Cultures

TGP
/ Bellorini, dernière saison dionysienne

La programmation 2019-2020 du CDN dionysien a été façonnée par son directeur Jean Bellorini, qui rejoindra le TNP de Villeurbanne en janvier.
Jean Bellorini, qui dirige le Centre dramatique national dionysien depuis 2014, quittera le TGP à la fin de l’année. © Yann Mambert
Jean Bellorini, qui dirige le Centre dramatique national dionysien depuis 2014, quittera le TGP à la fin de l’année. © Yann Mambert

C’est devenu presque une (bonne!) habitude : pour la troisième fois, la Comédie Française ouvrira la saison 2019-2020 du TGP. Une saison particulière puisqu’elle sera marquée par le départ de son directeur Jean Bellorini. En janvier prochain, il dirigera le célèbre et prestigieux TNP de Villeurbanne, dans les pas de Jean Vilar, Georges Wilson, Roger Planchon et, depuis 2002, Christian Schiaretti auquel il succédera.

Mais si son ou sa successeur(e) à Saint-Denis n’est pas encore connu(e), c’est bien Jean Bellorini qui a bâti la saison qui s’ouvrira donc, du 11 au 15 septembre, avec Le Malade imaginaire, de Molière, dans la mise en scène de Claude Stratz créée en 2001 et jouée régulièrement depuis. Sur scène, la troupe de la Comédie Française, dont entre autres Guillaume Gallienne ou encore Christian Hecq. Après Julie Deliquet en 2017 avec Vania, d’après Tchekhov, Denis Podalydès en 2018 avec Les Fourberies de Scapin de Molière (déjà!), c’est donc avec un autre classique de ce même auteur que débutera la saison théâtrale dionysienne.

Nouvelle signalétique 

Celle-ci se poursuivra avec le nouveau spectacle de Macha Makeïeff, Lewis versus Alice, qui sera créé au Festival d’Avignon du 15 au 22 juillet. Après La Fuite !, de Mikhaïl Boulgakov, que l’on avait vu au TGP en 2017, Macha Makeïeff fait cette fois-ci rencontrer son univers poétique avec celui de Lewis Carroll. Une rencontre prometteuse à laquelle nous assisterons du 27 septembre au 15 octobre. À l’occasion de la Fête de Saint-Denis, le samedi 5 octobre, Le TGP inaugurera sa nouvelle signalétique en déambulation dans plusieurs lieux de la ville. Cette signalétique a été réalisée lors d’un chantier d’insertion professionnelle de plusieurs années et cette journée se clôturera par un bal: Rumba trop puissante! par le percussionniste Braka et son orchestre le Bal des ELPHTS. Toujours en octobre, mois riche pour le TGP, Des Cadavres qui respirent, de Laura Wade, sera mis en scène par Chloé Dabert du 9 au 13. Une comédie noire à tiroirs, jamais jouée en France, qui prend pour cadre la middle class anglaise…

Créations et classiques

Novembre débutera, du 1er au 3, par une création chorégraphique intergénérationnelle conduite par Maguy Marin lors d’une résidence à Saint-Denis et se clôturera, les 23, 24, 29 et 30 novembre, par la reprise des Sonnets de Shakespeare, avec une vingtaine de jeunes amateurs mis en scène par Jean Bellorini et Thierry Thieû Niang. Après la soirée du festival Africolor, le 3 décembre avec Ann O’Aro et Danyèl Waro, l’année 2019 se terminera du 7 au 20 décembre avec une création de Margaux Eskenazi et Alice Carré, Et le cœur fume encore, qui évoque les mémoires et les oublis de la guerre d’Algérie.

2020 débutera du 8 au 26 janvier avec une autre création, Le Train Zéro, de Iouri Bouïda, mis en scène par Aurélie Guillet, dont on avait pu voir, en 2006, Penthésilée Paysage qui témoignait d’un univers esthétique impressionnant. Elle revient avec l’adaptation d’une nouvelle crépusculaire d’un auteur russe méconnu en France. Suivra du 23 janvier au 2 février Et tu n’es pas revenu, d’après le récit de Marceline Loridan-Ivens écrit après la déportation de son père, mis en scène par Claus Peymann, qui a accueilli Jean Bellorini au Berliner Ensemble pour Le Suicidé.

Lire aussi : Pouchkine en immersion totale

Retour au classique avec Ruy Blas, de Victor Hugo, mis en scène par Yves Beaunesne du 26 février au 15 mars puis, du 6 au 22 mars, Lucy in the sky est décédée, écrit et mis en scène par Bérangère Jannelle, spectacle en forme de chronique du monde depuis la découverte de Lucy en 1974 à aujourd’hui. Nous, L’Europe, Banquet des peuples, de Laurent Gaudé qui a voulu écrire le premier « récit européen », sera mis en scène par Laurent Auzet du 25 mars au 2 avril. Après les représentations de la Troupe Éphémère, confiée cette année à Ido Shaked, du 24 au 26 avril, c’est Jean Bellorini qui reviendra terminer la saison du 13 au 17 mai avec Il Tartufo (Le Tartuffe) de Molière, en italien dans le texte, qu’il aura créé en avril précédent à Naples, avec la troupe du fameux Teatro Stabile.

Benoît Lagarrigue

TGP (59, boulevard Jules-Guesde). Tarifs: 6€ à 23€. Réservations:www.theatregerardphilipe.com; reservation@theatregerardphilipe.com ; 0148137000.