En ville

Conseil municipal du 22 octobre: Plaine commune, quel bilan??

Avec sept heures et dix minutes non-stop, la dernière réunion en mairie de Saint-Denis n’a pas dérogé aux très longs débats permettant aux groupes d’opposition de faire entendre leur musique sur de nombreux sujets comme la communauté d’agglomération ou encore « l’ultimatum climatique » à la veille de la conférence de Copenhague.

« Nous sommes la seule ville de la communauté d’agglomération où il n’est pas possible d’avoir un véritable débat, les longues interventions qui se succèdent aboutissent à ce résultat (de 19?h?20 à 22?h - ndlr). Dans les autres communes, on ne traite pas Plaine commune comme un corps étranger, et les élus considèrent que l’agglomération c’est eux… Car Plaine commune est bien une coopération de villes, où toutes les décisions sont prises avec les maires des communes et les présidents des groupes politiques. »

En défendant le bilan 2008 de la communauté d’agglomération qu’il préside, le député Patrick Braouezec, conseiller municipal de Saint-Denis, n’a pas caché ses vifs regrets. D’autant plus que cette séance du conseil municipal, jeudi 22 octobre, portait à son ordre du jour, parmi les questions dites importantes, un débat autour des actions de Plaine commune et ses interventions dans les domaines qui sont de son ressort?: aménagement urbain, habitat, environnement, propreté, développement économique, médiathèques, enseignement supérieur et recherche…

« Les gens attendent des résultats »

Pour le socialiste Georges Sali, « il faudrait du temps pour débattre des enjeux et de la façon dont Patrick Braouezec et son équipe gèrent ». Parmi les dossiers pointés par l’élu dionysien?: la propreté, qui a ses yeux laisse plus qu’à désirer. Comme témoin de son courroux, il affiche une photo de sacs d’ordures prise au pied de son immeuble dans le centre-ville, explique-t-il en aparté. Il déplore aussi que dans certains quartiers les équipements publics (comme les écoles) ne suivent pas la construction des logements, « c’est une question énorme ». Autre grief?: les entreprises qui arrivent sur le territoire ne procurent pas assez d’emplois locaux…

Xavier Ducos-Fonfrède (UMP) demande quels sont « les résultats » en matière de propreté, transports, espaces verts, habitat, insertion… « Car ce que les gens attendent, ce n’est pas l’énoncé d’objectifs, mais des résultats. » Didier Labaune (UMP lui aussi) stigmatise « la pseudo-opposition de droite (notamment UMP - ndlr) qui règne » à Plaine commune où se « votent les budgets à l’unanimité ».

« La refonte de la taxe pro est inquiétante »

Pour Patrick Vassallo (majorité), « par exemple, la ville n’aurait pas pu mener à bien la rénovation du centre sans Plaine commune ». Bally Bagayoko (majorité) estime aussi que « la solidarité est la marque de fabrique de cette instance et cela montre bien son efficacité ». Mais Danyl Afsoud (MoDem) préfère parler d’une « présentation légèrement inconséquente ».

Dans son argumentation, Patrick Braouezec précise que le budget total de l’agglo s’élève à 406 millions d’euros pour l’année passée et que les investissements réalisés par les villes ont en moyenne plus que doublé (près d’une fois et demi pour Saint-Denis) avec l’intervention de Plaine commune. Disant son accord pour un débat approfondi, il réfute « la mauvaise gestion » invoquée pour des sujets comme l’habitat ou la propreté « qui reviennent dans les mêmes termes dans des villes aussi diverses que Paris, Marseille, ou Saint-Denis ». Quant aux emplois, « personne ne comprendrait que les entreprises qui s’installent licencient leur personnel avant de déménager sur le territoire. Toute notre action doit viser à ce qu’ensuite les emplois qui se libèrent bénéficient au maximum aux habitants ».

Patrick Braouezec indique aussi « qu’en raison de lourdes inquiétudes sur le devenir des finances locales avec la suppression de la taxe professionnelle (TP) », le budget de l’année prochaine ne serait peut-être pas débattu avant janvier 2010. « Cette refonte de la TP est inquiétante et va faire payer encore plus les familles populaires qui subissent déjà les contraintes de la politique du gouvernement », dénonce Agnès Renaud (majorité-LO). « Bien que le chômage reste aux alentours de 15 %, nos actions ont permis à plus de 30 % des habitants de travailler désormais sur le territoire, ce qui est un net progrès », note à son tour Pierre Quay-Thévenon.

