Samedi 13 juin 2026

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Parents vigilants : alerte sur les agissements

H
Par Harry
5 min de lecture
Parents vigilants : alerte sur les agissements

Le 4 novembre, le Sénat accueillait un colloque organisé par l'association Parents Vigilants, à l'invitation du sénateur Stéphane Ravier. Une réunion qui a fait beaucoup parler, et pour cause : cette association, créée par le parti Reconquête, concentre depuis plusieurs mois une attention médiatique intense, entre témoignages chocs et méthodes controversées. Comprendre ce qui se passe réellement dans nos établissements scolaires, c'est précisément l'objet de cet article.

Témoignages affolants : ce que les parents vigilants ont rapporté

Les récits recueillis par l'association sont variés, précis, et souvent difficiles à ignorer. Un élève en quatrième a reçu 4 heures de colle pour avoir dit « elle » en parlant d'un garçon aux cheveux longs. Une élève a été sanctionnée d'une heure de retenue pour avoir porté une croix. Au lycée agricole du sud, un élève en terminale a écopé de 4 heures de colle pour s'être absenté d'une intervention de SOS Méditerranée, avec menace d'exclusion définitive en cas de récidive.

Ces sanctions interrogent. Pas parce qu'on ne peut pas avoir de règles scolaires, mais parce que leur application semble ici profondément asymétrique. Dans la même période, une élève musulmane quittant un cours d'histoire de l'art pour refuser d'écouter le Kyrie de la messe de Machaut, qu'elle qualifiait de « musique des croisés français », n'aurait suscité aucune réaction du proviseur ni des collègues.

À l'école Jules-Ferry de Margny-lès-Compiègne, une infirmière du département a soumis une enfant de 4 ans à un test de « conscience de soi » en lui demandant si elle était une petite fille ou un petit garçon. Un parent raconte qu'après une intervention similaire dans une autre école, son enfant a refusé d'aller à l'école et s'est uriné dessus. Ce ne sont pas des anecdotes isolées : c'est un tableau d'ensemble que les parents attentifs documentent systématiquement.

Voici quelques exemples de devoirs et situations signalés lors du colloque :

  • Au collège de Taninges : devoir d'anglais demandant de raconter l'arrivée en France d'un parent immigré.
  • Au lycée Montesquieu du Mans : sujet de physique calculant l'énergie d'une boule de pétanque lancée sur un policier.
  • Au collège Lakanal de Sceaux : devoir de français demandant trois arguments en faveur de l'euthanasie.
  • À l'établissement catholique privé Saint-Joseph de Roquebrune-Cap-Martin : devoir d'histoire-géo demandant de s'imaginer en Africain capturé par des Européens.
  • Au lycée Henri-IV : cours sur « les femmes et le genre depuis le XVIIIe siècle » en classe préparatoire littéraire, avec question posée aux élèves sur leur éventuel souhait de changer de genre.

Entrisme idéologique dans les établissements : jusqu'où ça va ?

Parents Vigilants ne se contente pas de dénoncer. L'association a clairement exprimé son intention d'infiltrer les conseils d'école et les conseils d'administration de collèges et lycées pour peser sur les projets pédagogiques. Une stratégie qui pose une vraie question : jusqu'où une association peut-elle légitimement intervenir dans la gouvernance scolaire ?

Ce qui est documenté côté établissements est tout aussi frappant. Au lycée Jules-Vernes de Limours, des fascicules ont été distribués par des associations, et un conseiller d'orientation sexuelle aurait refusé d'accueillir les élèves hétérosexuels. À l'université de Bretagne occidentale, des « cafés capote » offraient des préservatifs avec l'achat d'un café, et un défilé d'associations LGBT+ était organisé lors de la journée de présentation générale. À l'école primaire d'Alénya, un « banc arc-en-ciel » a été installé.

Exemples de situations signalées dans les établissements
Établissement Situation signalée
Collège Jean-Rostand, Orléans Signalétique en français, arabe, turc et portugais
École Bourran, Mérignac Enseignement de l'arabe ou du turc dès le CE1
Catho de Lille Introduction aux études de genre
Université de Saint-Brieuc Partiel sur « Engendrements et maternités transgenres »
Lycée Jean-de-la-Fontaine, Paris 16e Harcèlement d'une élève adoptée au Viêt Nam de 2009 à 2013

À Saint-Étienne, plusieurs situations cumulées inquiètent : disparition du Père Noël et de la fête des Mères dans des écoles maternelles publiques, obligation d'acheter des hot-dogs halal lors de fêtes de fin d'année, et dans une classe de 27 élèves, environ 4 enfants décrits comme « petits Blancs » subissant insultes et brimades, tandis que les enseignants leur demandaient de comprendre que leurs harceleurs avaient « moins de chance ». C'est, franchement, insupportable à lire.

Comment réagir quand on est un parent soucieux de l'éducation de ses enfants

Face à ces témoignages, la première chose à faire est de ne pas rester seul. Documenter, conserver les devoirs, les copies, les communications écrites de l'établissement : c'est la base. Reconnaître les signes d'une relation déséquilibrée avec l'école est aussi vital pour distinguer vigilance légitime et réaction disproportionnée.

Les façons de dénonciation publique utilisées par certains membres de l'association, comme la publication de noms et d'adresses d'enseignants sur les réseaux sociaux, ont conduit à des situations graves. Certains professeurs ont dû bénéficier d'une protection policière. Quel que soit le fond du problème, cibler des individus de cette façon est illégal et moralement indéfendable.

Un parent réellement vigilant utilise les canaux institutionnels : conseil d'école, conseil d'administration, inspection académique, médiateur de l'Éducation nationale. Ces instances existent précisément pour traiter les désaccords pédagogiques. Investir ces espaces de façon transparente et argumentée, c'est infiniment plus efficace que toute campagne en ligne, et ça ne met personne en danger.

L'auteur

H

Harry

Rédaction de Le JSD.

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