Kilométrage tour du monde : distances et itinéraires
40 075 kilomètres : c'est la circonférence de la Terre à l'équateur, et la référence absolue dont tout voyageur rêvant d'un tour du monde part pour planifier son aventure. Pourtant, cette valeur théorique ne reflète pas ce qu'on parcourt réellement. Selon le mode de transport, les escales choisies et l'itinéraire retenu, la distance réelle d'une circumnavigation oscille entre 40 000 et 60 000 kilomètres. Cet article détaille ces fourchettes par moyen de locomotion, passe en revue les itinéraires populaires et donne des repères concrets pour organiser votre propre tour du globe.
La circonférence de la Terre : la base de calcul pour estimer le kilométrage d'un tour du monde
La Terre n'est pas une sphère parfaite. C'est un géoïde légèrement aplati aux pôles, avec un rayon moyen de 6 371 kilomètres. La formule de base pour calculer sa circonférence est simple : 2 × π × rayon, soit environ 40 075 km à l'équateur. En passant par les pôles, cette valeur tombe à 40 008 kilomètres, soit 67 kilomètres de moins.
Ces 40 075 km constituent une référence théorique, pas une distance de voyage. Pourquoi ? Parce que 71 % de la surface terrestre est recouverte par les océans, rendant impossible tout trajet strictement continu. Franchir l'Atlantique ou le Pacifique oblige à emprunter un navire, un avion ou un ferry, avec des trajectoires qui dévient souvent de la ligne droite idéale.
La latitude influe directement sur la longueur du trajet : plus on s'éloigne de l'équateur vers les pôles, plus la circonférence locale se réduit. Un vol polaire Paris-Tokyo parcourt moins de kilomètres qu'un trajet équatorial équivalent. Pour un voyageur, la distance réelle se situe généralement entre 40 000 et 60 000 kilomètres, selon les choix effectués.
Kilométrage d'un tour du monde selon le mode de transport
Le mode de transport est le premier facteur qui détermine combien de kilomètres on parcourt réellement. Un tour du monde en avion, en bateau ou à pied ne couvre pas du tout les mêmes distances, et les écarts sont parfois spectaculaires.
En avion
Le trajet aérien reste le mode le plus rapide et le plus répandu. La distance d'un tour du monde en avion se situe généralement entre 40 000 et 50 000 kilomètres selon les escales. Voici un exemple concret au départ de Paris :
- Paris-Dubaï : 5 250 km
- Dubaï-Singapour : 5 850 km
- Singapour-Sydney : 6 300 km
- Sydney-Auckland : 2 150 km
- Auckland-Los Angeles : 10 500 km
- Los Angeles-Mexico : 2 500 km
- Mexico-Madrid : 9 000 km
- Madrid-Paris : 1 050 km
Ce trajet totalise environ 42 600 kilomètres, et peut facilement atteindre 45 000 à 48 000 km avec quelques détours régionaux. Les alliances aériennes plafonnent souvent la distance cumulée entre 29 000 et 39 000 miles, soit 46 700 à 62 700 kilomètres, ce qui donne un cadre pratique pour planifier.
En bateau
La navigation impose des couloirs maritimes et de nombreuses escales portuaires, ce qui allonge le kilométrage total. Un tour du monde en bateau couvre entre 50 000 et 55 000 kilomètres, voire davantage pour les croisières à escales multiples. Les traversées des océans Pacifique et Atlantique représentent à elles seules une part majeure du trajet.
À pied, en courant ou à vélo
Ces modes de déplacement impliquent des distances bien supérieures, en raison des contournements obligatoires : mers, chaînes de montagnes, zones interdites. À pied, le trajet peut atteindre 54 000 à 60 000 kilomètres. Un marcheur couvre 25 à 30 km par jour, soit 9 000 à 11 000 km annuels, ce qui implique au minimum cinq à six ans de marche.