Le maire Didier Paillard estime lui aussi « qu’il ne peut pas y avoir la ville d’un côté et Plaine commune de l’autre, car il s’agit de la mise en commun de moyens, de travail collectif, avec des ambitions partagées. Et le débat se poursuivra avec les nombreux dossiers qui seront évoqués au fil de l’année ».

Quiz sur le bilan carbone des élus

Un peu plus tard (22?h à 23?h), Cécile Ranguin fait approuver un « vœu du conseil sur la conférence de Copenhague sur le climat, et la signature de l’appel “l’ultimatum climatique” ». « Cette conférence internationale, qui se tiendra du 7 au 18 décembre, aura pour but de définir de nouveaux engagements pour l’après 2012 (protocole de Kyoto), et il ne reste que quelques années pour éviter l’irréversible », estime l’élue ajoutant que « les collectivités locales doivent elles aussi se mobiliser, car le phénomène est planétaire, mais les enjeux sont principalement locaux ».

Au nom du groupe PS et partenaires, Maud Lelièvre plaide alors longuement pour la défense du climat, la réduction des rejets de CO2 (gaz carbonique). Puis lit et distribue un questionnaire de plus de deux pages intitulé « Élus de Saint-Denis?: quel est le bilan carbone de votre fonction?? ». Sorte de quiz pour savoir si l’on a ou pas une démarche écolo dans la vie professionnelle. Xavier Ducos-Fonfrède dit se réjouir de voir un tel vœu proche « de ce que propose le ministre Borloo sur http://www.copenhague.developpement-durable.gouv.fr ».

Philippe Julien (majorité-LO) dit s’abstenir sur le texte, regrettant que « l’on rende les populations responsables alors que la catastrophe écologique est due aux actions des grands groupes capitalistes qui dirigent l’économie mondiale ». Laurent Russier (PC) note que « le productivisme effréné est le premier responsable de la situation » et se félicite « de cette interpellation des chefs d’État ». Gilles Guéguen (PC) parle « d’urgence climatique » et dénonce la possible suppression du fret SNCF qui se traduirait par « 600?000 camions sur la route ». David Proult (PC) souligne que ces questions sont incontournables, « quand il s’agit de développement urbain sans rejeter des populations à la marge ».

En toute fin de séance, alors que le groupe PS quitte la salle, que MoDem et UMP l’ont déjà fait depuis un moment, trois « questions d’actualité » sont évoquées par Mathilde Caroly sur la situation au Pôle Emploi, par Jérôme Jurjevic sur la suppression du Défenseur des enfants, et par Suzanna De La Fuente sur les entraves au droit à l’avortement.

Gérald Rossi

**********************************

Contre « l’augmentation des impôts »

Mini-rassemblement devant la mairie

Jeudi 22 octobre au soir, à l’heure du conseil municipal, quinze à vingt personnes ont brièvement manifesté devant la mairie à l’appel de l’association Oxygène. Laquelle se proclame « sans aucune appartenance politique », mais dénonce « la municipalité [qui] a eu la main très lourde en augmentant très fortement les taux d’imposition ».

En début de séance du conseil municipal, quelques-uns de ces manifestants ont séjourné une dizaine de minutes dans la tribune du public, tenant à bout le bras la banderole demandant « où va notre argent?? ».
De son côté, l’adjointe au maire Fabienne Soulas précise que les impôts locaux ont été « augmentés pour développer ou renforcer des services liés à la population ». Elle fait observer que cette augmentation a touché pratiquement toutes les villes du département parce que « les dotations de l’État ont diminué, ce qui constitue un manque à gagner de 31 euros par habitant entre 2008 et 2009 ».

D.Sz et G.R.

**********************************

Décisions au conseil

Santé (1). Virginie Le Torrec a fait adopter un rapport organisant le soutien de la Ville au projet de Maison de santé de proximité de l’association communautaire Santé-bien-être. Cette association, implantée dans le quartier Franc-Moisin, veut développer un lieu d’accès aux soins. Une subvention de 6?000 euros a été accordée.

