En bref

Eau
/ Décision reportée

Le conseil de territoire de Plaine Commune du 25 juin (48 pour, 1 abstention et 9 contre dont Martine Rogeret, Kader Chibane et Essaïd Zemouri pour les élus dionysiens) a acté le report de six mois de la décision concernant la réadhésion de l’Établissement public territorial (EPT) au Syndicat des eaux d’Île-de-France (Sedif). La décision qui devait être rendue en décembre 2019 sera effective au 30 juin 2020.

Ainsi les élus de Plaine Commune se donnent du temps pour finaliser les études en cours. In fine la décision reviendra donc aux nouvelles équipes municipales sorties des urnes en mars 2020. Pour rappel les communes de La Courneuve, Saint-Ouen et Épinay avaient fait le choix de réadhérer au Sedif en décembre 2017. Pour les six autres villes de l’EPT, la question de la remunicipalisation du service de l’eau (délégué par le Sedif à Veolia aujourd’hui) reste donc en suspens.

Réactions

L'objet du SEDIF consiste à fournir 244 millions de m3 d'eau à 4,8 millions usagers à travers 8,7 millions de kilomètres de canalisations réparties dans 150 communes (50 m3 d'eau potable par an par habitant). Cette eau provient à 97% de la Seine de la Marne et de l'Oise et elle nécessite des traitements sophistiqués. Le chiffre d'affaires 2018 du SEDIF s'élève à 463 millions d'euros. Pour VEOLIA Environnement, le SEDIF représente un contrat de 380 millions d'euros par an soit 3,8 milliards d'euros sur dix ans, le plus gros marché d'eau d'Europe. Avec Eau de Paris les parisiennes et les parisiens payent 3,43 euros ttc le mètre cube d'eau. Avec VEOLIA Environnement, les séquano-dionysiens payent 4,25 euros ttc le mètre cube d'eau à Saint-Denis 5,05 euros à Drancy 4,51 euros à Montreuil 4,27 euros à Aubervilliers. La disparité des prix entre les 150 communes est incroyable et montre que l'eau en régie publique revient beaucoup moins chère. Le prix de l'eau comprend trois facteurs l'investissement la production et l'assainissement. Pour la production d'un m3 d'eau potable en Seine-Saint-Denis Véolia Environnement facture 1,464 euros ttc, alors qu'Eau de Paris facture 1,0616 euros pour produire ce même m3 d'eau potable. Certes le réseau d'adduction est plus dense donc plus facile à entretenir à Paris qu'en banlieue, mais cela n'explique pas une différence de 38% du coût de production. Dans le contrat avec le SEDIF, la rémunération principale de VEOLIA est passée de 7 millions d'euros en 2011 à 20,5 millions d'euros en 2015, le triple de l'objectif prévu en 2010 (7 millions d'euros pour la rémunération délégataire). En 2016 dans les comptes de VEOLIA Île de France on trouvait sept millions d'euros de frais de siège sans justificatifs (cf rapport chambre régionale des comptes juin 2017). En Seine-Saint-Denis 37 communes sur 40 adhèrent au SEDIF. Quelles contreparties le groupe VEOLIA Environnement accorde-t-il chaque année aux élu(e)s en échange de leur vote en faveur de l'adhésion au SEDIF ?