En ville

20 000 jeunes ont retrouvé les cartables

Ça y est ! Pour 5000 enfants de maternelle, près de 7000 écoliers de l\'élémentaire, un peu plus de 4000 collégiens et autant de lycéens, les cartables et les sacs de cours d’environ 20000 jeunes Dionysiens du premier et second degrés sont ressortis depuis une semaine. Côté professeurs des écoles, des collèges et des lycées, c’est un autre chiffre, national celui-ci, que l’on retient : 13500 postes ont été supprimés cette année et les prévisions gouvernementales affichent une coupe sombre de 16000 autres emplois pour la rentrée prochaine. Alors, fatalement, même si localement la Ville a réalisé près de 1,5 million de travaux d’été dans les écoles pour améliorer l’accueil et si le conseil général a agi de même pour agrémenter l’ordinaire dans sept collèges de la ville, la rentrée scolaire est d’abord marquée par cette saignée dans les rangs professoraux. Avec en prime l’ombre de la grippe A qui plane au-dessus des têtes… Bonne rentrée quand même ! D.Sz

École élémentaire Aimé-Césaire

Une rentrée pas comme les autres

Le nouveau groupe scolaire rue du Bailly à la Plaine étant encore en chantier, c’est dans des bâtiments préfabriqués, sur le terrain d’évolution de la rue Jamin, que les élèves de l’école élémentaire ont repris le chemin des cours le jeudi 3 septembre. Reportage.

Scène classique de rentrée scolaire. Un flot incessant de petites têtes brunes et blondes, cartables neufs sur le dos, pénètrent accompagnés de leurs parents dans l’enceinte de l’école élémentaire provisoire Aimé-Césaire. Chose plus inhabituelle, le décor austère qui attend les élèves : une longue rangée de modules en préfabriqué installés-là, le temps que s’achèvent les travaux de construction du groupe scolaire du Bailly, lequel devrait être livré au mieux en novembre, après les vacances de la Toussaint, et plus vraisemblablement un peu plus tard encore. Ces locaux insolites, sis au cœur d’un paysage peuplé d’immeubles d’habitation flambant neufs ou en construction, hébergeront uniquement les 200 élèves du primaire. Les enfants de la future maternelle La Lison ont été répartis dans les autres écoles du quartier, au Lendit, à la Montjoie ou encore aux Drapiers. Jointe au téléphone, Véronique Merriot, directrice de La Lison, estime qu’il n’y a pas lieu de sombrer dans la panique. « C’est normal qu’il y ait un peu d’agitation, explique-t-elle, mais les équipes avec lesquelles je travaille et moi-même sommes très bien organisées. Nous communiquons à l’aide de nos téléphones portables. Et puis un système de bus a été mis en place afin que chaque enfant puisse gagner facilement son école. »

Des parents vigilants

Devant l’entrée de l’école Aimé-Césaire, certains parents semblent perdus, voire perturbés, par une situation à laquelle ils ne s’étaient pas forcément préparés. Comme Laurent qui a « appris très récemment que son fils allait être scolarisé ici ». La directrice, Véronique Poisson, ainsi que le personnel scolaire, postés de l’autre côté de la grille, cornaquent les familles et répondent à toutes leurs questions. « Ça va durer combien de temps encore ? », demande une maman inquiète. Emmanuelle, dont la fille Laureline entre en CP, est fumasse. « En terme de communication, c’est zéro pointé, lance-t-elle sans détour. Les réunions en direction des parents d’élèves proposées en juin et auxquelles j’ai participé nous ont apporté très peu de réponses. Personne n’a par exemple été capable de nous fournir des informations concernant les horaires de rentrée. Je suis venue à 8 h 30 par hasard. » Quand certains fustigent la taille de la cour de récréation, trop exiguë à leur goût, d’autres louent l’aspect « sécurisant » de l’établissement de fortune et tentent de relativiser : « Cela aurait pu être bien pire. »
Pour Véronique Poisson, les moyens mis à disposition des parents et du corps enseignant par la Ville sont irréprochables. « Ce sont certes des préfabriqués, mais le mobilier est de très bon standing et digne d’une école normale. » Didier Paillard, dont la fille est scolarisée à Aimé-Césaire, rappelle que le quartier de la Plaine, qui doit composer avec l’arrivée de nombreux nouveaux habitants, a nécessité un grand redécoupage. Philosophe, le maire explique : « on détruit, on reconstruit, il y a ici beaucoup de chantiers, mais il faut se dire que cette situation n’est que provisoire. » Après, il sera temps d’étudier dans du flambant neuf…