Santé (2). À l’unanimité, après plus d’une demi-heure d’interventions, David Proult a fait adopter un rapport permettant la « mise en place d’un jardin d’enfants thérapeutique dans les locaux de l’école l’Estrée, dans le secteur de la gare ». Ce jardin accueillera les enfants entre 3 et 6 ans « en crise passagère ou en souffrance psychique ».

Santé (3). Également à l’unanimité, mais sans débat, Nadia Ghassab a fait adopter un rapport acceptant le lancement d’une étude épidémiologique sur le cytomégalovirus, responsable de nombreuses infections chez le petit enfant. Cette étude conduite par le centre hospitalier universitaire de Limoges sera menée dans les crèches suivantes?: Petit Prince, Pain d’Épice, Pom’Cannelle, Coin du feu.

Quartier Plaine. Monique Lejeune a fait adopter une convention avec l’association Essima, qui se propose de mettre en place des ateliers « original afro-dance » à la maison de quartier. Cette dernière s’appuie sur « un partenariat avec différentes associations pour créer du lien entre les publics », a expliqué l’élue.

Développement. Christophe Girard a fait adopter la participation de la Ville à l’association créée pour le centre commercial du Millénaire à la Porte d’Aubervilliers (ouverture en 2011). Une Charte de développement de ce secteur prévoit de réserver une partie des emplois aux salariés du territoire.

G.R.

Réactions

Réagissez à l'article

(ex. : votre.nom@fournisseur-internet.com) Cette adresse ne sera pas publiée sur le site.
Merci de prendre connaissance de la charte des commentaires ci-dessous.

Principes de modération

Les commentaires postés sur lejsd.com sont modérés avant publication par l’équipe éditoriale.
Les commentaires sont ouverts les quatre semaines suivant la mise en ligne des contenus.
Les messages sont publiés dans leur intégralité ou supprimés s’ils sont jugés non conformes à la charte.
L’internaute est responsable des commentaires qu’il poste. L’équipe du JSD se réserve le droit de retirer tout commentaire si elle l’estime nécessaire pour la bonne tenue des échanges.
La modération dans l’immédiat a lieu du lundi au vendredi, en horaires de jour.
Lorsqu’un internaute poste plusieurs fois le même commentaire, l’équipe du JSD n’en publie qu’une version.

Pseudonymes

Il n'est pas autorisé de choisir comme pseudonyme le nom d'une autre personne physique ou morale (entreprise, institution, etc.) ou d'utiliser un nom similaire à celui d'un autre internaute dans le but de créer une confusion.
Les noms contenant des allusions racistes, sexistes ou xénophobes sont proscrits.
Si un internaute utilise plusieurs pseudonymes pour commenter, le JSD se réserve le droit de supprimer ces comptes, sans préavis.

Contenus illicites et prohibés

Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Le JSD supprimera tout commentaire contrevenant à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, répété plusieurs fois ou grossier.
Sont notamment illicites les propos racistes, antisémites, sexistes, homophobes, discriminatoires, diffamatoires ou injurieux, incitant à la violence (y compris les appels à la restauration de la peine de mort) ou à la haine raciale, niant les crimes contre l’humanité et les génocides reconnus, faisant l’apologie des crimes de guerre et du terrorisme ; justifiant des actes violents et des attentats.
Sont également proscrits : les propos de nature pornographiques, pédophile ou délibérément choquants ; les atteintes à la présomption d’innocence, l’usurpation d’identité, l’incitation à la commission de crimes ou de délits, l’appel au meurtre et l’incitation au suicide et la promotion d’une organisation reconnue comme sectaire…
Il est également interdit de divulguer des informations sur la vie privée d'une personne, de reproduire des échanges privés et d’utiliser des œuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).
Actuellement la publicité est interdite sur lejsd.com Les liens promotionnels sont proscrits mais la publication d’un lien vers un site commercial en lien direct avec le sujet dont il est question dans le programme ou le fil de commentaires peut être tolérée, si elle apporte un complément d’information utile à l’internaute.
Le JSD se réserve le droit de supprimer tout commentaire contenant des propos agressifs visant des personnes, notamment les autres commentateurs.
La suppression d’un commentaire entraîne celle des réponses qui lui ont été faites.
Pour contester une modération, merci d’écrire à info@lejsd.com.

CAPTCHA
Ce champ nous permet de vérifier que vous n'êtes pas un robot spammeur