aubervilliers et à Saint-Denis, avec des créneaux enfants, ados et adultes. Outre la MJC le jeudi soir et samedi matin, les cours ont aussi  lieu aux gymnases Doisneau et Robespierre les lundis et mercredis. La plupart sont animés par le « contra-mestre » Jilo, originaire de Rio et grand exportateur de la capoeira à travers l’Europe. À Saint-Denis, deux autres associations proposent des cours pour enfants : « Capoeiraviola » à la Maison de quartier la Plaine et « Les petits capoeiristes » au gymnase La Courtille.

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