À la une En ville

Conseil municipal
/ Budget adopté

Le vote du budget est un temps fort de la démocratie locale. Jeudi 29 mars, l’adoption du budget prévisionnel 2018 aura suscité plus de trois heures de débat
Le budget 2018 de la ville de Saint-Denis a été adopté jeudi 29 mars
Le budget 2018 de la ville de Saint-Denis a été adopté jeudi 29 mars

Stéphane Privé (maj.PSGE), maire adjoint aux affaires financières, ouvrait les échanges. Il rappelait en introduction que si les finances locales étaient sous haute tension, la rigueur de gestion renforcée de la Ville a permis de ne renoncer à rien d’essentiel. Pour l’élu, néanmoins, la transformation du service public local dans le but de le rendre plus efficace est indispensable, car la voie de la hausse de l’endettement est impraticable sous peine d’être puni par le ministère des Finances, sous forme de reprise de dotation. Lecture du budget diamétralement opposée de la part de l’opposition socialiste. Corentin Duprey de s’inquiéter de l’évolution préoccupante de la capacité de désendettement de la Ville et de l’augmentation trop rapide des dépenses de fonctionnement, caractérisée par l’augmentation des charges à caractère général. L’élu citait ainsi les fêtes et cérémonies en exemple. Pour Corentin Duprey, la Ville demande aux Dionysiens de faire des efforts avec la réforme du stationnement, alors qu’elle n’en fait pas elle-même. Conséquence, la capacité à mener une politique ambitieuse dans le prochain mandat est obérée. Pour Philippe Caro (maj.FDG non inscrit), le diable est dans la non-augmentation en trompe-l’œil des impôts. Les familles vont payer la facture, selon l’élu, via la hausse des produits du domaine, dont le stationnement. De son côté, Essaid Zemouri, conseiller EELV (maj.), se félicitait d’avoir été entendu sur la réduction du plan pluriannuel d’investissement qui permettra de rendre les efforts soutenables à l’avenir et de concentrer les investissements sur l’entretien du parc immobilier existant. Bertrand Godefroy (maj.PSGE) jugeait pour sa part la Ville à même de présenter un projet sérieux avant de contractualiser avec l’État (lire papier d'analyse sur le budget). Pour autant, pour le conseiller délégué à la modernisation du service public, le chantier de maîtrise de la masse salariale reste essentiel. Sinon réduire le service public deviendra une obligation. Après s’être félicité d’un budget rempart aux politiques nationales défavorables aux classes populaires, Bally Bagayoko (maj.Reve) émettait quelques bémols. Pour le maire adjoint aux sports et à l’emploi-insertion, la répression se taille la part du lion dans ce budget. Et de citer en exemple la vidéoprotection dont le coût net est deux fois supérieur à la subvention de l’association de prévention Partenaires pour la ville. David Proult (maj.FDG), sur un autre registre, regrettait l’habitude prise de devoir construire des budgets dans un contexte difficile, doublé cette année d’une incertitude institutionnelle avec le nouveau système de bonus-malus du gouvernement. Aussi, à ceux qui disent « il faut diminuer les dépenses », le maire adjoint à l’urbanisme demandait lesquelles ? Rappelant que certaines collectivités ferment des piscines ou des mairies de quartier, quand Saint-Denis va ouvrir deux nouveaux espaces jeunesse à Saint-Rémy et Confluence. Vincent Huet (maj.Reve) refusait de son côté de se laisser impressionner par l’idéologie dominante et invitait le conseil à proposer un budget idéal, pour montrer le décalage avec la réalité. Fabienne Soulas (maj.FDG) retenait, elle, la nécessaire réflexion sur les organisations. Car si certains services ont besoin de plus d’agents, pour la maire adjointe d’autres n’en ont plus besoin d’autant. Laurent Russier (maj.FDG) concluait ces riches échanges, considérant que l e budget présenté était une alternative solidaire à l’austérité. Pour le maire, ce n’est pas la Ville qui obère les choix de demain mais les gouvernements successifs alors que les habitants ont besoin d’un service municipal fort dans un contexte difficile.

