Séquano dionysiens : formation et sauvetage
Seulement 41% des habitants de la Seine-Saint-Denis savent précisément où se trouve le village olympique des athlètes des JOP2024. Pendant ce temps, à l'échelle nationale, ce chiffre tombe à 17%. Autrement dit, même les Séquano-Dyonisiens, pourtant directement exposés à cet héritage territorial, peinent à se repérer dans leur propre département. Ce paradoxe mérite qu'on s'y arrête.
Séquano-Dyonisiens et village olympique : une méconnaissance surprenante
L'étude Les Français et l'héritage des JOP2024, commandée par la Caisse des Dépôts et réalisée par OpinionWay entre le 7 et le 12 février 2024, a interrogé 1 259 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus. Parmi elles, 376 habitaient en Île-de-France et 212 en Seine-Saint-Denis. Ce sont ces derniers qui constituent notre sujet central.
Le village olympique s'étale sur trois communes du département : Saint-Denis, Saint-Ouen-Sur-Seine et l'Île-Saint-Denis. Trois villes, une seule réalité géographique. Pourtant, quand on demande aux Séquano-Dyonisiens de localiser ce village, les réponses se dispersent de façon révélatrice :
- 29% le situent à Saint-Denis
- 6% à Saint-Ouen
- 5% dans le département de la Seine-Saint-Denis de manière générale
- 1% sur l'Île-Saint-Denis
Ces chiffres révèlent une confusion réelle. La fragmentation du village sur trois communes brouille la lecture territoriale, même pour ceux qui vivent à proximité immédiate. C'est moins un problème de désintérêt qu'un défaut de lisibilité de la communication institutionnelle autour du projet olympique.
Franchement, quand un équipement majeur s'étire sur plusieurs communes sans signalétique ou narration commune forte, il ne faut pas s'étonner que les habitants s'y perdent. L'exposition géographique ne produit pas automatiquement la connaissance. Ce phénomène d'invisibilité locale, paradoxale pour des riverains supposément "surexposés", illustre bien la distance entre la vitrine médiatique nationale et la réalité vécue sur le terrain séquano-dionysien.
L'étude portait aussi sur des enjeux liés à l'accessibilité pour les personnes en situation de handicap et à l'impact environnemental des Jeux. Ces dimensions, souvent absentes du récit dominant, concernent pourtant directement les territoires où les prix immobiliers sont en pleine explosion, comme c'est le cas en Seine-Saint-Denis depuis l'attribution des Jeux à Paris.
Le CF3SD et la formation au secourisme en Seine-Saint-Denis
Derrière le bruit médiatique olympique, certaines structures locales travaillent discrètement mais efficacement. Le CF3SD, Centre de Formation de Sauvetage et de Secourisme Séquano-Dyonisiens, est l'une d'elles. Créée le 15 janvier 2018 sous le régime de la loi 1901, cette association à but non lucratif opère dans quatre secteurs complémentaires.
| Domaine d'activité | Description |
|---|---|
| Secourisme opérationnel | Formation aux gestes qui sauvent, interventions de terrain |
| Formations aquatiques | Sauvetage en milieu aquatique, prévention des noyades |
| Soutien social et accompagnement | Aide aux publics fragilisés, ancrage territorial fort |
| Formation et pédagogie citoyenne | Transmission des savoirs au service des habitants |
Le CF3SD est classé comme unité non employeuse, ce qui reflète un modèle associatif basé sur le bénévolat et l'engagement citoyen. Cette structure incarne exactement ce que le tissu associatif séquano-dionysien sait faire de mieux : répondre aux besoins concrets de terrain sans attendre les projecteurs institutionnels.
Pour moi, ce type d'association mérite bien plus de visibilité que les grands récits olympiques. Former un habitant aux gestes de premiers secours, c'est un impact direct, mesurable, qui dure. Le village olympique passera dans l'histoire. Une formation en sauvetage aquatique peut sauver une vie demain matin.
L'égalité professionnelle, un autre visage du territoire séquano-dionysien
La Seine-Saint-Denis charrie souvent des clichés réducteurs. Alors voilà un fait qui mérite d'être posé clairement : le Groupement d'employeurs Séquano a obtenu une note de 99 sur 100 à l'index de l'égalité professionnelle pour l'année 2025. C'est un score remarquable, parmi les plus élevés possibles.
Détaillons les paramètres pour comprendre ce que représente ce résultat :
- Écart dans les augmentations individuelles entre femmes et hommes : 35 sur 35 points, score parfait.
- Écart de rémunération entre femmes et hommes : 39 sur 40 points.
- Augmentation au retour d'un congé maternité : 15 sur 15 points, sans exception.
- Répartition des femmes et des hommes parmi les dix plus hautes rémunérations : 10 sur 10 points.
Ces chiffres ne sont pas du cosmétique. Ils traduisent des pratiques RH concrètes et mesurées, appliquées dans un département souvent présenté sous l'angle de la précarité. Le Groupement d'employeurs Séquano prouve qu'une organisation ancrée sur ce territoire peut atteindre l'excellence en matière d'équité salariale.
C'est d'ailleurs ce que les Séquano-Dyonisiens surexposés aux discours extérieurs ont souvent du mal à faire entendre : leur territoire produit des acteurs sérieux, rigoureux, engagés. La formation, le sauvetage, l'égalité professionnelle, ce sont les vraies lignes de force d'un département qui dépasse largement l'image qu'on lui colle. Regarder ces données avec attention, c'est commencer à voir la Seine-Saint-Denis telle qu'elle est, pas telle qu'on la raconte.
L'auteur
Rédaction de Le JSD.
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