En ville

Avancées après la grève de la faim

Le concert avait été organisé en quelques jours pour soutenir les onze grévistes de la faim, et faire écho aux revendications désespérées pour leurs familles. Une régularisation des habitants sans-papiers et le relogement de tous : c’est ce qu’ils demandaient déjà depuis des années pour sortir des bâtisses insalubres sans eau courante, et polluées au plomb du 76, rue Gabriel-Péri. Dans la salle de la Ligne 13, où le concert a eu lieu dimanche 18 octobre, les sourires et les mains tendues pour le V de la victoire contrastaient avec la gravité des derniers jours. La grève de la faim, entamée le 7 octobre, était en effet levée depuis une rencontre le vendredi 16 à la sous-préfecture. Convoquée en urgence, elle a réuni autour du sous-préfet, le préfet délégué pour l’Égalité des chances Claude Morel, le député, un adjoint au maire, la responsable du bureau des étrangers à Bobigny, des militants associatifs… Il aura fallu près de trois heures pour aboutir à des résultats un tant soi peu positifs pour les familles.

«Il faut encore, pour être régularisés, qu’ils obtiennent un contrat de travail »

Sur la question la plus discutée des titres de séjour pour ces ressortissants africains, en majorité de Côte d’Ivoire, le préfet Morel s’y est engagé : les 22 et 23 octobre, la trentaine de demandeurs, qui avait eu un avis favorable l’été dernier, se verra délivrer une autorisation de séjour provisoire – ou récépissé – de trois mois avec, comme ils le réclamaient, une autorisation de travailler. Une « faveur » rare. Autre grande décision, les dix-huit dossiers, qui ont essuyé un refus, seront réexaminés dans les 15 jours. « Il faut encore, pour être régularisés, qu’ils obtiennent un contrat de travail. Ce qui n’est pas gagné », estime Vassindou Cissé, délégué des familles.

« Le bâtiment sur rue menace ruine et doit être évacué»

Si les résultats de la rencontre recoupent les promesses passées, cette fois « tout a été rédigé, et signé par M. Morel ». Reste ce qui s’avère de plus en plus comme une urgence, obtenir un autre toit. « Nous avons appris lors de la réunion que le bâtiment sur rue menace ruine et doit être évacué, raconte M. Cissé. C’est ce qu’ont demandé dans leur rapport des experts de la DDE qui sont passés en cours de semaine. » Pour ses treize habitants, dont deux familles avec enfant, des hébergements devaient être trouvés par la Ville. Lors d’une précédente réunion à la sous-préfecture, le 13 octobre, la Ville et la préfecture avaient déjà convenu d’attribuer cinq logements, deux pour l’une, trois pour l’autre, afin que soit évacué le bâtiment considéré jusqu’alors comme le plus dangereux. « Une porte s’est entrouverte, rien n’est gagné », a résumé l’adjoint au maire Francis Langlade, sur la scène de la Ligne 13 où se sont succédé entre les artistes bénévoles (1), des élus, des représentants politiques, du PCF, du NPA et des Verts, ainsi que des militants associatifs, de la Coordination 93 de lutte pour les sans-papiers, du Réseau solidarité logement et de RESF.

Marylène Lenfant

(1) Pauline Bourel, coordinatrice, avait réuni la compagnie Jolie Môme, Layone, Roost, Chant d’Encre, Marta Gallaraga, Zora, le poète Malik et les comédiens Franck et Thomas.

Réactions

Réagissez à l'article

(ex. : votre.nom@fournisseur-internet.com) Cette adresse ne sera pas publiée sur le site.
Merci de prendre connaissance de la charte des commentaires ci-dessous.

Principes de modération

Les commentaires postés sur lejsd.com sont modérés avant publication par l’équipe éditoriale.
Les commentaires sont ouverts les quatre semaines suivant la mise en ligne des contenus.
Les messages sont publiés dans leur intégralité ou supprimés s’ils sont jugés non conformes à la charte.
L’internaute est responsable des commentaires qu’il poste. L’équipe du JSD se réserve le droit de retirer tout commentaire si elle l’estime nécessaire pour la bonne tenue des échanges.
La modération dans l’immédiat a lieu du lundi au vendredi, en horaires de jour.
Lorsqu’un internaute poste plusieurs fois le même commentaire, l’équipe du JSD n’en publie qu’une version.

Pseudonymes

Il n'est pas autorisé de choisir comme pseudonyme le nom d'une autre personne physique ou morale (entreprise, institution, etc.) ou d'utiliser un nom similaire à celui d'un autre internaute dans le but de créer une confusion.
Les noms contenant des allusions racistes, sexistes ou xénophobes sont proscrits.
Si un internaute utilise plusieurs pseudonymes pour commenter, le JSD se réserve le droit de supprimer ces comptes, sans préavis.

Contenus illicites et prohibés

Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Le JSD supprimera tout commentaire contrevenant à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, répété plusieurs fois ou grossier.
Sont notamment illicites les propos racistes, antisémites, sexistes, homophobes, discriminatoires, diffamatoires ou injurieux, incitant à la violence (y compris les appels à la restauration de la peine de mort) ou à la haine raciale, niant les crimes contre l’humanité et les génocides reconnus, faisant l’apologie des crimes de guerre et du terrorisme ; justifiant des actes violents et des attentats.
Sont également proscrits : les propos de nature pornographiques, pédophile ou délibérément choquants ; les atteintes à la présomption d’innocence, l’usurpation d’identité, l’incitation à la commission de crimes ou de délits, l’appel au meurtre et l’incitation au suicide et la promotion d’une organisation reconnue comme sectaire…
Il est également interdit de divulguer des informations sur la vie privée d'une personne, de reproduire des échanges privés et d’utiliser des œuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).
Actuellement la publicité est interdite sur lejsd.com Les liens promotionnels sont proscrits mais la publication d’un lien vers un site commercial en lien direct avec le sujet dont il est question dans le programme ou le fil de commentaires peut être tolérée, si elle apporte un complément d’information utile à l’internaute.
Le JSD se réserve le droit de supprimer tout commentaire contenant des propos agressifs visant des personnes, notamment les autres commentateurs.
La suppression d’un commentaire entraîne celle des réponses qui lui ont été faites.
Pour contester une modération, merci d’écrire à info@lejsd.com.

CAPTCHA
Ce champ nous permet de vérifier que vous n'êtes pas un robot spammeur