En ville

Didier Paillard
/ « L’objectif est d’améliorer la qualité commerciale »

L’ancien maire de Saint-Denis (2004-2016) a repris la délégation au commerce suite à la démission fin novembre 2018 de Julien Colas. Le nouvel élu en charge de la politique commerciale de la Ville fait le point sur cette dernière.
Didier Paillard a repris fin novembre 2018 la délégation au commerce suite à la démission fin novembre 2018 de Julien Colas.a
Didier Paillard a repris fin novembre 2018 la délégation au commerce suite à la démission fin novembre 2018 de Julien Colas.a

Le JSD : Où en est-on de la foncière commerce annoncée officiellement à l’occasion du vote du budget 2019, le 21 février ?

Didier Paillard : Une politique de repositionnement commercial prend du temps parce que le commerce est quelque chose de très fragile et très compliquée. Huit grandes actions sont développées depuis le début du mandat. Des sujets sont plus ou moins avancés en fonction de la complexité de la tâche. Cela fait 3 ans qu’on travaille au modèle de notre foncière commerce. C’est quelque chose de compliqué, à tel point qu’aujourd’hui la seule ville dotée d’un tel outil c’est Paris avec la Semaest. Pour trouver un modèle économique, il a fallu beaucoup travailler. Désormais on est en cours de construction de la foncière afin qu’elle soit opérationnelle à l’été 2019.

Le JSD : Comment va fonctionner cette foncière ?

DP : Elle sera dotée de 2,5 millions € de capital, principalement abondés par la Ville et la Caisse des dépôts. On attend d’ailleurs toujours la réponse de la Métropole du Grand Paris pour son entrée au capital. Des entreprises privées participeront aussi à cette société d’économie mixte. L’objectif est d’acquérir les murs d’environ 80 commerces, pour un investissement total compris entre 10 et 14 millions € en 10 ans. Elle devrait nous permettre de retravailler la dynamique commerciale à Saint-Denis et plus particulièrement la question de sa qualité.

On devrait pouvoir agir directement sur l’offre commerciale. C’est sans doute la solution la plus chère mais aussi la plus efficace. Le modèle se veut vertueux car on doit pouvoir revendre les murs aux commerçants au bout de 6 à 8 ans. Le but n’est pas de rester propriétaire mais bien de recréer une dynamique. Les lieux principalement visés seront les rues de la République et Péri, les rues autour du marché et le quartier de la gare. L’objectif est d’améliorer la qualité commerciale en générant aussi des investissements chez les privés autour de nos propres investissements. La Porte de Paris est un bon exemple à ce titre. On a réussi à enclencher une bonne dynamique. Jusqu’à présent nous essayions de le faire dans le cadre d’un travail partenarial, mais quand on n’est pas propriétaire, c’est compliqué. Jusqu’à présent nous faisions l’acquisition des fonds de commerce. C’est plus onéreux et on n'arrive pas au même résultat. Il n’est pas exclu qu’à l’avenir on regarde si on peut agir en direction d’autres quartiers comme l’avenue Wilson, via une foncière à l’échelle du territoire de Plaine Commune. 

 

« La rue de la République doit retrouver de l'attractivité »
 

Le JSD : Au-delà de la foncière commerce, comment la Ville peut agir pour diversifier l’offre commerciale ? Voir s’installer des commerces bios ? Faire revenir des enseignes ?

DP : Nous sommes attentifs aux locomotives secondaires. On travaille au cas par cas, comme pour l’installation de Bao qui répond au besoin de l’importante population afro-caribéenne du territoire. On essaie de pérenniser des enseignes comme C&A ou Sephora qui fonctionnent aujourd’hui très bien. L’idée est de répondre à toutes les demandes de l’ensemble des strates de clientèle. Il faut bien voir par ailleurs qu’à Saint-Denis sur le centre-ville, le taux de vacance commerciale n’est que de 6%, hors centre commercial Basilique, pour une moyenne nationale de 11 ou 12%. Les commerçants font leur chiffre. On a peu d’espaces libres finalement.

