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Municipales 2020
/ « Nous verrons si les citoyens sont au rendez-vous »

Entretien avec Georges Sali, fondateur du Parti socialiste de gauche et potentiel tête de liste aux prochaines municipales de mars 2020.
Georges Sali
Georges Sali

Début juillet Georges Sali, candidat sous les couleurs du Parti socialiste aux municipales de 2008, et sous celles du Parti socialiste de gauche (PSG) (1), dont il est le fondateur, en 2014, annonçait le lancement d’un Rassemblement pour l’innovation citoyenne ouvert à tous les Dionysiens, afin « de préparer un projet municipal vraiment ancré dans les réalités locales ». S’il se pose en facilitateur, le consultant en gouvernance publique de 62 ans et ancien adjoint au maire de Saint-Denis (jusqu’en 2004) s’imagine aussi volontiers tête de liste en mars 2020. Jamais deux sans trois ?

Le JSD : Où en est le Parti socialiste de gauche que vous avez fondé en 2013 et qui est depuis le printemps 2014 est une des composantes de la majorité municipale ?

Georges Sali : Pour rappel le PSG s’est constitué sur des bases de gauche en rupture avec le PS, moi-même ayant milité 30 ans au sein du Parti socialiste, dont j’avais été exclu en 2012 suite à mon soutien à Patrick Braouezec contre Mathieu Hanotin aux législatives. Je continue de penser que l’exercice du pouvoir par le président Hollande (2012-2017) a été une trahison totale. Pour ma part je n’ai pas siégé au conseil municipal dans cette mandature mais j’ai apporté mon soutien à nos élus, autour de Stéphane Privé (Maire-adjoint aux finances) qui m’a succédé à la présidence du PSG en 2018. Les adjoints et conseillers délégués du PSG n’ont cessé d’assumer au mieux leur délégation pendant ce mandat. Nous avons joué le jeu du maintien des engagements de campagne. Dans le même temps nous avons toujours dit ce que nous avions à dire même si nous étions pointés du doigt par d’autres sensibilités de la majorité en raison de notre positionnement de gestionnaire. La direction communiste a plutôt arbitré en notre faveur. Maintenant certaines questions restent sur la table pour le prochain mandat.

Le JSD : Quelles sont ces questions qui vont façonner la prochaine campagne ?

GS : La question de la densification par exemple. On va trop vite de mon point de vue, et dans le même temps on ne bosse pas assez en termes d’équipements publics. Ce n’est pas à Saint-Denis toute seule d’assumer les conséquences de la restructuration de l’agglomération parisienne. Le franchissement urbain de Pleyel par exemple est un ouvrage d’intérêt national, or il va coûter beaucoup à la collectivité. Nous ne sommes pas assez accompagnés par l’État et la Région. Une autre question est celle de la sécurité. La situation s’aggrave. Le trafic gangrène tous les quartiers. Il y a une responsabilité de l’État mais la commune a son rôle. La propreté est aussi un vrai sujet d’insatisfaction et questionne Plaine Commune. Plus largement les sujets de qualité de vie, d’espaces publics ou d’offre commercial posent également problème.

Le JSD : Par conséquent quelle est votre proposition en vue des prochaines élections ?

GS : Tout d’abord je fais le constat que tous les partis politiques sont hors-jeu. On ne peut pas se satisfaire d’un si faible nombre de votants à chaque élection. Ensuite il y a une vraie crise du personnel politique.  Au fond quelles différences entre Laurent Russier (PCF) et Bally Bagayoko (LFI) ? Une ambition personnelle ne structure pas une volonté politique. La compétition interne dans le pôle de gauche brouille le message. D’où notre initiative d’un Rassemblement  pour l’innovation et la citoyenneté qui compte pour le moment une trentaine de personnes. Les citoyens manifestent une vraie défiance à l’égard de la politique et en même temps il y a une vraie attente de solutions de la part de la population. Les gens ont envie de faire eux-mêmes. Il faut répondre à cette envie.

Le JSD : Concrètement quelle est votre méthode avec ce Rassemblement pour l’innovation et la citoyenneté ?

