En ville

École, insécurité et gros sous

École et insécurité?: le duo défraie la chronique médiatique et même pendant les vacances scolaires de la zone C deux récents faits divers survenus dans des établissements du Val-de-Marne résonnent encore à nos oreilles. L’école est plus dangereuse qu’avant?? Peut-être, mais les instruments de mesures gouvernementaux, qui changent comme les saisons, ne permettent pas de l’affirmer avec certitude. Ce qui est certain par contre, c’est que la part du produit intérieur brut, le fameux PIB, consacrée à l’éducation est en chute libre depuis une quinzaine d’années. 7,6 % en 1996 contre 6,6 % en 2008. 1 % du PIB en moins, ce n’est pas de la gnognote. C’est grosso modo 20 milliards d’euros?!
Et derrière les euros, se profilent les politiques. Quand l’Éducation nationale était mieux lotie, elle employait cinquante mille adultes pour assurer la surveillance de ses établissements. Ce chiffre officiel de 2004 a chuté de presque la moitié (28?000 personnes sont recensées aujourd’hui). L’argent ne fait certes pas tout, mais convenons qu’il est pour le moins paradoxal de prétendre vouloir préserver l’école sanctuaire tout en la mettant exsangue budgétairement. Le gouvernement a annoncé la suppression de 30?000 emplois dans les services publics en 2010. Plus de la moitié (16?000) se fera dans l’éducation. N’est-ce pas tout simplement suicidaire quand on sait que 150?000 jeunes sortent du système sans diplôme chaque année??