Portrait

Fatoumata Tandiang
/ La passe-muraille

La tête et les jambes. À 19 ans, elle demeure un espoir du rugby féminin, même si elle a décidé de prioriser ses études de médecine pour deux saisons. Surnommée «Super Fatou», sa rapidité et sa bonne humeur en font un atout certain sur le terrain.
Fatoumata Tandiang / © Yann Mambert
Fatoumata Tandiang / © Yann Mambert

Fatoumata Tandiang a découvert le rugby par hasard, en classe de 6e. Son prof d’EPS la repère tout de suite : « Il m’avait dit : “toi tu vas venir à l’AS !" Il me trouvait rapide et puissante. » Elle commence alors à faire du rugby avec l’association sportive du collège Iqbal-Masih, en cachette pendant les trois premiers mois. « Ma mère ne voulait pas me signer l’autorisation parentale, elle trouvait que c’était un sport trop violent pour sa fille… », se souvient-elle.
Si elle a testé l’athlétisme et le basket au collège, « le rugby restait le sport qui me correspondait le mieux. Il faut être déterminée, c’est un sport qui secoue, on ne peut pas aller à l’entraînement en se disant qu’on y va à 50%. On doit être tout le temps à 100%, pour soi mais aussi pour les autres filles de l’équipe. Le collectif fait toute la beauté de ce sport ». La rugbywoman évoque aussi en souriant « la 3e mi-temps. Après les matches, on chante, on danse… Moi je rigole surtout ! »

« Super Fatou » au club

En classe de 1re  S au lycée Paul-Éluard, Fatoumata commence à évoluer dans le club AC Bobigny 93, dans la catégorie cadettes. « Il n’y avait pas d’équipe cadettes sérieuses à Saint-Denis, et les entraînements se faisaient à Pantin, pas trop loin de chez moi », précise la joueuse, qui habite le quartier de la Plaine. Dès le premier entraînement, elle est surnommée « Super Fatou » par les autres joueuses, pour sa rapidité digne d’une super woman.

Un atout qui lui permet de cacher son point faible : les passes. « J’ai toujours manqué de confiance en moi et cela se voyait sur le terrain. Je préfère me rapprocher plutôt que de risquer de louper une passe lointaine. La coach Aurélie Zègre a été extraordinaire avec moi à cette période-là », confie la jeune femme, qui joue en 3e ligne.

Après cette année où elle découvre un peu plus le milieu de la compétition, on lui propose d’intégrer la filière sports-études à Brétigny, toujours dans la catégorie cadettes. « Mes parents étaient réticents au début, car c’était la terminale, donc important pour le bac, raconte-t-elle. Tous les jours, nous avions des entraînements (cardio, technique, jeu…). C’était intensif, mais la vie en internat a permis de créer des liens forts, ce qui se retrouve ensuite dans le jeu de l’équipe. » Cette année-là, elle gagne le titre de championne de France aux tournois inter-secteurs à 15 et à 7.
 

Une autre ambition : devenir médecin

À la rentrée universitaire 2017-2018, Fatoumata Tandiang décide cependant de prendre un peu de distance avec le rugby, pour privilégier sa réussite en PACES (Première année commune aux études de santé).
« Mon coach voulait que j’aille en Top 14, mais c’était beaucoup trop de pression et d’investissement. Je me suis donc inscrite en Fédérale, toujours à Bobigny. J’avais prévu de venir seulement aux entraînements, mais j’ai finalement dépanné sur plusieurs matches ».

Devenir médecin, c’est un rêve de petite fille. « J’ai côtoyé les hôpitaux pendant plusieurs années, car mon petit frère avait une maladie cardiaque. J’ai de bons souvenirs de l’équipe médicale. Médecin, c’est un beau métier, on soigne, on peut sauver des vies, on se sent utile. » Les cours de PACES, à l’université Paris 13 à Bobigny, s’avèrent plus difficiles que prévu. « J’ai toujours eu des facilités à l’école, j’écoutais beaucoup en classe et j’apprenais souvent mes cours au dernier moment. Je révisais très peu chez moi. Le changement a été brutal ! », admet-elle.

Pas découragée par son classement, très bas en 2018, Fatoumata retente la PACES à cette rentrée. Elle espère pouvoir devenir médecin spécialisé dans le sport, ou sinon se réorienter pour devenir kiné. Elle garde cependant toujours en tête ses espoirs sportifs : « J’aimerais faire partie un jour de l’équipe de France, faire au moins une sélection ! »

 

Delphine Dauvergne

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