En ville

Témoignage
/ Adama, symbole des violences policières

Plus de 80 personnes sont venues à l’Attiéké, vendredi 2 décembre, pour écouter notamment Lotfi, un ami du jeune de Beaumont-sur-Oise mort lors d’une interpellation.
Vendredi 2 décembre, à l'Attiéké, Lotfi a raconté la mort de son ami Adama Traoré
Vendredi 2 décembre, à l'Attiéké, Lotfi a raconté la mort de son ami Adama Traoré

« Justice pour Adama, sans justice vous n’aurez pas la paix », est inscrit en lettres blanches sur le t-shirt noir de Lofti. Le jeune homme raconte le drame de son ami proche, Adama Traoré, mort après une interpellation par des gendarmes à Beaumont-sur-Oise (Val d’Oise). « L’histoire, je la répète tous les jours. J’ai pu oublier des choses, n’hésitez pas à me poser des questions », s’excuse-t-il. Ce vendredi 2 décembre, plus de 80 personnes sont venus à l’Attiéké (1) écouter son témoignage, autour d’un débat sur les violences policières.

Le 19 juillet, jour de son anniversaire, Adama est retrouvé mort par les pompiers dans la cour de la gendarmerie de la commune. Auparavant, il a été violemment arrêté par les gendarmes : plaqué ventre au sol, tête sur le côté, avec une pression sur le dos. Selon les rapports de l’autopsie, le manque d’air aurait provoqué son décès. Il s’ensuit plusieurs jours d’affrontements entre des habitants et les forces de l’ordre. « Brûler des voitures, ce n’est pas pour le buzz, c’est de la colère », explique Lofti.

D’autant que le procureur de Pontoise, Yves Jannier, a d’abord évoqué une « affection très grave » à l’origine d’un malaise cardiaque. Sa communication a accentué la fracture entre les habitants et les pouvoirs publics. L’affaire a depuis été dépaysée au profit du tribunal de Paris. Le procureur, lui, a été muté.

« Adama, c’est le premier mort [de violences policières] dans ma ville, j’espère que ce sera le dernier. On doit s’unir pour que cela ne se reproduise pas dans d’autres quartiers », lance Lotfi. Il décrit un harcèlement policier, de la « provocation ». Même si son ami a un casier judiciaire, il réclame justice.

Parler de violences des forces de l’ordre est très sensible. Le Front uni des immigrations et des quartiers populaires (FUIQP) du 93, organisateur de la rencontre, a reçu des « pressions » de milieux « racistes » sur les réseaux sociaux. Sur conseil de son avocat, Assa Traoré, sœur d’Adama, ne s’est pas déplacée. Sur des affiches collées sur les murs de Saint-Denis qui ont choqué des Dionysiens, le collectif a ciblé des « gendarmes, policiers » qui sont « violents et impunis ». 

La rencontre a néanmoins été l’occasion d’entendre une parole qui demande justice. « Je n’ai pas senti de haine anti-flics. Ils ont parlé de cas précis, dit un jeune de Pantin, touché par la mort d’Adama Traoré. On a besoin de police, mais c’est inacceptable ce qui lui est arrivé. »


(1) Ce lieu, boulevard Marcel-Sembat, est occupé illégalement depuis trois ans. Il est la propriété de la Fédération française de triathlon. 


Réactions

Il est évident que la mort d'Adama Traoré est trouble et que toute la vérité doit être recherchée. Ceci étant précisé, gravitent autour de cette mort suspecte des rapaces qui ne sont là que pour faire monter la mayonnaise et pour qui cette mort n'est qu'un prétexte à développer des idées anti-police ou anti-gendarmerie. Il est dommage que la famille d'Adama ait fait fausse route en s'appuyant sur ces rapaces ... sans eux le contentieux et la vérité auraient bien plus vite avancé.
Oui la mairie de St-Denis se sert même de la mort tragique d' Adama pour se faire de la pub. On m'a donné l'invitation à la sortie de Carrefour, je comptais m'y rendre mais quand j'ai vu que c'était Messaoudène qui était derrière, j'ai vite décliné
@Habitant: Ce débat sur les violences policières a été organisé par le Front uni des immigrations et des quartiers populaires (FUIQP) du 93. Par ailleurs, je n'ai pas vu l'élu Madjid Messaoudene lors de cette soirée. L'Attiéké n'est pas en lien avec la municipalité.
@aziz.oguz Et pourtant, il était là, à la distributions des tracts
@aziz.oguz - Je suis le premier à écrire que la mort de ce jeune homme est suspecte mais l'amalgame que vous faites à travers le titre de votre article est proprement scandaleux et indigne.
l'amalgame dans le titre est d'autant plus douteux que les 2 autopsies (celle de l'etat et celle de la famille) confirment qu'il n'y a pas traces de violences... Comme il est établi que malgré l'immobilisation potentiellement dangereuse des gendarmes pour lui passer les menottes, Adama Traoré s'est relevé, a marché et n'est décédé que plus tard. Vivement que les causes soient enfin établies. Il serait intéressant de savoir où le dossier en est de ce côté ? Y a t'il un espoir d'avoir une réponse médicale à ce décès ?
l’Attiéké, franchement, bon débarras qu'ils soient expulser, ses bobos de Paris qui viennent ici pour squatter et revendiquer, aller le faire sur Paris et arrêter de vouloir nous donner des leçons de moralité. On n'en peut plus de ses gens qui n'habitent pas ici et vouloir changer le monde, aller squatter à Neuilly pu dans le 16°. On cumule déjà assez d'handicap pour avoir a faire à ses extrêmes gauches qui vivent des acquis sociaux er veulent refaire le monde restez entre vous mais dans les quartiers de vos parents.
Sinon aucun mot sur les affiches qui montrent des flics à tête de skinheads tabasser un pauvre homme à terre ! Tellement grotesque ? Et la présomption d'innocence, alors ? J'attends avec impatience l'expulsion de ces squatteurs.
Ces commentaires sont du grand n'importe quoi. l'Attiéké c'est un centre social très valorisant pour la ville surtout dans un quartier où il y a presque rien pour les jeunes. À part de loger une quarantaine de personnes qui ne peuvent pas accéder au logement social, ils tiennent des permanences pour les sans papiers, pour les mal logés, un atelier de français, atelier de réparation des vélos et plein d'autres activités : projections, débats, repas populaires... En dénonçant le problème de logement et le racisme vers le sans papiers. Et franchement dire que "c'est de parisiens" c'est la preuve de n'avoir jamais mis le pie à l'Attiéké.
Tout ce que vous faites, les services de la ville ou la bourse de travail le font aussi, donc c'est un doublon. Et c'est pas du n'importe quoi, il y en a marre de tous ses squatteurs qui réclament des logements avant les demandeurs vous polluée notre ville et il y a des lois, respectez les aussi.

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