Jamel Balhi, premier homme à faire le tour du monde en courant entre 1987 et 1990, a parcouru 27 000 kilomètres à travers vingt-six pays. Jean Béliveau, lui, a marché entre 2000 et 2011, soit onze ans d'effort continu. À vélo, la fourchette varie entre 30 000 et 55 000 km selon l'endurance et les imprévus.
En voiture ou à moto
Combiner traversées terrestres et segments maritimes via ferry donne un total généralement compris entre 35 000 et 50 000 kilomètres. Un itinéraire type : Lisbonne-Vladivostok via l'Europe de l'Est et la Sibérie (13 000 à 15 000 km), puis ferry vers l'Alaska et descente jusqu'à Ushuaia via la Panamericana (20 000 à 25 000 km), plus divers détours (3 000 à 7 000 km), soit 36 000 à 47 000 km de route hors liaisons maritimes.
Clärenore Stinnes, assistée par son futur mari Carl-Axel Söderström, fut la première femme et la première personne à boucler un tour du monde en automobile entre 1927 et 1929.
Les grandes étapes de l'histoire des tours du monde et leurs distances
La première circumnavigation connue reste celle du navire Victoria, lors de l'expédition Magellan-Elcano entre 1519 et 1522. Partis de Séville, les 270 membres d'équipage traversèrent l'Atlantique, franchirent le détroit de Magellan, traversèrent le Pacifique en découvrant des îles dont Guam, avant d'atteindre les Philippines. Ferdinand Magellan y fut tué à Mactan en 1521. Seuls 18 survivants rentrèrent, menés par l'Espagnol Juan Sebastián Elcano.
Francis Drake réalisa la deuxième circumnavigation complète entre novembre 1577 et septembre 1580 à bord du Golden Hind, parti de Plymouth. Il franchit la Terre de Feu, longea la Californie et devint le premier commandant à survivre à l'intégralité de son tour du monde.
Thomas Cavendish boucla le premier voyage délibérément planifié autour du globe entre 1586 et 1588, en seulement deux ans et 49 jours. Jeanne Barret, elle, fut la première femme à effectuer un tour du monde par voie maritime, lors de l'expédition de Louis-Antoine de Bougainville à bord de La Boudeuse et de l'Étoile entre 1766 et 1769.
Joshua Slocum réalisa le premier tour du monde en solitaire à la voile entre 1895 et 1898. En 1901, Gaston Stiegler boucla un tour du monde en seulement 63 jours, exploit remarquable pour l'époque. Ces voyages pionniers ont posé les jalons des distances de référence encore utilisées aujourd'hui.
Records et exploits autour du globe : des kilométrages hors du commun
Thomas Coville établit en 2016 le record du tour du monde à la voile en solitaire et en multicoque en 49 jours, 3 heures et 7 minutes, avec une vitesse moyenne de 24,08 nœuds. Il améliorait ainsi de plus de 3,5 nœuds le record de Francis Joyon datant de 2008, et divisait par trois le temps d'Alain Colas en 1973 (169 jours).
Robin Knox-Johnston remporta le Golden Globe Challenge en 1968-1969, première course autour du monde en solitaire et sans escale. Jean-Luc Van Den Heede, lui, a accompli six tours du monde en solitaire dont cinq sans escale. À 73 ans en 2018, il s'imposa dans la Golden Globe Race partie le 1er juillet des Sables-d'Olonne, avec près de 4 000 kilomètres d'avance sur le second.
Côté aviation, les exploits sont tout aussi saisissants :
- 1949 : le Lucky Lady II boucla 37 734 km en 94 heures, premier tour du monde aérien sans escale
- 1986 : Dick Rutan et Jeana Yeager à bord du Rutan Voyager : 9 jours, 0 heure, 3 minutes et 44 secondes sans escale ni ravitaillement
- 2005 : Steve Fossett, premier solitaire sans escale ni ravitaillement, en 67 heures, 2 minutes et 38 secondes
- 26 juillet 2016 : Solar Impulse 2 atterrit à Abou Dabi après 43 041 km à l'énergie solaire
En 1960, le sous-marin américain Triton effectua un tour du monde lors de l'opération Sandblast, circumnavigation subaquatique sans précédent.
