En ville

« Il y a beaucoup de souffrances chez nous »

Le groupe spécialisé dans les métiers de l’énergie a installé son siège près du Stade de France en janvier. Les salariés dénoncent l’absence de dialogue social et une forte baisse du pouvoir d’achat. Et ils viennent d’apprendre que le groupe a été cédé début septembre.

« Hier soir, nous avons appris le rachat de notre société Cegelec par le groupe de BTP Vinci. C’est peut-être une bonne nouvelle, mais nous n’en savons pas plus. Car ça se passe toujours de la même façon. Mêmes nous, représentants nationaux des salariés, élus dans les différentes instances, nous apprenons toujours par la presse ce qui se passe dans le groupe. C’est une belle illustration du dialogue social interne… » Mardi 1er septembre, à la bourse du travail, l’intersyndicale CGT, CFDT, CFTC, FO, CFE, UTG reçoit la presse. Laquelle soit dit en passant, ne se bouscule pas.
Le groupe, dont la direction générale est installée depuis le début de l’année à proximité du Stade de France, emploie 25?000 salariés dans le monde, dont 13?500 sur le sol national. Depuis 2001, cette ancienne filiale d’Alstom a changé trois fois de mains, et pour finir c’est le fonds Qatari Diar qui vient de s’en défaire au bout d’un an, au profit du groupe Vinci. Lequel dit apprécier la complémentarité des deux structures. Le constructeur disposera ainsi d’une force de frappe dans l’énergie, et ce nouveau pôle pèsera plus de 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

«Il y a beaucoup de souffrances chez nous. »

« Ce soir, nous pensions annoncer le début d’un vaste conflit, expliquent les délégués syndicaux venus de plusieurs régions. La situation nouvelle fait que nous allons d’abord demander à rencontrer les nouveaux dirigeants afin de connaître leurs intentions. Sur le terrain, nous avons déjà dû demander aux personnels un peu de patience, mais cela ne pourra pas tenir très longtemps. Il y a beaucoup de souffrances chez nous. »
Au nom de l’intersyndicale, Éric Fatoux explique?: « Nous sommes prêts à une lutte dure car la volonté des dirigeants actuels de supprimer des acquis sociaux qui représentent jusqu’à 30 et 40 % des revenus mensuels est simplement inacceptable. Par définition, dans nos métiers, nous nous déplaçons beaucoup, aussi bien sur des chantiers de constructions que de maintenance de systèmes électriques, d’énergie nucléaires, etc. La direction, toujours à la recherche d’économies, a annoncé par exemple son désir de ne plus accorder de prime au bout de six mois de déplacement. Autrement dit, ce serait aux salariés de payer leurs nuits d’hôtel en déplacement professionnel?! »

Au moins 300 suppressions d’emplois par an

Les salariés de Cegelec s’inquiètent aussi des suppressions d’emploi « sans plan social mais en grand nombre, au moins 300 par an, pour les raisons les plus diverses ». Et sur des bases pour le moins fragiles puisque la justice s’est émue et qu’un procès doit se tenir en cette rentrée au tribunal de Lille. « Pas moins de 300 affaires sont passées devant les prud’hommes entre 2003 et 2006, et l’entreprise les a toutes perdues », ajoutent les militants. Et « cerise sur le gâteau », poursuivent-ils, « Cegelec, arguant un manque de cash, a demandé un report du paiement de ses cotisations Urssaf ».
Le groupe a enregistré en 2008 une progression de 13 % de ses commandes et de 3 % de son chiffre d’affaires. Des chiffres que les syndicalistes n’obtiennent pas facilement car, disent-ils, « dans le nouveau siège de Saint-Denis, nous ne disposons d’aucun bureau et le délégué syndical central de la CGT pour tout le groupe n’a même pas un badge d’accès aux locaux. Maintenant, c’est à Vinci de dire on arrête ces mauvais plans, et on redémarre sur d’autres bases. Nous sommes demandeurs ».

Gérald Rossi

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