Vous reprendrez bien une tranche de rire ?
Reprendre une tranche... de rire, de vie, d'inattendu. Cette expression, tirée du registre culinaire français, résume à elle seule l'art de prolonger un bon moment. On en redemande, comme au repas dominical chez les grands-parents. Sauf qu'ici, le menu mêle solidarité alimentaire, spectacle vivant et aventure à vélo en famille. Trois univers que rien ne semble relier, et pourtant, tous partagent la même saveur : celle du partage généreux et concret.
Quand l'expression "reprendre une tranche" prend tout son sens
La formule populaire "vous reprendrez bien une tranche" appartient à ce patrimoine linguistique français où la table dicte les métaphores de la vie sociale. Elle signifie, sans détour : vous en voulez encore ? C'est une invitation, presque une insistance bienveillante. En gastronomie, on reprend une tranche de rôti, de terrine ou de pain de campagne. Dans la culture populaire, on reprend une tranche de bonne humeur.
Ce glissement sémantique entre nourriture et plaisir de vivre n'est pas anodin. Il reflète la place centrale de l'alimentation dans la sociabilité française. Et certaines organisations en ont fait leur raison d'être, au sens le plus littéral.
L'association Excellent Excédents en est l'exemple le plus frappant. Depuis 6 ans, elle collecte les surplus de la restauration collective pour les redistribuer à des associations d'aide alimentaire. Ses donateurs, une vingtaine d'acteurs publics et privés, produisent l'équivalent de 225 000 repas chaque jour. Ces repas, au lieu de finir à la poubelle, rejoignent les Restos du Cœur, l'Armée du Salut, le Secours Catholique, le SAMU social de Paris, Aurore, Rest'Auber ou encore PSV.
Reprendre une tranche, ici, c'est une question de survie pour des centaines de familles. Ce modèle bénéficie du soutien de la DRIAAF, de l'ADEME, du plan France Relance, de la Région Île-de-France, de la DRIHL, de France Active et de la Fondation Agro Paris Tech, notamment. Un écosystème de partenaires institutionnels solide, construit méthodiquement sur six ans.
Un réseau territorial qui donne le ton
Ce qui impressionne dans la démarche d'Excellent Excédents, c'est l'ancrage territorial profond. Les villes d'Aubervilliers, Saint-Denis, Epinay-sur-Seine, Aulnay-sous-Bois, Noisy-le-Sec, Paris, Fontenay-sous-Bois, les territoires de Plaine Commune et de Paris Terres d'Envol, les départements de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne, et la Région Île-de-France : toutes ces collectivités ont choisi de s'associer à ce projet.
Voici comment s'articule concrètement ce réseau de redistribution :
- Les donateurs de restauration collective (comme Elior, Saveur et Vie, Siresco, Siplarc ou Compass) signalent leurs excédents du jour.
- Excellent Excédents organise la collecte et le transport dans le respect de la chaîne du froid.
- Les repas sont redistribués quotidiennement aux associations partenaires selon leurs besoins.
- Les collectivités locales financent et facilitent la logistique sur leur territoire.
Ce modèle circulaire transforme ce qui aurait été du gaspillage en ressource sociale. Franchement, c'est l'une des applications les plus efficaces de l'économie solidaire en milieu urbain dense.
Deux spectacles pour reprendre une bonne tranche de rire
Changer d'assiette, donc. La compagnie L'Arbre à Vache, fondée en Gironde en 2007 par Louis Grison et Antoine Boulin, propose deux spectacles dans le cadre du festival Jours de Fête. Deux propositions gratuites, accessibles aux familles, avec des formats courts pensés pour les jeunes publics.
| Spectacle | Date et heure | Lieu | Durée | Âge minimum |
|---|---|---|---|---|
| Goodbye Persil | 9 août à 18h | Parc du Logis, Déville-lès-Rouen | 45 minutes | 8 ans |
| Mr et Mme Poiseau | 10 août à 15h | Aître Saint-Maclou, Rouen | 1 heure | 6 ans |
Deux ambiances très différentes pour ces deux créations. Le parc du Logis, 346 route de Dieppe à Déville-lès-Rouen, offre un cadre verdoyant pour Goodbye Persil. L'aître Saint-Maclou à Rouen, lui, est un lieu historique chargé : cet ancien ossuaire du XVe siècle donne une couleur singulière à la représentation de Mr et Mme Poiseau.
Une compagnie girondine qui joue en Normandie, c'est déjà un beau voyage. Et parfois, le voyage lui-même devient le spectacle.
Reprendre la route, une tranche à la fois
Valentine et Vincent, parents belges d'Émile (presque 3 ans) et Arthus (presque 5 ans), ont choisi de partir à vélo en famille depuis bientôt un an. Leur équipement : remorque, follow-me et tandem Pino. Un dispositif réfléchi pour rouler avec de très jeunes enfants sans renoncer à la distance.
Leur blog caroulepournous.be, actif depuis 2017, documente chaque étape de cette aventure. Ce n'est pas une promenade dominicale : c'est un engagement quotidien, une remise en question permanente de ce que "famille" et "liberté" signifient concrètement. Partir presque un an avec deux enfants en bas âge, c'est reprendre une tranche de vie brute, sans filtres.
Pour ceux qui envisagent ce type de voyage, leur expérience montre que l'équipement adapté à l'âge des enfants est non négociable. Le tandem Pino permet à Arthus de pédaler quand il le souhaite, le follow-me assure la liaison avec le vélo parent, et la remorque protège Émile des intempéries. Trois solutions complémentaires pour une mobilité familiale réelle sur de longues distances.
Ce que Valentine et Vincent prouvent, c'est qu'on n'a pas besoin d'attendre que les enfants soient grands pour vivre intensément. La tranche de vie se prend maintenant, avec les contraintes du présent, pas celles d'un futur optimal.
L'auteur
Rédaction de Le JSD.
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