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/ À l’abordage de la deuxième vague

Avec l’arrivée de la deuxième vague, l’hôpital Delafontaine se prépare à l’affronter en réduisant le reste de son activité, tandis que les CMS maintiennent encore une offre de soins complète.
© Dessin de presse signé Berdoga
© Dessin de presse signé Berdoga

L’hôpital Delafontaine s’apprête à passer au pallier 3 de son plan blanc, avec une déprogrammation de 60% de son activité. Le taux de positivité aux tests de son laboratoire a grimpé : 16%, contre 11,8% la semaine du 19 octobre. Si les chiffres d’hospitalisation sont plutôt stables depuis le début du mois (actuellement 66 patients Covid-19), il y a une hausse en réanimation, avec 9 personnes en soins intensifs, contre 6 au début du mois. « La semaine dernière nous avons transféré une dizaine de patients Covid-19 sur d’autres établissements parisiens », ajoute Yohann Mourier, directeur délégué de l’hôpital de Saint-Denis.

Le nerf de la guerre, ce sont les soignants, toujours en sous-effectifs. « Nous manquons d’infirmières, notamment spécialisées en anesthésie, mais aussi d’aides-soignantes, de médecins spécialisés en maladie infectieuse… La situation est telle que nous avons même lancé un appel sur les réseaux sociaux », souligne Yohann Mourier. Conséquence de cette pénurie : l’hôpital a dû se réorganiser.

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« Depuis le 17 octobre nous sommes passés en basse activité au bloc opératoire. Nous continuons les urgences, les cancers ou encore ce qui concerne la chirurgie ambulatoire puisque les patients sortent dans la journée », détaille Yohann Mourier. Trente lits en chirurgie ont ainsi pu être dégagés. Pour mieux assurer le lien entre le service des urgences et la médecine de ville, une cellule médicale va aussi être mise en place pour le suivi des patients. L’hôpital Delafontaine et la Ville de Saint-Denis planchent également sur un projet pour faciliter les sorties des patients stabilisés mais encore fragiles. La Ville mettrait à disposition une vingtaine de places dans une résidence autonomie.

Offre de soins maintenue dans les CMS

Du côté des CMS (Centres municipaux de santé), on s’est préparés différemment pour cette seconde vague. « Nous avons augmenté le volume des consultations Covid-19 sans rendez-vous et organisé les flux pour que les patients touchés par le virus et les autres ne soient pas en contact sur place. Tout est mis en œuvre pour qu’ils puissent continuer à venir, même pour les spécialistes (kiné, dentaire…) et de la téléconsultation est aussi possible », explique Simon Bonnaure, directeur de la santé à Saint-Denis. « Si les soignants des CMS et les médecins généralistes de la ville rapportent une augmentation des cas, ils nous ont également confié qu’ils se sentaient mieux armés en termes de connaissance de la maladie », constate Katy Bontinck, maire adjointe à la santé.

Delphine Dauvergne