Grégoire Remund

*********************

Carte scolaire 2009-2010

Une fermeture contestée à Jules-Guesde

Les parents d’élèves de l’école Jules-Guesde sont mobilisés pour refuser la suppression d’une classe de CM2. Le mardi 8 septembre au matin, une dizaine d’entre eux, en présence des élus David Proult et Patrick Vassallo, occupaient pacifiquement le bureau de la directrice. Pendant ce temps, une dizaine d’autres portait une pétition, couverte d’une centaine de signatures, à l’inspection de l’Éducation nationale, rue de la République. Deux parents ont été reçus par l’inspectrice. « Elle s’est dit à l’écoute, nous a promis qu’elle étudiait la situation, sans donner d’échéance », ont-ils confié à l’issue de l’entrevue. « Nous lui avons expliqué que, de notre côté, nous étions très déterminés », ont-ils ajouté. Cette fermeture avait été annoncée lors du comité technique paritaire départemental convoqué le lundi 7 à Bobigny par l’inspecteur d’académie. Pour les parents, rien ne la justifie, d’autant que 112 logements seront livrés dans le secteur en octobre.

Six ouvertures s'ajoutent au vingt-quatre de juin

Parmi les autres mesures de carte scolaire décidées au vu des effectifs de rentrée, parents et enseignants n’opposent aucune objection majeure. Six ouvertures sont venues s’ajouter aux vingt-quatre déjà décidées en juin, pour les maternelles Pleyel et Lendit, les élémentaires Robespierre, Jean-Vilar et Paul-Langevin. Une autre, en « réserve », n’est pour l’heure pas localisée. Sur les huit fermetures prévues avant l’été, l’une, à l’élémentaire Roger-Semat, a été annulée. Trois autres ont été décidées en élémentaire, à l’école Jules-Vallès et à la toute nouvelle Aimé-Césaire, où les effectifs sont sensiblement inférieurs aux prévisions. Catherine Kernoa, représentante du syndicat enseignant du SNUipp, déplore en outre en maternelle les listes d’attente d’enfants nés en 2007, faute de classes. Mais comme elle le souligne aussi, les enseignants sont confrontés cette année à une préoccupation majeure, la prévention de la grippe A.

D.Sz et M.L.

*******************

Dans les écoles primaires et maternelles, dans les crèches

Plus de 15 millions pour petits et grands travaux

Le groupe scolaire La Lison/Aimée-Césaire pourrait ne pas ouvrir ses portes à la rentrée des vacances de Toussaint. En tous cas, la direction municipale de l’enseignement envisage aujourd’hui l’organisation à mettre en œuvre pour reporter cette ouverture au plus tard le 4 janvier. Quoi qu’il en soit, dès le lancement du chantier en juin 2008, le groupe scolaire devait être livré à la fin octobre 2009. Pas avant. Raison de ce décalage avec la rentrée, l’annulation du premier appel d’offres à l’automne 2007. Les meilleures propositions des entreprises excédant de près de 30% le coût prévisionnel, le projet était retravaillé avec Selma et Salwa Mikou, ses architectes, en vue d’une nouvelle consultation au début 2008. Au final, la facture, tous aménagements compris, s’élève pour la Ville à 12,2 millions d’euros.
Également en charge des établissements pour la petite enfance, la Ville aura consacré 3,8 millions d’euros au transfert et à l’agrandissement de la crèche des Sonatines, qui ouvrira début 2010 dans le quartier Pleyel. En vue de cette rentrée, la Ville a aussi mis à profit les deux mois de vacances scolaires pour conduire l’essentiel des travaux d’entretien et de rénovation programmés en 2009 dans les écoles primaires. Elle y a affecté quelque 1,5 million d’euros pour dix-neuf établissements. Parmi les plus importants, ont été achevés les travaux entrepris l’an dernier dans les groupes scolaires Pierre-Sémard et Marville, l’un pour le remplacement de ses menuiseries extérieures – qui dataient de sa construction, 1958 – l’autre pour la rénovation de ses installations électriques. Montant des factures, 380 000 euros et 216 000 euros. Des travaux de transformation ont été également menés dans les écoles Jules-Vallès et Anatole-France, qui ont été ainsi dotées de deux salles de classes supplémentaires.
Autre chantier important, d’un coût de 233 000 euros, la rénovation de la crèche du Coin du feu construite en 1982. Quant aux nouveaux groupes scolaires, inscrits au Plan pluriannuel d’investissement, ils sont au nombre de cinq. Le prochain, groupe scolaire intercommunal en partenariat avec Aubervilliers, sera livré dans deux ans à la Plaine et sera signé de l’architecte Vincent Parreira. À la rentrée 2012, s’ouvrira l’extension du groupe Anatole-France à la Plaine. La Ville projette pour la suite un groupe scolaire à la Porte de Paris, un autre au sud de la Plaine, et un autre encore dans le secteur Gare-Confluence.

