Portrait

Mohamed Mohammed-Sebaa
/ Casseur de code

Déscolarisé après avoir raté le bac, Mohamed Mohammed-Sebaa s’est formé au Web de manière autodidacte. Un passe-temps qui lui permet d’intégrer l’École des nouvelles compétences, un dispositif-tremplin avec à la clé un poste de développeur web à la SNCF.
Mohamed Mohammed-Sebaa, codeur autodidacte. © Yann Mambert
Mohamed Mohammed-Sebaa, codeur autodidacte. © Yann Mambert

Depuis l’âge de 6 ans Mohamed Mohammed-Sebaa joue aux jeux vidéo. « Je me suis souvent demandé comment c’était fait, la logique derrière », confie-t-il. Créer des jeux vidéo est un rêve qu’il a longtemps mis de côté, ne pensant peut-être pas cette ambition réaliste et négligeant ses choix d’orientation.

« Quand j’étais au collège Iqbal-Masih je ne me préoccupais pas beaucoup de mes choix de cursus, je me suis orienté vers l’électrotechnique, mais je m’en suis vite désintéressé ». Élève au lycée d’application de l’ENNA, en filière électrotechnique, il échoue au bac en 2016, ce qui le décourage de poursuivre ses études.

Autodidacte du web

 Avec quatre oncles travaillant dans le domaine du numérique, l’idée d’y trouver sa place a commencé à germer. « Je lisais beaucoup d’articles sur les métiers du numérique, comment devenir développeur… J’avais du mal à savoir par où commencer, à imaginer à quoi cela ressemblait concrètement, mais l’aspect logique m’intéressait », se souvient-il.

Se renseignant sur les formations, il essaie d’intégrer l’école 42, une formation en informatique gratuite, sans condition de diplôme. Pendant un mois, il participe à l’été 2017 aux épreuves d’admission de « La Piscine », une immersion dans le grand bain du code, avec des exercices et projets d’informatique. « Je ne m’étais pas préparé, je manquais trop de pratique ».

Il a retenté l’expérience l’année suivante, sans succès, mais ne regrette pas cette expérience qui l’a motivé à persévérer et s’améliorer. Pendant trois ans, Mohamed s’auto-forme au Web. « J’ai appris à coder en html et en CSS grâce au site Openclassrooms, qui propose des cours en ligne. J’aimais aussi aller sur Codewars, un site d’énigmes liées au code, cela me permettait de développer mes connaissances et la logique. J’ai aussi aidé certains proches sur des projets ».

Egalité des chances

Fin 2018, alors qu’il s’apprêtait à chercher un emploi non-qualifié, un de ses oncles lui conseille de chercher encore une formation. Lors d’un rendez-vous à la mission locale Objectif emploi, son conseiller lui parle d’un recrutement de la SCNF qui lance une nouvelle formation. Deux jours avant la fin des inscriptions. Mohamed réussi à intégrer cette École des nouvelles compétences, un dispositif d’égalité des chances, créé sous l’impulsion de SNCF Développement (filiale du Groupe SNCF) et Plaine commune. Cette action s’inscrit dans le Pacte avec le quartier pour toutes les entreprises (PAQTE) qui vise à favoriser l’insertion des habitants issus des quartiers prioritaires. Sur une centaine de personnes, vingt ont été sélectionnées pour suivre une classe préparatoire d’un mois en juin 2019, sans exigence de prérequis, ni de diplômes.

« Nous avons étudié les langages CSS, HTML, Javascript, ainsi qu’élaboré un projet individuel pour montrer les compétences acquises », décrit Mohamed. Le jeune homme de 22 ans choisit de fabriquer un site Internet montrant l’univers de trois jeux vidéo qu’il affectionne : Celeste, Persona5 et The Legend of Zelda.

« J’aime des types de jeux très variés, des jeux narratifs aux jeux de tirs, en passant par les sportifs… J’apprécie la liberté de ce hobby, on peut faire une pause et reprendre quand on veut, tout en ayant une implication plus active qu’avec un film », confie Mohamed. Il réussit à faire partie des 10 sélectionnés pour une formation de cinq mois dans cette école, de septembre2019 à février2020. Avec, à la clé, une certification équivalente à un BAC +2 et un emploi de développeur chez OUI.sncf qui débutera dès février. L’école s’appuie sur la pédagogie de l’organisme de formation Wild Code School, qui allie e-learning et cours en présentiel.

« Le matin on présente ce qu’on a fait la veille et on parle de nos difficultés, des choses qu’on aimerait travailler. Nous faisons des exercices et quand un problème est rencontré on peut demander à l’instructeur un live coding pour voir comment le résoudre », décrit Mohammed. Des moments d’insertion professionnelle les familiarisent aussi avec ce qui les attend à OUI.sncf. Les compétences qu’ils acquièrent sont mises en pratique dans des projets comme par exemple imaginer une nouvelle page d’accueil de transilien.com. « Il y a beaucoup d’entraide dans notre groupe, c’est plus facile de progresser ensemble que lorsque je travaillais seul », apprécie le jeune homme, enthousiaste à l’idée de commencer bientôt son premier emploi.

Delphine Dauvergne

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