Enfin, vis-à-vis des enseignes, nous sommes confrontés au problème suivant : elles utilisent des logiciels pour positionner leurs boutiques. Ainsi elles évaluent le pouvoir d’achat dans une zone de 400 m autour du magasin. Dans le centre-ville de Saint-Denis, ce n’est pas le reflet de la réelle zone de chalandise. Nous sommes donc obligés de convaincre les commercialisateurs que le potentiel est plus important qu’indiqué par leur logiciel.
 

LIRE AUSSI : Les enseignes de fringue se font la malle
 

Le JSD : Envisagez-vous une action spécifique sur la rue de la République ?

DP : Elle doit retrouver de l’attractivité. Un plan de propreté très attendu vient d’être mis en place. La vidéoprotection fonctionne. À la fin de l’été, 1 400 m2 de locaux commerciaux neufs seront livrés sur le programme Condroyer. On travaille à leur commercialisation. Des actions sont menées sur les rénovations de façades commerciales à l’image de ce qu’a fait Optic 2000. Notre but est de faciliter le saut qualitatif en la matière. On aide à monter des dossiers de financement par exemple.

Le JSD : La rue de la République ne pâtit-elle pas également d’un contexte défavorable, avec ces nombreux vendeurs à la sauvette ?

DP : Ça n’aide pas, c’est certain. Mais ça va mieux, même si, dès qu’on relâche la pression, ils se réinstallent. On essaie d’avoir du monde en permanence sur le terrain. Le mode d’habitat de la rue de la République compte aussi, avec beaucoup d’immeubles dégradés. Quand on livre de nouvelles opérations, on maîtrise mieux les choses.

Le JSD : Pour revenir sur l’absence de magasin bio en ville, aucun projet n’est dans les cartons ?

DP : Nous verrions bien du bio arriver sur quelques surfaces, mais nous n’avons rien de concret. À condition que le bio soit en adéquation avec le pouvoir d’achat, il peut participer à la diversification que nous appelons de nos vœux. Les Dionysiens aiment bien le bon également. Le marché a commencé à ce niveau. D’ici l’été nous aurons un bel étal de bio sous la halle. Et je rappelle que le plus grand magasin bio de Saint-Denis c’est Carrefour, avec un rayon immense.

 

LIRE AUSSI : Agression du régisseur du marché : des coups et des questions

Le JSD : Concernant la Maison du commerce et de l’artisanat, un bilan devait être présenté en novembre mais a été différé suite à la démission de Julien Colas. Où en est-on des rapports de la Ville avec l’association, notamment suite à l’agression du régisseur du marché par Kamel Amrane, vice-président de la MCA, le 16 novembre ?

DP : Suite à ce phénomène détestable, on retravaille avec la MCA. On ne peut pas jeter l’eau du bain avec le bébé. Ma position est qu’on a besoin d’une structure en interface avec les enseignes commerciales. Nous mettons donc en œuvre un plan d’actions. Notre exigence était d’obtenir la condamnation de tout acte de violence de la part de la MCA. Nous l’avons obtenu par écrit. À partir de ce moment-là on peut se redonner des bases pour négocier. Ensuite la justice fera son travail. Il faut distinguer la MCA de la personne de son vice-président. La question est d’avoir un interlocuteur. Nous faisons donc avec l’équipe en place.

Le JSD : Dernier sujet, est-ce que l’expérimentation de l’ouverture du marché le samedi se concrétisera cette année ?

DP : Il faut d’abord recenser les volontaires. Il n’y a pas forcément consensus sur la question. J’espère qu’on pourra l’expérimenter cette année. Dans tous les cas cela ne concernerait que la halle. Mais on ne peut pas l’ouvrir avec seulement un tiers des commerçants. L’idée derrière cette ouverture du samedi, c’est de dégonfler le dimanche et d’aller chercher de nouvelles parts de marché. On peut peut-être gagner de nouveaux chalands en offrant plus de confort. Si on leur dit que cette nouvelle ouverture permettrait de désengorger le dimanche, les riverains pourraient le voir d’un bon œil.