M.L.

********************

Questions à
David Proult, maire adjoint en charge de l’enseignement

Le JSD : Comment qualifiez-vous la rentrée qui vient de s’effectuer en primaire ?
David Proult :
Elle est placée sous le signe des 13 500 suppressions de postes, et donc d’une gestion à l’économie. À Saint-Denis, le nombre d’enfants à scolariser a augmenté. Des moyens ont été attribués à la ville en termes d’ouvertures de classes, mais ils ne sont pas suffisants. Nous avons eu 24 ouvertures et 8 fermetures. Le commité technique paritaire (CTP) qui a eu lieu le 7 septembre au niveau de l’Éducation nationale annonce six ouvertures supplémentaires, mais aussi trois fermetures, ce qui a pour conséquence, notamment, de quasiment supprimer la scolarisation des moins de 3 ans. Trois cents enfants de 2 ans étaient à l’école au début des années 2000, ils étaient une vingtaine seulement l’année dernière. L’Éducation nationale se prive ainsi d’un moyen de lutte contre l’échec scolaire, notamment dans les milieux les plus populaires.
Sur la ville, le bilan comptable tient compte de l’arrivée d’environs 500 enfants de plus, mais les choix budgétaires ne répondent pas aux besoins pédagogiques qui sont supérieurs aux seuils administratifs.

Le JSD : Votre appréciation sur les fermetures de classes annoncées ?
D.P. :
Elles vont pénaliser les enfants et les enseignants,elles ne tiennent pas compte de la réalité de ces écoles et n’anticipent pas les toutes prochaines livraisons de logements neufs.

Recueillis par Dominique Sanchez

********************

Futur campus Condorcet
450 millions de dotation

Aubervilliers, sur 138 000 m2 et la Porte de la Chapelle, sur près de 34 000 m2, vont accueillir le campus Condorcet d’ici à 2012. Cinq grandes écoles et trois universités partenaires généreront ainsi sur un territoire en pleine mutation un « pôle international d’études avancées en sciences sociales » selon la formule utilisée par Jean-Claude Waquet qui préside l’association de préfiguration du vaisseau qui accueillera 15 500 personnes.
Vendredi 4 septembre, au siège de Plaine commune, Patrick Braouezec entouré d’une foultitude d’élus locaux, communautaires, départementaux et régionaux, accueillait la ministre de l’Enseignement et de la Recherche, Valérie Pécresse. Tous avaient une question en tête et une calculette à portée de pensée : combien d’euros l’État allait-il mettre dans la balance ? Après un suspense de plus d’une heure, la ministre qui, protocole oblige parlait la dernière, a lâché le chiffre. Ce sera 450 millions d’euros sous forme d’une dotation « non consommable ». En clair, la somme sera placée et les produits de ce placement estimés entre 20 et 25 millions par an permettront de financer l’ouvrage dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP) de vingt-cinq ans.
À quelques mois des élections régionales où Valérie Pécresse sera tête de liste UMP, la réaction de la socialiste Marie-Pierre de la Gontrie, vice-présidente du conseil régional, ne s’est pas fait attendre. Le soir même elle signait un communiqué avec le Département et la Mairie de Paris pour regretter un financement de l’État « assis sur les intérêts du capital et le recours au Partenariat Public Privé, dont on connaît les incertitudes dans une période de crise financière ». De son côté, la communauté d’agglo, via un communiqué, « se félicite de cette avancée majeure qui permet d’engager la réalisation concrète du Campus » tout en émettant des réserves sur le montage financier « qui comporte des risques dans sa pérennité ». Le maire d’Aubervilliers, Jacques Salvator, se réjouissait déjà quant à lui de voir les « plus beaux esprits du monde » arriver bientôt dans sa ville…

