En ville

Les lecteurs du JSD font le bilan avec Laurent Russier
/ « Une ville où chacun peut trouver sa place »

Mardi 18 juin, Laurent Russier a répondu aux questions de sept lecteurs volontaires du Journal de Saint-Denis. L’occasion de faire le bilan alors que le mandat de la majorité municipale s’achèvera dans neuf mois. Extraits.
Mardi 18 juin, les lecteurs du JSD ont fait le bilan de l'actuelle mandature municipale avec le maire Laurent Russier © Yann Mambert
Mardi 18 juin, les lecteurs du JSD ont fait le bilan de l'actuelle mandature municipale avec le maire Laurent Russier © Yann Mambert

Le maire répond à Nicolas Rembert (quartier Gare) sur la situation du quartier Confluence dont l’aménagement est à l’arrêt.

« La situation me conforte dans l’idée que l’on doit avoir une maîtrise publique des zones de la ville à aménager. Nous avons fait confiance à un promoteur privé, qui a ensuite vendu à un autre promoteur. Ce dernier (Quartus) pour aller au bout du processus d’aménagement veut plus de rentrées financières et souhaite donc densifier le secteur en construisant plus de logements, alors que nous en avons déjà beaucoup. On a mis notre veto. On a besoin d’espaces verts. Cette situation en stand-by donne une impression d’inachevé. Mais nous allons retravailler pour pouvoir aller au bout de l’aménagement prévu initialement. Nous n’avons pas prolongé la convention avec Quartus fin 2018. On se donne jusqu’à la fin 2019 pour redémarrer le chantier. Des commerces s’installent, mais on sait bien qu’ils arrivent souvent en dernier car ils attendent d’avoir la zone de chalandise suffisante pour se développer. Par ailleurs, sur le secteur de la gare nous devons continuer à travailler pour plus de tranquillité. Ainsi, les médiateurs de nuit seront présents à partir de septembre dans le quartier Confluence. »

VIDEO : Les lecteurs du JSD font le bilan avec Laurent Russier
 

Le maire répond à Pierre Flament (quartier Delaunay-Belleville) sur le trafic de drogue qui gangrène de nombreux quartiers.

« La solution ne peut être que partagée. Ce serait trop simple de dire que le problème ne regarde que l’État. Je suis horrifié de voir tous ces jeunes bousiller leur vie future. Sur les guetteurs il y a des moyens d’agir. Je ne demande pas à ce qu’ils aillent en prison ou qu’on renforce la loi qui est assez répressive. Mais a minima il faut qu’il y ait un rappel à l’ordre et la convocation des parents si le guetteur est mineur. Il faudrait des travaux d’intérêt général. Ne pas parvenir à dire aux jeunes, “ce que vous faites c’est totalement illégal, vous mettez votre futur en danger et vous embêtez tout le voisinage”, ce n’est pas possible. Après pour ce qui est de la question de la légalisation ou de la dépénalisation, j’espère qu’à trois ans des présidentielles le débat pourra s’ouvrir au niveau national de façon dépassionnée. Je ne veux pas que la drogue ou la délinquance deviennent des acteurs comme les autres de la vie d’un quartier, qui font gagner de l’argent et font vivre des habitants. Il n’y aurait rien de pire que ça devienne la normalité pour beaucoup trop d’enfants. » 

Le maire répond à Thomas Porquet (cité Gaston-Dourdin) sur les initiatives pour lutter contre la rupture d’égalité républicaine.

