Portrait

Matthieu Liénart
/ Cinéaste en apesanteur

Cinéaste. Il est sorti diplômé de l’École de la Cité du cinéma de Luc Besson et voit déjà l’un de ses films sélectionné pour plusieurs festivals de court-métrage.

C’est à deux heures de train de sa Normandie natale qu’il vit désormais sa passion pour le septième art.
Matthieu Liénart a débarqué à Saint-Denis il y a près de deux ans pour intégrer l’École de la Cité du cinéma située à Pleyel et fondée par Luc Besson. École dont il est sorti diplômé, des rêves plein la caboche… Elles sont loin les premières séquences tournées dans le jardin de la maison familiale, près de Honfleur. Car à 10 ans, Matthieu développe déjà le goût pour l’image et la comédie. À peine entré dans l’adolescence qu’il commence à monter ses films sur des logiciels, en parfait autodidacte à l’instar des bedroom producers, ces musiciens amateurs tapis dans leur chambre veillant jusqu’à tard la nuit à perfectionner leurs chansons.

Ses références cinématographiques sont aussi de grands classiques et Matthieu l’assume totalement. Des Star Wars à E.T. en passant par la saga Retour vers le futur mais aussi par des productions françaises comme les comédies de Cédric Klapisch ou L’écume des jours, adaptation signée Michel Gondry du livre éponyme écrit par Boris Vian.

Voilà, en quelques plans, la carte d’identité artistique de Matthieu Liénart. Une carte d’identité tout en relief : en effet, lors d’une première année passée en Allemagne dans le cadre du programme Erasmus, il est très vite fasciné pour la VR (la réalité virtuelle) alors en plein développement. C’est là qu’il décide d’abandonner son master en communication pour se dédier à l’audiovisuel. C’est donc Outre-Rhin qu’il se consacre à cette nouvelle technologie qui en est à ses balbutiements. « J’ai réalisé un premier film en VR qui a plutôt bien marché car on était au tout début. Ça s’appelle The Hourglass, c’est une histoire de voyage dans le temps, se souvient Matthieu Liénart. Je me rappelle surtout avoir monté mes propres plateformes pour assembler les douze caméras. C’était très précis comme travail mais une vraie galère. J’ai perdu 7 kilos ! »

 

 L'école comme expérimentation

Grâce à ce premier film, le réalisateur en herbe parvient à tourner en festival comme l’Interfilm Berlin et même le marché du film à Cannes… Si ce galop d’essai lui permet de mettre un pied à l’étrier, il prend conscience des limites que lui impose la réalité virtuelle. « Si, avec la VR, le mouvement de traveling est encore plus puissant qu’au cinéma, un plan panoramique ça peut faire vomir. Ce qui m’intéressait dans la réalité virtuelle, c’était de développer le mouvement. »
Cette expérience du 360° le conforte dans son envie de devenir, un jour, « réal ». C’est en 2016 que tout s’accélère avec son arrivée à l’École de cinéma de Luc Besson à Pleyel. Il y intègre la promotion Patrice Leconte aux côtés de soixante étudiants. Au fur et à mesure des modules, des tournages quasi quotidiens, et des cours théoriques, il se lie d’amitié avec certains camarades. C’est ainsi qu’il s’embarque dans la réalisation de L’Albatros et Attack of the living trash (une parodie de films de zombies, remplacés ici par des déchets) avec son comparse scénariste Jean Pebereau, dans le cadre de ses travaux de fins d’année.

Aussi, l’école est expérimentation. Les élèves de la promotion 2016-2018 se voient proposer la réalisation d’un clip. Matthieu Liénart se jette à l’eau. Littéralement. Avec la scénariste Amélie Delamotte, il réalise le clip du titre Gymnopédie 4 du groupe Keys Zuna dans lequel la comédienne Audrey Giacomini excelle en amoureuse tourmentée. Mais encore une fois, il a fallu ruser, se décarcasser, se confronter aux aléas des tournages.
« Nous avons filmé dans une piscine chez un particulier. Mais l’eau était à 23 degrés. On a dû raccourcir la durée du tournage, se relayer sous l’eau avec la chef opératrice Mathilde Gaillard… Les actrices avaient les yeux qui piquaient à force d’être sous l’eau. On leur a maquillé les paupières », révèle Matthieu fier de son astuce et du rendu.

La vidéo – récompensée par le prix du meilleur clip Court toujours – confirme l’identité artistique et visuelle de Matthieu Liénart, onirique, surréaliste, poétique, en apesanteur. Il repartira bientôt en Allemagne pour faire vivre L’Albatros, sa comédie surréaliste, aux accents gondryens, sélectionnée dans une dizaine de festivals de court-métrage. Pas le temps de buller.

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