D.Sz

Chantiers d’été
Travaux dans les collèges

Le conseil général de la Seine-Saint-Denis a mis à profit les vacances pour financer des travaux dans les collèges du département. À Garcia-Lorca, où Mathieu Hanotin et Bally Bagayoko se sont rendus vendredi 4 septembre au matin, le CG a dépensé 72000 euros pour refaire les cheminements piétons, remplacer les volets et repeindre la salle de permanence. À cela s’ajoute la réfection du bâtiment dédié aux classes SEGPA, la reprise des bardages en bois et la pose de caméras de surveillance dans un endroit isolé du collège sujet aux intrusions. Au total, Mathieu Hanotin en charge de l’enseignement au Département précise que « vingt millions d’euros ont été consacrés aux travaux d’été, soit 30% de plus que l’année précédente ». À Saint-Denis, c’est le collège Barbusse qui s’est taillé la part du lion (1,2 million) pour, notamment, revisiter en profondeur le réfectoire et le mobilier nécessaire à la restauration scolaire qui en avaient bien besoin.

D.Sz

Réactions

Réagissez à l'article

(ex. : votre.nom@fournisseur-internet.com) Cette adresse ne sera pas publiée sur le site.
Merci de prendre connaissance de la charte des commentaires ci-dessous.

Principes de modération

Les commentaires postés sur lejsd.com sont modérés avant publication par l’équipe éditoriale.
Les commentaires sont ouverts les quatre semaines suivant la mise en ligne des contenus.
Les messages sont publiés dans leur intégralité ou supprimés s’ils sont jugés non conformes à la charte.
L’internaute est responsable des commentaires qu’il poste. L’équipe du JSD se réserve le droit de retirer tout commentaire si elle l’estime nécessaire pour la bonne tenue des échanges.
La modération dans l’immédiat a lieu du lundi au vendredi, en horaires de jour.
Lorsqu’un internaute poste plusieurs fois le même commentaire, l’équipe du JSD n’en publie qu’une version.

Pseudonymes

Il n'est pas autorisé de choisir comme pseudonyme le nom d'une autre personne physique ou morale (entreprise, institution, etc.) ou d'utiliser un nom similaire à celui d'un autre internaute dans le but de créer une confusion.
Les noms contenant des allusions racistes, sexistes ou xénophobes sont proscrits.
Si un internaute utilise plusieurs pseudonymes pour commenter, le JSD se réserve le droit de supprimer ces comptes, sans préavis.

Contenus illicites et prohibés

Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Le JSD supprimera tout commentaire contrevenant à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, répété plusieurs fois ou grossier.
Sont notamment illicites les propos racistes, antisémites, sexistes, homophobes, discriminatoires, diffamatoires ou injurieux, incitant à la violence (y compris les appels à la restauration de la peine de mort) ou à la haine raciale, niant les crimes contre l’humanité et les génocides reconnus, faisant l’apologie des crimes de guerre et du terrorisme ; justifiant des actes violents et des attentats.
Sont également proscrits : les propos de nature pornographiques, pédophile ou délibérément choquants ; les atteintes à la présomption d’innocence, l’usurpation d’identité, l’incitation à la commission de crimes ou de délits, l’appel au meurtre et l’incitation au suicide et la promotion d’une organisation reconnue comme sectaire…
Il est également interdit de divulguer des informations sur la vie privée d'une personne, de reproduire des échanges privés et d’utiliser des œuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).
Actuellement la publicité est interdite sur lejsd.com Les liens promotionnels sont proscrits mais la publication d’un lien vers un site commercial en lien direct avec le sujet dont il est question dans le programme ou le fil de commentaires peut être tolérée, si elle apporte un complément d’information utile à l’internaute.
Le JSD se réserve le droit de supprimer tout commentaire contenant des propos agressifs visant des personnes, notamment les autres commentateurs.
La suppression d’un commentaire entraîne celle des réponses qui lui ont été faites.
Pour contester une modération, merci d’écrire à info@lejsd.com.

CAPTCHA
Ce champ nous permet de vérifier que vous n'êtes pas un robot spammeur