Itinéraires populaires pour faire le tour du monde et leurs kilométrages
| Itinéraire | Distance approximative | Arrêts majeurs |
|---|---|---|
| Route ouest par l'hémisphère Sud | 40 000 à 45 000 km | 5 à 7 |
| Route par les grandes métropoles | 38 000 à 42 000 km | 4 à 6 |
| Vaste terrestre eurasien + Amériques | 35 000 à 50 000 km | Variable |
| Boucle backpacker optimisée | 42 000 à 48 000 km | 6 à 9 |
La route ouest par l'hémisphère Sud (Europe, Moyen-Orient, Asie du Sud-Est, Océanie, Pacifique, Amérique, retour Europe) couvre 40 000 à 45 000 km avec 5 à 7 arrêts majeurs. La route par les grandes métropoles, qui relie l'Europe à l'Asie du Nord-Est puis à l'Amérique du Nord, permet de rester entre 38 000 et 42 000 km en évitant les détours.
La boucle backpacker, passant par l'Inde, l'Asie du Sud-Est, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et éventuellement la Polynésie avant de rejoindre l'Amérique puis l'Europe, se situe entre 42 000 et 48 000 kilomètres. Un voyage documenté prévoyait précisément 26 766 km sur l'eau et 20 874 km sur la terre, pour un total de 47 640 km.
Combien de temps pour parcourir la distance d'un tour du monde ?
En France, les statistiques sont précises : un tour du monde dure en moyenne 11 mois, coûte 15 000 euros, s'effectue à 27 ans, traverse 13 pays et réclame 9 vols. Ces chiffres donnent une image du voyageur ordinaire, loin des exploits records.
Un tour du monde en avion compressé prend deux à trois mois avec de longs vols et peu d'arrêts. Un vrai voyage découverte nécessite six à douze mois minimum. En bateau, comptez entre 4 et 18 mois selon les escales et le rythme choisi.
Mike Horn réalisa Latitude Zéro du 2 juin 1999 au 27 octobre 2000, parcourant un peu plus de 40 000 km le long de l'équateur, sans jamais s'en éloigner de plus de 40 kilomètres. Un vrai défi de navigation et d'endurance.
Conseils pour planifier son itinéraire et calculer le kilométrage de son tour du monde
Commencez par les 40 075 km de référence, puis additionnez chaque segment de vol ou de trajet pour obtenir une estimation réaliste. Les outils de cartographie en ligne permettent de calculer précisément la distance entre chaque étape. Distinguez toujours la distance géographique (vol à vol) de ce que vous parcourez réellement au sol dans chaque pays.
Organisez votre itinéraire en respectant une logique géographique ouest-est ou est-ouest pour limiter les allers-retours coûteux en kilomètres. Chaque escale supplémentaire ajoute plusieurs centaines à plusieurs milliers de kilomètres, et augmente proportionnellement durée et coût. Pensez aussi aux contraintes pratiques :
- Vérifiez les visas requis pour chaque pays traversé
- Tenez compte des saisons et de la mousson en Asie du Sud-Est et en Inde
- Anticipez les segments en ferry entre continents
- Intégrez les détours régionaux dans votre calcul de distance total
Les alliances aériennes suggèrent des billets tour du monde avec un plafond entre 29 000 et 39 000 miles cumulés. Utiliser ce cadre pour structurer votre itinéraire évite les mauvaises surprises. Enfin, si vous envisagez de traverser l'Eurasie par la Sibérie ou d'approcher l'Himalaya depuis l'Inde, prévoyez des marges kilométriques généreuses : les détours imposés par la géographie réelle dépassent toujours les estimations initiales.
L'auteur
Rédaction de Le JSD.
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