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Violences inter-quartiers jeudi 25 avril
/ « On ne peut pas laisser notre jeunesse s’entre-tuer ! »

Jeudi 25 avril au soir, une quinzaine de jeunes armés de battes de base-ball ont violemment agressé un garçon de 16 ans qui sortait du cinéma Gaumont accompagné par un groupe d'adolescents lors d'une sortie organisée par le service municipal de la jeunesse. La victime est sortie du coma.
Depuis novembre 2017, des femmes se sont mobilisées contre l'engrenage des violences dans leur quartier. Et ont créé un collectif, Nos enfants d'abord.
Depuis novembre 2017, des femmes se sont mobilisées contre l'engrenage des violences dans leur quartier. Et ont créé un collectif, Nos enfants d'abord.

Il s’en est fallu de peu, ce jeudi 25 avril au soir, pour qu’un nouveau décès ne vienne allonger le terrible décompte des violences entre quartiers. L’adolescent âgé de près de 16 ans est resté quatre jours dans le coma. Et il ne doit son salut qu’à l’intervention rapide des forces de police et des secours. Comme 17 autres garçons et filles de son âge, il venait d’assister à une projection au Gaumont Stade de France. La sortie était organisée par le service municipal de la jeunesse avec Les Mains Unies, une jeune association de leur quartier, du côté de Mutuelle/Romain-Rolland. C’est alors que devant le cinéma, une quinzaine de jeunes armés de battes de base-ball auraient surgi de plusieurs voitures. D’après les témoins, un adolescent, un seul, était visé. Il a été roué de coups alors qu’il était au sol. À l’arrivée de la police, ses agresseurs se sont volatilisés. Et lui a été acheminé par le Samu à l’hôpital Beaujon à Clichy-la-Garenne.

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Les nombreuses caméras du quartier parleront-elles ? Les agresseurs ont été en tout cas identifiés comme venant de la cité Joliot-Curie. Des parents s’en étaient inquiétés une dizaine de jours plus tôt. La rumeur enflait que Luigi allait être « vengé ». Âgé lui-même de 16 ans, ce garçon de la cité Joliot est décédé le 17 septembre dernier des suites d’une fusillade… dans la cité Romain-Rolland. Suite à l’agression au Gaumont, une cellule psychologique pour les adolescents et accompagnateurs, témoins des violences, a été mise en place le lendemain à la Maison de la jeunesse.

 

Rôle de l'école

« On ne peut pas laisser notre jeunesse s’entre-tuer ! », s’est ému le maire lors d’une conférence de presse organisée le vendredi 26 avril en début d’après-midi. « Une ville ne peut pas, seule, faire face à ces problématiques. » Laurent Russier en appelle à une collaboration de « l’ensemble des partenaires ». Et insiste en particulier sur le rôle de l’Éducation nationale. Parmi les derniers épisodes en date de violences dans les établissements scolaires, il pointe le cas du jeune agresseur d’une professeure dans une classe du collège Elsa-Triolet, le 11 avril. L’adolescent était un ancien élève. Exclu de l’établissement, depuis bientôt trois ans, « il n’était plus scolarisé depuis l’âge de 13 ans. Personne ne le suivait ! »

Le maire déplore aussi la baisse de subvention par le Département de Canal, association dionysienne de prévention spécialisée dont les éducateurs travaillent auprès des jeunes en déshérence. Résultat, « on n’a pas pu mettre en place les équipes d’éducateurs prévues quartiers Gare et Péri, observe de son côté Florence Haye, l’adjointe en charge de la jeunesse. Mais cette situation n’est pas propre à la Seine-Saint-Denis. Il y a aussi le problème du financement des associations avec la fin des contrats aidés ».

Depuis novembre 2017, pourtant, des femmes se sont mobilisées contre l’engrenage des violences dans leur quartier. Et ont créé un collectif, Nos enfants d’abord. Un repas « solidaire inter-quartiers contre les violences » s’est tenu en janvier 2018. Et en fin d’année, la Ville convoquait des assises citoyennes « Ensemble contre la violence » suivies deux mois après d’un CLSPD, Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance. Les expéditions punitives n’en ont pas été stoppées pour autant, notamment dans les enceintes scolaires. Aujourd’hui, un appel à projet « Prévention des violences » vient d’être lancé par la Ville à l’intention des équipes éducatives dans les établissements les plus affectés, collèges la Courtille, Jean-Lurçat et Henri-Barbusse, lycées Paul-Éluard et Bartholdi. 10 000 euros seront affectés à des actions qui devraient être menées au 4e trimestre 2019 pour lutter contre les cyber-violences et le harcèlement scolaire, prévenir les comportements à risques et l’implication dans le trafic de stupéfiant, ainsi que pour des formations à la médiation et à la communication non-violente.