« On ne peut pas avoir année après année des rapports qui montrent que sur la justice, l’éducation et la police, il y a des inégalités structurelles avec moins de moyens affectés à la Seine-Saint-Denis et ne rien faire. Nous ne sommes pas des pleureurs. C’est simplement que nous n’avons pas pareil qu’ailleurs. De quel droit serions-nous des Français de seconde zone ? Nous verrons à quoi aboutira notre dernière plainte contre l’État déposée avec d’autres maires. La mobilisation des habitants compte beaucoup également. Ce qui se passe actuellement avec les parents du groupe scolaire Victor-Hugo est extrêmement important. Il me semble que ce qui a fait le plus bouger l’État est le dernier rapport parlementaire sur la question, porté par des élus de tous bords et pas que du 93. En revanche je suis en désaccord avec la méthode proposée par le Premier ministre qui consiste à constituer des groupes de travail pilotés par le Préfet de Seine-Saint-Denis. C’est du foutage de gueule. Une fois de plus on va nous demander de régler nos problèmes entre nous. »


Centre aquatique olympique : «  une piscine pour nos scolaires et nos clubs »
 

Le maire répond à Imen El Ferchichi (quartier la Plaine) sur le développement de la Plaine dans la perspective des JOP 2024.

« Il faut que les Jeux olympiques constituent un vrai héritage. S’ils ne permettent pas un mieux vivre ils n’auront aucun intérêt. C’est la raison pour laquelle le Centre aquatique olympique sera une piscine pour nos scolaires et nos clubs. Pour le reste à la Plaine nous avons ouvert de nombreux parcs et d’autres vont voir le jour avec les programmes liés aux JOP. On a besoin d’amener plus fortement la nature en ville. Mais aménager un quartier c’est mettre en balance les recettes et les dépenses. Si on veut plus d’espaces verts et plus d’équipements publics au-delà de ce que l’on fait déjà, c’est synonyme d’augmentation des prix de l’immobilier. Or si nous voulons loger des habitants à des prix abordables en région Île-de-France, il faut intensifier la production de logements à proximité des grands équipements et des nœuds de transport, tout en étant respectueux des équilibres. Sinon cela signifierait qu’on continuerait à détruire de la nature dans d’autres départements. Même si je suis maire de Saint-Denis, je porte une vision pour la Métropole. » 

Le maire répond à Leïla Ezbatti (quartier Allende) sur la propreté et le manque d’entretien cité Allende.

« Nous devons progresser tous ensemble sur les enjeux du quotidien sinon cela ne permet pas aux habitants d’avoir une vision crédible de ce que va devenir la ville. Sur la propreté, les services de PCH et de Plaine Commune font l’effort nécessaire. Maintenant la problématique est réelle. Et tout le monde à un rôle à jouer. Les habitants irrespectueux doivent être plus sensibilisés. Plaine Commune doit adapter ses moyens au nombre d’habitants mais aussi au nombre d’usagers. Sur les aires de jeux, la question n’est pas simple. J’ai demandé à Plaine Commune un nettoyage concomitant voirie, aires de jeu et petits espaces verts. Parce qu’il est anormal que la rue ait été nettoyée et pas le parc attenant. Par ailleurs chaque année nous remettons en état des aires de jeu. Sur les rats, il faut travailler de manière beaucoup plus coordonnée. Pour finir, un point essentiel selon moi est la façon dont on travaille à la réduction des déchets dès l’origine. Comment oblige-t-on les industriels à produire moins d’emballages ? Si on avait trois fois moins de plastique à Saint-Denis, ce serait trois fois moins à nettoyer. »

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Le maire répond à Nadia Rouabah (quartier Allende) sur les questions d’accessibilité pour les personnes porteuses de handicap.

« Depuis de nombreuses années la Ville dispose d’une délégation au handicap, avec une personne dédiée uniquement à ces questions. Un des premiers enjeux est l’accès au travail. La collectivité a dépassé depuis trois ans le seuil obligatoire de 6 % de travailleurs porteurs de handicap dans ses effectifs. Un autre enjeu est de rendre plus accessible les équipements publics, les transports, les commerces, les appartements et les voiries. Quelques exemples : dans les commerces nous n’autorisons pas les travaux si rien n’a été fait sur l’accessibilité. Chaque quartier dispose a minima d’une école et d’un accueil de loisirs capables d’accueillir les personnes handicapées. Sur les attributions de logement, en dépit de la pression, les familles dont un des membres est porteur de handicap sont priorisées. En revanche sur les questions d’accessibilité sur la voirie et dans les transports nous avons beaucoup de retard. Je regrette que la station Basilique de la ligne 13 qui vient d’être remise à neuf ne soit toujours pas accessible aux personnes à mobilité réduite. Nous avons quelques victoires malgré tout avec par exemple les travaux à la gare de Saint-Denis qui la rendront entièrement accessible. »

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Le maire répond à Macit Aktas (quartier Franc-Moisin) sur l’insertion professionnelle de la jeunesse.

