Samedi 13 juin 2026

Actualité

Benalla Saint-Denis : candidature aux municipales

H
Par Harry
5 min de lecture
Benalla Saint-Denis : candidature aux municipales

Le nom Benalla et Saint-Denis résonne doublement dans l'actualité française : d'un côté, une candidature aux municipales avortée qui a agité les réseaux sociaux fin 2019 ; de l'autre, un projet artistique mené en 2021 à la Cité Floréal, résidence autonome pour séniors de cette ville de Seine-Saint-Denis. Deux histoires distinctes, deux traces laissées dans la même commune.

Alexandre Benalla et Saint-Denis : la candidature qui n'a pas eu lieu

Tout commence en octobre 2019. Alexandre Benalla, ancien chargé de mission à l'Élysée sous Emmanuel Macron et ancien garde du corps du président, publie sur Twitter un photomontage le montrant arborant l'écharpe tricolore de maire. Le commentaire est lapidaire : Mars 2020 not Le Gorafi. Le message est clair. La rumeur d'une candidature aux élections municipales de Saint-Denis enflamme aussitôt les médias.

Benalla justifie alors cette éventualité en invoquant son parcours personnel, qu'il présente comme susceptible de parler aux jeunes issus de milieux populaires. Il affirme répondre à des sollicitations et se dit familier des rues de Saint-Denis, de La Courneuve ou encore de Bagnolet. Il va jusqu'à modifier sa biographie Twitter avec cette formule : Être Dyonisien, ce n'est pas être né à Saint-Denis, c'est y renaître. Un positionnement travaillé, presque politique.

Mais en décembre 2019, il annonce au Journal du Dimanche qu'il renonce. Il préfère se mettre en retrait de la sphère publique, citant deux raisons principales : la naissance de son deuxième enfant et le développement de son entreprise. Sa société Comya Group, fondée au Maroc dans le secteur de l'intelligence économique et de la gestion des risques, devait prochainement s'installer en Europe, probablement en Suisse.

Date Événement
Octobre 2019 Publication du photomontage avec l'écharpe tricolore sur Twitter
13 novembre 2019 Incident dans un café de l'avenue de la République à Saint-Denis
Décembre 2019 Annonce officielle de renoncement à toute candidature

Insultes, menaces et mises en examen : le dossier judiciaire Benalla

Le 13 novembre 2019, vers 21 heures, Benalla se trouve dans un café de l'avenue de la République à Saint-Denis. Trois personnes le prennent à partie. La scène, filmée et diffusée sur les réseaux sociaux, le montre quitter les lieux sans répliquer physiquement. Sa réaction sur Twitter, elle, est moins mesurée : il qualifie ses agresseurs de gauchos mode punk à chiens. Il déclare en parallèle qu'il y a besoin de mettre de l'ordre dans cette ville, une phrase qui sonne comme un argument de campagne rétrospectif.

Houari Guermat, candidat UDI également présent ce soir-là dans le bar, a lui aussi été insulté, notamment par une femme. L'incident illustre le climat tendu qui entoure Benalla dès qu'il s'aventure dans l'espace public.

Car le personnage traîne un casier judiciaire en construction. Ses mises en examen sont multiples :

  • Immixtion dans l'exercice d'une fonction publique
  • Port et détention non autorisée d'armes de catégorie B
  • Violences volontaires en réunion

Ces charges découlent en grande partie de l'affaire du 1er mai 2018 : ce jour-là, lors des manifestations parisiennes, Benalla avait participé à l'interpellation musclée d'un couple de manifestants. Les images, rendues publiques par Le Monde, avaient provoqué son limogeage de l'Élysée et déclenché une crise politique majeure pour l'exécutif Macron. Franchement, l'idée de se présenter aux municipales avec un tel dossier judiciaire ouvert relevait déjà de la provocation politique.

"Promenons-nous" : quand la Cité Floréal devient terrain d'exploration artistique

L'autre trace laissée à Saint-Denis porte un tout autre caractère. En 2021, les artistes chorégraphiques Claire Buisson et Paulina Ruiz Carballido ont mené pendant 5 mois un parcours collaboratif à la Cité Floréal, résidence autonome pour séniors nichée à Saint-Denis.

Le projet, intitulé Promenons-nous, n'est pas un élémentaire spectacle imposé à des résidents passifs. C'est une co-construction. Ateliers sensoriels, recueil de récits personnels, promenades dans le quartier, danses improvisées, repas partagés, projections et temps d'échange ont rythmé ces cinq mois. Le parc de la Courneuve a servi d'espace d'exploration, au même titre que le jardin intérieur de la résidence.

Le projet touche au corps dans sa globalité : les articulations, les appuis, les sensations, mais aussi les mots, les sons, les goûts et les odeurs. Claire Buisson a réalisé les dessins, Paulina Ruiz Carballido les photographies. La partition du parcours, qualifiée elle-même d'hétérogène et flottante, s'adapte au rythme propre du lieu, des corps et des âges.

Plusieurs acteurs ont rendu ce projet possible. Côté humain : Fadia Benalla, directrice de la Cité Floréal, Chloé Fladenmuller, chargée de développement à la FSGT 93, et Juliette Dubin, chargée de projets culture, art et territoire. Le Collectif V.I.D.D.A. a également participé. Côté financement : la FSGT 93 Parcours Autonomie Culture et Sport et le Conseil Départemental de Seine-Saint-Denis ont apporté leur soutien.

Ce type de démarche artistique auprès des séniors mérite d'être suivi de près. Des projets similaires montrent que l'engagement corporel régulier chez les personnes âgées contribue à diminuer l'isolement social de façon mesurable. Si vous cherchez à monter un projet culturel en établissement, le modèle Promenons-nous offre une méthode concrète et adaptable : partir du corps, du récit personnel et du territoire immédiat pour créer du lien réel.

L'auteur

H

Harry

Rédaction de Le JSD.

Partager cet article