Marylène Lenfant

Réactions

Stop. Un moment, il faut arrêter de trouver des responsables ailleurs. Messieurs les élus, vous êtes coresponsables de cette situation dans la ville. Pourquoi tout se passe à Saint Denis et pas à epinay, drancy ou au bourget ? Et pourtant ces villes ont les mêmes caractéristiques sociale que saint Denis et ont les mêmes problèmes de baisse de dotation de l'état.. La population paye votre incompétence chronique et 40 ans de politique de ghettoisation. Vous créez les conditions pour que tout explose. Des cités, du béton ajoutés à une population en souffrance sociale et vous n'imaginez pas qu'un jour, tout explosera.. Pour colmater tout cela, vous appliquez encore des solutions des années 1980 qui ne fonctionnent pas: politique des grands frères, merguez party, concert de rap et match de foot.. Ah oui, j'oubliais, vous aidez à payer le bafa.. Et vous comprenez toujours pas pourquoi que ça explose ??? Votre politique de prévention est un échec total, ce sont des dépenses sans fin pour des résultats inexistants.. Toute personne vivant à Saint Denis sait que l'association canal ne sert à rien. Pourquoi continuer à financer une association qui " n'existe pas " et qui ne fonctionne pas.. Et à chaque mort ou fusillade, vous nous ressortez la manifestation des femmes voilées et en boubous, ces pauvres femmes que vous manipulez grossièrement, celles qu'on voit toujours sur les photos mais jamais dans vos réceptions de l'ambassadeur... Il faut arrêter avec cette politique de grands frères, de prévention et de collectifs. IL FAUT AGIR. Supprimer les associations bidons, supprimer les gardes urbain, partenaire pour la ville, médiateur de nuit, asvp et remplacer tout cela par des policiers municipaux... Une véritable police municipale qui sera là pour le dionysien, qui pourra aller partout car elle sera en nombre suffisant.. Mettre des caméras, financer l'aide à l'école et à la formation, détruire tout ces cités ghettos et revenir à des habitations à taille humaine etc... Et je vous assure que la délinquance diminuera fortement car la, vous vous attaquerez au véritable coeur du problème
Je viens de lire la contribution de Houari Guermat. Ce n'est pas de gauche. Ce n'est pas de gauche. Ce n'est que du bon sens !
Bonjour. @Houari et Mourad. Tant que ce sont des pauvres qui s’entre tuent, ça passe. Cela fait 30 ans que cela dure et la majorité actuelle a été élu sur le bon vivre à Saint Denis (on t'oublie pas Didier). Elle va accuser l'état mais l'état agit sur tous le territoire. Et comme dit Houari, ce qui se passe à Saint Denis se passe dans une proportion moindre mesure dans les autres villes. Les élus de Saint Denis ont la responsabilité de ce qui se passe sur la ville. Pas un élu ne se remet en question sur la politique municipale. Aucune remise en question. Rien. En attendant, on a les deux concurrents (Russier et Bagayoko) qui font la course à celui qui sera le plus indigné. Les élus demandent aux habitants, qui ne sont pas des riches, d'être solidaire avec les roms les sans papiers, les migrants, les délinquants et de le faire avec le sourire. Mais qui est solidaire avec eux? Ils se mangent la ligne 13 ou le RER D, se tape des boulots difficiles (vu le salaire moyen des ménages à Saint Denis) et ensuite des élus avec le sourire viennent dire non c'est pas fini, il faut être solidaire, de faire la sourde oreille aux hurleurs, aux brochettes sur la parvis, à la violence que subissent leurs enfants. Pas un élu va dire stop. Ma politique va dans le mur, ne correspond pas ou plus aux attentes des habitants. La ville gagne des habitants. Mais ces habitants ne restent pas comme le confirme la gestion urbaine de proximité. Les poches de pauvreté restent en s’enkystent dans la ville. Tant que vouloir une ville populaire (pauvre dans la novelangue municipale) la ville n'en sortira pas. Malgré les JO, coupe du monde de rugby. L'exemple de la plaine est édifiant. Un stade, des bureaux, des aménagements pour les salariés. Pas pour les habitants. Et les élus sont en train de recommencer les mêmes erreurs.
Ce jeune vient d'une famille modeste, pas pauvre, une famille qui travaille, des honnêtes gens, ce jeune se trouvait au mauvais endroit, au mauvais moment. Il voulait juste voir un film et s'amuser, il était Innocent, attaqué par des lâches qui voulaient bêtement se venger, comme des animaux. Ils se sont pris au hasard à ce jeune. Pensent ils aux parents qui ont mis au monde un enfant et qui le pleurent. Cette violence doit s'arrêter. Les adultes doivent montrer l'exemple. Il y a urgence. Je suis triste car personne n'est à l'abri de la bêtise humaine. On ne voit cette violence qu'ici, il y a un fort manque d'éducation et jeunes livrés à eux mêmes.

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