Yann Lalande

Budget primitif: FDG, PSGE, EELV, Reve-insoumis, ont voté pour. Philippe Caro s'est abstenu. Le PS a voté contre.

Plan pluriannuel d'investissement: FDG, PSGE, EELV, Reve-insoumis et non inscrits ont voté pour. Le PS a voté contre.

 

Budget citoyen

Un groupe d’une trentaine de citoyens a été associé à la préparation budgétaire cette année. Une petite dizaine d’entre eux est venue présenter un avis en conseil en amont du débat. Pour rappel dans ce budget 2018, 200 000 € (moitié-moitié entre la Ville et Plaine Commune) sont provisionnés pour le budget participatif. 41 projets ont été déposés et soumis à étude de faisabilité. Une trentaine sera retenue après un vote citoyen par SMS courant mai. 

Pour en savoir plus: 

Réactions

Commentaire 1 sur le vœu adopté à l'unanimité concernant la non sélection à l'entrée dans le supérieur (Education Nationale) - Monsieur HUET a affirmé que le fort taux de "décrochage" à l'Université était dû aux "manques de moyens" (comme d'habitude !) . Non Monsieur HUET si 60 % des étudiants inscrits en 1ère année universitaire (80 % si on ne tient compte que des bacheliers sans mention) sortent du supérieur sans diplôme c'est bien plus simple à expliquer ... c'est qu'ils n'ont pas le NIVEAU pour ce supérieur (additionné souvent d'une motivation défaillante). Je suis contre la sélection ... mais je suis pour une "mise à niveau" d'une année pour certains étudiants, mise à niveau qu'on pourra baptiser comme on veut ( prépa universitaire par exemple). Sans doute que Monsieur HUET et l'unanimité des votants préfèrent continuer à envoyer au casse pipe 60 % des étudiants ... c'est un choix ... Je mets un lien qui peut éclairer les personnes intéressées par le sujet : http://cache.media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/2017/95/8/NF_parcours_et_reussite_licence_paces_2017-18_20112017_850958.pdf
Commentaire 2 sur le Conseil Citoyen – Je ne souhaite pas être désobligeant vis-à-vis des membres de ce Conseil Citoyen mais je ne suis pas certain qu’il soit représentatif de la démographie dionysienne qui se caractérise par sa diversité et sa jeunesse … d’autant plus qu’un pourcentage non négligeable de dionysiens ne peuvent même pas voter aux élections locales puisque « étrangers ». Quant aux thèmes que ce Conseil a mis en avant, j’ai été surpris de ne pas entendre les mots « sécurité », « propreté » qui sont (me semble-t-il) des thèmes récurrents d’inquiétudes et d’angoisses dans la vie de tous les jours des dionysiens.
Bonsoir Déjà un mot sur la forme... 6 heures de pseudo débat municipaux. Si les agents municipaux doivent être plus efficace, il en doit être de même pour les élus. Qu'est ce que c'est ces envolés lyriques? Des formulations alambiquées qui brouillent le message. Je ne parle pas de S. Privé dont il ne mesure pas son langage et celui de la population. Les élus doivent se revoir en vidéo pour qu'ils sont pénibles... Sur le fond, les élus de la majorité refusent d'évoluer sur l'idéologie. Saint Denis n'est pas solidaire. Le budget est le reflet de cette ville: pas solidaire. Il va taxer les solvables pour le saupoudrer aux plus faibles sans qu'ils puissent reelement s'en sortir. Personne n'évolue et ça crée de la rancœur dans toutes les parties. De toute façon, les élus, une fois la taxe d'habitation supprimée, ne pourrons pas faire ce qu'ils veulent... ça les limiteras dans leurs dérives. Pour terminer. Je ne vais viser personne mais un Certain B est déjà en campagne...ca se voit comme le nez au milieu de la figure, cela semble bizarre que le Maire lui laisse sa délégation...