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/ Comment allier écologie et populaire ?

Jeudi 16 mai, le 6b a accueilli un débat sur la nature en ville avec Olivier Darné (à gauche) et Marie-Monique Robin.
Jeudi 16 mai, le 6b a accueilli un débat sur la nature en ville avec Olivier Darné (à gauche) et Marie-Monique Robin.

Jeudi 16 mai, la rencontre-débat sur la place de la nature à Saint-Denis et l’écologie populaire organisée par la Ville a réuni une cinquantaine de personnes au sein de la cantine du 6B. En présence du maire, Laurent Russier, Olivié Darné, fondateur du collectif Parti poétique et Marie-Monique Robin, journaliste-documentariste et spécialiste des questions d’écologie ont chacun exposé leur vision de l'écologie et d’une pratique de plus en plus répandue à travers le monde : l’agriculture urbaine.

A Saint-Denis, il y a quelques années, l’association Parti poétique a justement pris le parti de poser dans l’espace public la question de la « pollinisation de la ville » en installant des ruches un peu partout dans la commune (sur le toit de l'hôtel de ville enbtre autres), un acte « éminemment politique », a affirmé l'artiste et apiculteur Olivier Darné, qui explique n'avoir pas pour autant « inventé l’agriculture urbaine ». Ce passionné des abeilles a fait défiler des photos montrant les grandes étapes du projet du Parti Poétique, qui dans la commune permet à des jeunes de mettre la main à la pâte en participant à des activités autour de la biodiversité et de découvrir l'univers des abeilles. 

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Pour Marie-Monique Robin, l’agriculture urbaine pose l’enjeu de l’autonomie alimentaire des habitants. « C’est très révolutionnaire de faire en sorte que les gens se nourrissent eux-mêmes » car « le capitalisme prive les gens d'autonomie alimentaire ». L'auteur du documentaire Le monde selon Monsanto a présenté durant la rencontre trois portraits vidéo - celui d'Amy à Toronto, d'Ida à Rosario (Argentine) puis celui de Valéry à Epinay - de personnes dont la vie a changé grâce à l'agriculture urbaine. Ces différents cas ont mis en avant l'importance de l'agriculture urbaine en matière de lutte contre la pauvreté ou l'obésité mais également comme mode de vie de plus en plus prisé : par des cadres actifs prêts à abandonner des métiers conventionnels pour ouvrir leur propre ferme ou par des personnes aux revenus modestes qui découvrent les vertus d'une alimentation saine, respectant le cycle des saisons. Surtout, ces trois exemples sont révélateurs de l'engagement des collectivités pour le développement de ces initiatives. 

Yslande Bossé