Samedi 13 juin 2026

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Place Georges Arnold : carte et adresse

H
Par Harry
5 min de lecture
Place Georges Arnold : carte et adresse

Né le 3 février 1837 à Lille et mort le 27 juillet 1912 à Sceaux, Georges Arnold a traversé l'un des épisodes les plus tumultueux de l'histoire française. Architecte, communard, déporté, puis réhabilité : son parcours explique pourquoi deux places portent aujourd'hui son nom en France. Comprendre qui était cet homme, c'est saisir pourquoi on lui rend cet hommage.

Georges Arnold : un architecte embarqué dans la tourmente communarde

Tout commence à Lille. Grâce à une bourse du Conseil général du Nord, le jeune Arnold intègre l'École des Beaux-Arts de Lille pour y étudier l'architecture. Sa trajectoire académique n'est pas sans accrocs : il échoue au concours pour le immense prix d'architecture de Rome, puis essuie un nouvel échec en 1869 lors d'un concours pour la construction d'un édifice à Lille. Ces revers ne l'empêchent pas de trouver une place sérieuse dans l'administration : sous le Second Empire, il occupe le poste d'architecte et sous-inspecteur des travaux de la Ville de Paris.

Le tournant décisif arrive avec le siège de Paris par les troupes allemandes, entre septembre 1870 et mars 1871. Arnold rejoint la Garde nationale, où il sert comme sergent-major au sein du 64ème bataillon. Son positionnement politique se précise rapidement. Le 28 février 1871, il figure parmi les rédacteurs de l'Affiche noire, un document appelant les Parisiens à ne pas provoquer les soldats allemands devant défiler le 1er mars. L'objectif était clair : éviter un bain de sang inutile dans une ville déjà à bout.

Après la capitulation, Arnold monte encore d'un cran dans la hiérarchie insurgée. Nommé commandant du comité central, il est présent sur la butte Montmartre le 18 mars 1871, journée qui marque le déclenchement de la Commune. Aux élections complémentaires du 16 avril 1871, il est élu au Conseil de la Commune par le 18e arrondissement avec 5.402 voix. Fait notable : il n'entre jamais dans aucune commission ni comité, ce qui suggère un engagement de terrain plus que politique.

Le 18 mai, il demande que chaque membre de la Commune accompagne son bataillon de marche en quittant Paris, signe d'une loyauté militaire jusqu'au bout. La Semaine sanglante scelle son sort : condamné à la déportation en Nouvelle-Calédonie en 1872, ses tentatives d'évasion échouent. Il attendra l'amnistie de 1880 pour rentrer.

Un retour à Paris et deux places pour perpétuer la mémoire

L'amnistie de 1880 lui rouvre les portes de la capitale. Arnold réintègre son poste d'architecte à la Ville de Paris, preuve que ses compétences professionnelles n'avaient jamais été remises en cause, même par ses adversaires politiques. Dans la seconde moitié des années 1880, il s'engage dans les courants rochefortiste et boulangiste modéré, deux mouvements qui fédèrent alors une partie de l'ancienne gauche radicale.

Voici les grandes étapes de ce retour en quelques points :

  1. Amnistie accordée en 1880, retour immédiat à Paris.
  2. Réintégration dans ses fonctions d'architecte municipal.
  3. Engagement politique dans les milieux rochefortistes et boulangistes modérés.
  4. Décès à Sceaux le 27 juillet 1912, après une longue vie marquée par l'exil.

Aujourd'hui, deux places portent le nom de Georges Arnold : l'une à Saint-Denis, en Île-de-France, l'autre à Strasbourg. Ce dernier cas mérite une précision notable. À Strasbourg, la place rend hommage à Georges Daniel Arnold (1780-1829), un personnage distinct : doyen de la Faculté de Droit et conseiller auprès de la Préfecture du Bas-Rhin. Aucun lien familial ou direct n'est documenté entre les deux hommes.

Personnage Dates Fonction principale Lieu honoré
Georges Arnold 1837-1912 Architecte, membre de la Commune de Paris Saint-Denis (Île-de-France)
Georges Daniel Arnold 1780-1829 Doyen de la Faculté de Droit, conseiller Préfecture du Bas-Rhin Strasbourg

Pour moi, cette confusion entre les deux Arnold illustre parfaitement pourquoi les plaques commémoratives devraient systématiquement préciser les dates de vie. Deux hommes, deux trajectoires radicalement différentes, mais un même patronyme qui brouille les pistes.

Localiser la place Georges Arnold : ce qu'il faut savoir avant de s'y rendre

La place Georges Arnold de Saint-Denis, en Île-de-France, se situe dans une commune déjà chargée d'histoire. Saint-Denis abrite la basilique royale, la nécropole des rois de France, et un patrimoine urbain dense. La place dédiée à Arnold s'inscrit dans ce tissu mémoriel local, où l'hommage aux figures de la Commune reste vivace.

Avant de vous y rendre, quelques réflexes pratiques s'imposent. Consultez une carte satellite ou interactive pour repérer les accès, les transports en commun et les lieux notables à proximité. Saint-Denis dispose d'une bonne desserte par le RER D et le métro ligne 13, ce qui facilite la visite depuis Paris, distante d'une dizaine de kilomètres.

La place elle-même n'est pas un monument spectaculaire. Franchement, son intérêt principal est symbolique : elle matérialise la reconnaissance tardive d'un homme qui a servi Paris avant d'en être chassé. Pour un passionné d'histoire de la Commune ou d'architecture du XIXe siècle, ce type de lieu offre un ancrage concret, loin des musées. Marcher sur une place qui porte le nom d'un ancien déporté, c'est toucher l'histoire autrement qu'à travers un livre.

Si vous visitez le quartier, notez que Saint-Denis concentre plusieurs lieux liés à la mémoire ouvrière et républicaine de la fin du XIXe siècle. La visite peut facilement s'articuler autour de ces différents points d'intérêt pour une journée cohérente et instructive.

L'auteur

H

Harry

Rédaction de Le JSD.

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