GS : Je partage l’écœurement des citoyens vis à vis des partis qui ont trahi leurs devoirs, sans pour autant être dans le dégagisme. Le problème en ce moment c’est que cet écœurement peut virer au n’importe quoi. Il faut rendre possible un vrai débat citoyen en ville sans passer par les partis politiques. A partir de septembre nous allons donc commencer à élaborer un projet pour Saint-Denis. Même si les gens acceptent de moins en moins de déléguer tout le monde ne pourra pas être élu, mais l’idée est de travailler ensemble à un nouveau deal entre élus et citoyens. Jusqu’en décembre nous allons multiplier les rencontres de quartier et les rendez-vous thématiques. Et en janvier nous débuterons les discussions autour d’une liste en vue des municipales.

Le JSD : Il y aura donc bien une liste PSG aux prochaines municipales…vous en prendrez la tête ?

GS : L’idée c’est d’y aller. Il y aura des membres du PSG sur cette liste mais ce ne sera pas une liste du Parti socialiste de gauche. Ce sera une liste d’innovation citoyenne derrière le slogan « Décidons le changement ».  Pour ma part être élu ne me manque pas spécialement. Je me pose donc d’abord en facilitateur de la démarche. Je ne serai pas obligatoirement tête de liste. Je suis là pour créer les conditions pour que quelque chose se passe. J’espère que ça va marcher et nous verrons comment les partis réagissent. Comment voulez-vous qu’ils se remettent en cause sinon ?

Le JSD : Mais s’agira-t-il d’une liste de plus à gauche ?

GS : J’ai toujours été très à gauche et on ne se refait pas. Maintenant je crois être beaucoup moins dans la caricature qu’à une certaine époque. On peut associer des gens d’identités différentes en termes d’étiquette politique. L’important ce sont les engagements que l’on prend. Même si c’est une expérimentation, je sais où l’on va atterrir. La question de la diversité sociale sera un souci fondamental également dans la composition de la liste. Nous verrons si les citoyens sont au rendez-vous.

Propos recueillis par Yann Lalande

www.decidonslechangement2020.fr

(1)   7,8 % au premier tour des élections de 2014 et actuellement 6 élus au sein de l’actuelle majorité municipale, dont trois adjoints au maire.

Réactions

Bonjour. Alors je vous présente Georges SALI, alias le faiseur de roi, qui va tenté de monnayer quelques postes à l'entre deux tours. C'est pas une première. Et puis le PSG en étant dans la majorité municipale porte le bilan municipale autant que Bally Bagayoko. Entre Laurent Russier qui pense que la situation est quand même acceptable, Bally Bagayoko qui contredit son maire et Georges SALI qui n'assume pas d'être dans la majorité municipale, je me demande ce que font ces personnes dans ENSEMBLE....
@Azzedine - ... sauf que le PSG ne fera pas les 5 % nécessaire pour monnayer quoi que ce soit. Sali se présente uniquement pour piquer des voix à Hanotin.
Braouezec, Bagayoko, Sali,... rancoeur, trahison des amis, la double nature d'une certaine "gauche" dionysienne
J'oubliais: il est assez plaisant de voir Sali poser devant un décor de magasin en cours de fermeture: prémonition ?
Je me souviens des militants de PSG qui etaient venus avant le 1er tour en 2014 pour m'expliquer que la gérance de monsieur paillard était catastrophique. J'avais été très surpris de leur appel à voter monsieur paillard entre les 2 tours.
Georges SALI est le seul à mon sens la seule personne intègre et honnête par rapport aux autres candidats où leurs colistiers ( Stéphane PEU par exemple)
Bonjour. @la révolution. Georges Sali avant les municipales de 2014: "Le bilan de Paillard est catastrophique" puis à l'entre deux tours, je donne mes voix à Paillard. Je ne connais pas votre définition de l’honnêteté mais en tous cas Gearges Sali n'a pas été honnête dans sa démarche envers les habitants. Sa rancune envers Mathieu Hanotin a fait qu'on s'est mangé 6 de nuls aux commandes de la municipalité. Ps: Pour Stéphane Peu, je suis d'accord. On attends toujours sa déclaration de patrimoine...