« J’essaie de ne pas opposer les entreprises qui viennent sur le territoire et notre jeunesse. Penser qu’on offre des ponts d’or à des entreprises qui n’ont rien à faire du territoire ce n’est pas vrai. Premièrement, elles représentent des rentrées financières, deuxièmement elles s’engagent souvent dans les chartes entreprises territoire de Plaine Commune pour prioriser nos jeunes. 2 500 emplois ont ainsi vu le jour à l’échelle de Plaine Commune. Eiffage vient de recruter 135 personnes pour la ligne 16 du métro, dont 25 sont dionysiennes. Après on a des vrais problématiques : des discriminations, des jeunes mal formés et des soucis de représentations de part et d’autre. Nous devons favoriser les rencontres entre les jeunes et les entreprises. Enfin une autre chose positive est d’avoir obtenu que 25 % des chantiers liés aux JOP 2024 soient réservés à des petites entreprises locales. Beaucoup d’entreprises se créent sur le territoire. On doit les accompagner en les aidant à accéder à des marchés. »

Yann Lalande

Réactions

Bonjour Un fois de plus Monsieur le Maire nous noie dans un discours de Politiciens Concrètement quels solutions il nous apporte Aucune A croire qu'il à rien à dire que tout va bien Bien au contraire Saint Denis et un Casino Faites vos jeux Rien ne va plus La bille s affole au mépris de nos Élus Il faudra bien qu un jour tout change Déjà dans la mentalité de l Humain qui renvoie en permanence la responsabilité sur son Autre Assumer ses erreurs ce n'est pas capituler c est tout simplement avancer vers un Monde meilleur
Sur les guetteurs il y a moyen d'agir ??? Alors pourquoi on n'agit pas ??? Au lieu de tenir des discours de bisounours.. Vous croyez qu'ils en ont quelque chose à faire d"embêter le voisinage" ? Et quand on a un petit pois qui sert de cerveau, leur parler de leur avenir... Tous les riverains qui doivent supporter leurs cris jour et nuit, eux n'ont rien à voir avec tout ça, ils se contentent de subir. Mais comment peut-on quand on est à la tête d'une municipalité, laisser faire ces trafiquants et leurs complices qui font leurs petites affaires au vu et au su de tout le monde ???
"Or si nous voulons loger des habitants à des prix abordables en région Île-de-France, il faut intensifier la production de logements à proximité des grands équipements". Vous avez raison il ny a pas assez de monde à st Denis, construisez plus comme vous le faites depuis 30 ans. La pollution on s'en fout, les espaces verts aussi.
Sur le logement, on est dans le discours de blocage des prix ce qui est discriminant et toujours plus de béton. On voit bien que l'écologie n'est absolument pas une préoccupation de la majorité. Pour la propreté je suis sans voix, si on avait moins de déchets on en aurait moins à ramasser. On est tous d'accord la dessus mais le problème à st Denis c'est que les ordures jonchent les rues de la ville et que l'accumulation de pauvreté est un facteur aggravant. On voit bien que l'écologie, l'immobilier et de façon plus générale l'équilibre du territoire n'est pas respecté ce qui aboutit à une situation inédite. Pourquoi les intervenants ninterrogent pas le maire sur ce qui fonctionne à st Ouen, pantin, Montreuil, aulnay... des villes du 93 avec les mêmes difficultés et qui sen sortent.

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