En ville

180 familles en sursis

Quelque 500 personnes dépendantes du Samu social de Paris et hébergées dans deux résidences hôtelières à la Plaine, sont fermement invitées à quitter les lieux pour un hôtel à Torcy (77), sous peine de perdre leur prise en charge.

Voilà une nuit qui restera gravée dans les mémoires parmi les familles de Plaine lumière, résidence hôtelière de la Plaine. Dans cet établissement de la rue de la Métallurgie, elles sont 19 auxquelles le Samu social de Paris avait lancé l’avertissement : si elles persistaient à refuser leur transfert pour un hôtel de Torcy en Seine-et-Marne, elles seraient privées de toute prise en charge. Le jeudi 15 octobre, « le gérant a donné l’ordre à ses employés de bloquer l’accès aux chambres des familles en fin de prise en charge, racontent des militants du Droit au logement. Comme ça fonctionne ici avec des cartes magnétiques, ça n’a pris qu’une seconde. Il y avait un bébé qui pleurait dans une chambre et le papa ne pouvait pas rentrer. Un autre papa dont la femme était en train d’accoucher à l’hôpital s’est retrouvé avec ses deux enfants dans le couloir… Les familles n’ont pu accéder à leur chambre qu’à 3h du matin. » Le fax du Samu social de Paris annonçant une rallonge de trois jours de prise en charge venait d’être réceptionné par le gérant Boubekeur Khelfaoui, jusque-là inflexible face au sous-préfet accouru à 1h du matin, au commissaire accompagné d’une trentaine de policiers, au maire adjoint Stéphane Peu…

Les familles suspectent le gérant de chercher l’incident pour se débarrasser d’elles

À la résidence hôtelière du Grand stade, également gérée par la SGH, Société de gestion hôtelière dirigée par M. Khelfaoui, les vingt familles dans la même situation n’ont dû leur salut qu’aux clés qui ouvrent les portes. Comme les militants du DAL et de RESF qui les soutiennent, les familles suspectent le gérant de chercher l’incident pour se débarrasser d’elles à moindre frais. Ce qui ne manque pas de les inquiéter, car c’est l’ensemble des 180 familles aujourd’hui hébergées dans les deux résidences, soit environ 500 personnes, que le Samu social de Paris entend transférer. D’une part pour des raisons d’économie, et parce que la SGH est sous le coup de procédures engagées depuis plus de deux ans par les copropriétaires et depuis juin 2008 par la Ville. Motif, le gérant a détourné de son objet des résidences de tourisme déclarées en tant que telles avec les dégrèvements fiscaux qui s’y rattachent. D’où les risques de redressement encourus par les propriétaires floués auxquels le loyer n’a pas toujours été payé.

Quant aux préjudices relevés par les services de la Ville, pour l’accueil scolaire des 300 enfants notamment, « ils n’ont pas été chiffrés ». Pour le maire, Didier Paillard, le fond du problème « c’est la marchandisation de l’aide sociale par la mise en concurrence des organismes pour s’occuper de ces familles. Le moins cher l’emporte, et ce qui est bon marché est en banlieue. On ballotte des gens fragiles, on les éloigne toujours plus alors qu’ils devraient bénéficier d’une attention particulière. L’État est en cause, avec le financement de la Ddass. Il faut aussi que Paris se ressaisisse. Et le gérant doit être sanctionné. » M. Khelfaoui est coutumier de ces pratiques qui lui valent pour d’autres établissements d’être poursuivi par la ville de Noisy-le-Grand.
« On nous traite comme du bétail », s’insurgent les familles. Si la moitié d’entre elles n’ont pas de titre de séjour, « elles sont toutes régularisables, les enfants sont scolarisés, les parents travaillent », Lors de leur rencontre, le lundi 19 octobre avec le sous-préfet, et grâce à son intervention, les délégués des familles n’ont eu que l’assurance de la préfecture de Paris, dont ils relèvent, d’une semaine supplémentaire de prise en charge, et d’une réunion dans les jours à venir.

Marylène Lenfant

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