 

Propos recueillis par Yann Lalande

Réactions

Sous l'égide de Didier Paillard toutes les commerces de Qualité ont quitté notre ville - Comment faire confiance a cette ancien équipe qui ont chassé les commerçants et leurs clients. Toute personne voulant profiter d'un choix digne de ce nom doit aller sur Paris pour faire ses courses, La culture est partie avec Virgin et trois autres libraires papeteries, ainsi que l'alimentation. La rue principale commerciale est devenu une déserte sauf pour les vendeurs a la sauvette. Malgré les affiches mis un peu partout pour faire croire que la ville agit - les vendeurs sont en nombre croissant toutes les jours.
Sous l'égide de Didier Paillard toutes les commerces de Qualité ont quitté notre ville - Comment faire confiance a cette ancien équipe qui ont chassé les commerçants et leurs clients. Toute personne voulant profiter d'un choix digne de ce nom doit aller sur Paris pour faire ses courses, La culture est partie avec Virgin et trois autres libraires papeteries, ainsi que l'alimentation. La rue principale commerciale est devenu une déserte sauf pour les vendeurs a la sauvette. Malgré les affiches mis un peu partout pour faire croire que la ville agit - les vendeurs sont en nombre croissant toutes les jours.
Bonjour. C'est pas comme ci cette personne n'a pas été maire depuis 2004.... Pas un mot sur sa responsabilité sur le commerce défaillant. Et la complaisance avec la MCA est assez déroutante. C'est qui ces mecs qui ne produisent aucun bilan, aucune activité. A part prendre des subventions publiques... Ils font quoi? Il n'y a aucune diversité dans le commerce de Saint Denis. Ps: Une dernière chose pour prouver que ce personnage ne connait rien au commerce. Il estime que la plus grande surface commerciale bio est carrefour. A partir de ce constat, il est clair qu'il n'agira pas sur le commerce de proximité. C'est la preuve qu'il est incompétent. PS2: @Yann Lalande, la photo n'est pas très valorisante. C'est fait exprès ?
Par contre ce qui marche bien ce sont les salons afro, maintenant il y en a partout et le comble c'est que le soir ils font débit de boissons (alcool bien sûr) je vous en donne pour preuve une rue plutôt tranquille, la rue Franciade, je suis passée en toute fin de journée et j'y ai vu un attroupement de personnes alcoolisées qui s'invectivaient à qui mieux mieux. C'est un scandale plus aucune rue n'est à l'abri de l'ouverture de ces commerces maintenant. Qu'est-ce qu'il en pense à ma mairie ?
Didier Paillard qui va améliorer l'offre commerciale !!! C'était hier le 1er avril.
c 'est qui Paillard ??
Je m'aperçois qu'il y a plusieurs "Mourad" qui commentent.Il y avait déjà plusieurs "Georges". Le dernier message de ce fil n'a pas pour origine "Mourad Canal Historique".
L offre commerciale est un souci pour de nombreux centre ville que l on habite pierrefitte, st denis, Meaux ou une sous préfecture de province ... Les enseignes font leurs études de marché et la multiplication des centres commerciaux n'aident pas (l ilot à Epinay, le Millenium, chatelet les halles, Aeroville, My Place..et peut etre Europa City bientot) Les artisans potentiels ne courent pas les rues non plus et les clients hormis quelques catégories de personnes vont au supermarché le samedi même avec des magasins de proximité à leur porte ! les modes de consommation ont changé et le retour en arrière sera difficile
Mr Paillard , il n'est pas question de sur jouer pour une élection, il y a des gens qui vivent à Saint Denis, c'est désolant, irresponsable et démagogue.
Bonjour @jsd, bon vous avez recadrer la photo, c'est bien, il a l'air moins isolé devant la facade de C&A ... mais on souhaiterais avoir des réponses un peu plus précise de la MCA dont le fonctionnement plus que flou n’attise les histoires de copinage. Julien Colas avait promis un bilan de la MCA pour la fin de l'année et rien en vue pour le prochain CM. Ce que je constate, c'est que D. Paillard continue de bosser avec la MCA malgré tout. Au lieu de rénover l'ensemble de la démarche, il est juste dans la continuité. C'est comme son mandat de Maire, il est juste dans la continuité de Braouezec. Navrant mais pas étonnant.
Si j'ai bien vu, rue de la République il y a eu ces derniers mois… un nouveau coiffeur et dans la galerie en face du "Paye ta crêpe" s'est ouvert ces dernières semaines ….. un nouveau coiffeur… A Saint-Denis on va être les habitants les mieux coiffés de France !

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