Portrait

Cécile Dumoutier
/ Actrice de sa vie

Auteure. Pour le 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, la comédienne présentera à la Ligne 13 sa pièce Road Movie en HLM, l’histoire d’une maman solo inspirée de son propre parcours.

« J’ai toujours eu envie d’aller vivre à la mer, avec les cigales pas loin, et regarder les étoiles autrement qu’ici. »C’est donc sans trop d’hésitation qu’en 2005 Cécile Dumoutier a quitté « [s]on Saint-Denis » pour rejoindre l’amour de ses 24 ans et s’installer avec lui dans le Luberon. « En 2010, je suis remontée avec mon petit garçon de 2 ans. » Un peu dépitée et déboussolée, « j’étais séparée, sans boulot et sans réelle perspective ». Si ce n’est l’envie de renouer avec le théâtre, sa passion depuis l’enfance.

« Un soir, après avoir couché le petit, j’ai allumé ma webcam et j’ai commencé à raconter. » La douleur de la séparation, les galères du quotidien quand on est au RSA, les doutes sur l’avenir, l’envie de se reconstruire. Soir après soir, année après année, Cécile filme ce face-à-face avec elle-même sans trop savoir où elle allait. En 2015, soit onze heures de rush plus tard, elle rembobine et redécouvre l’histoire de cette mère célibataire partie à la conquête de ses désirs et de sa liberté. « Je réalise que je tiens le début de quelque chose. »

À partir de cette trame de vie, elle écrit sa première pièce, Road Movie en HLM, qu’elle interprètera sur la scène de la Ligne 13 ce jeudi 8 mars dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes. « On joue à 10 h », à un horaire qu’elle sait aussi atypique que des plus compatibles avec l’emploi du temps des mamans solos, qu’elle espère voir nombreuses dans la salle. « Dans les prochaines semaines, je vais animer un atelier d’expression à Saint-Denis, pour voir où elles en sont de leurs rêves et travailler autour de ce que j’appelle “le fil de soi”. » Savoir où sont les petits plaisirs de la vie et connaître ses passions, pour Cécile Dumoutier, c’est important : « Même au fond du trou, c’est une petite étincelle qui est toujours là. »

Elle, c’est au club de théâtre du collège Fabien, qu’elle a fait ses premiers pas de comédienne. « J’ai fait toute ma scolarité à Saint-Denis. » Une enfant d’ici, dont le grand-père n’était autre qu’Auguste Gillot, illustre maire de la ville après guerre. « Je viens plutôt d’une famille de politiques, mais j’ai aussi une grand-mère chanteuse et une autre qui a assisté le docteur Lamaze à Delafontaine dans le cadre des accouchements sans-douleur. Ça fait une palette sympa ! » Mais Cécile a développé son propre éventail. Au service culture de la Ville, avec qui elle collabore régulièrement,« on me surnomme le “couteau-suisse” ». Tantôt assistante de production à la Fête des tulipes, tantôt en renfort au conservatoire, elle termine actuellement un remplacement à l’école d’arts plastiques Courbet. Et multiplie en parallèle les projets artistiques contre les discriminations, travaille à l’écriture de sa prochaine pièce, et trouve toujours du temps pour le tennis et la course à pied. « J’ai couru 394 km l’année dernière et j’en suis fière ! »

Après le bac, Cécile s’est cherchée. Étudie l’Allemand, bifurque vers les Lettres modernes. « Et puis sans le dire à personne, j’ai passé une audition au Studio d’Asnières. J’étais sûre de ne pas être prise, il n’y avait que six places pour une centaine de candidates. » Surprise, elle est admise et découvre avec bonheur la vie de troupe. « Mais il y avait toujours cette grosse barrière entre moi et le théâtre, je ne m’autorisais pas à y avoir une place. » Une période aujourd’hui révolue. « J’ai pris conscience que je pouvais faire ce métier, que je n’étais pas là par hasard. Je me suis battue pour. » Prochaine étape, et non des moindres, le Festival d’Avignon. La Compagnie MaedesRosiers qu’elle a créée a été sélectionnée. Road Movie en HLM sera présenté à Artéphile, un théâtre avignonnais fortement engagé. « Je ne pouvais pas rêver mieux. Ne reste plus qu’à boucler le budget. On a lancé une campagne de financement participatif, j’espère que ça va marcher ! »


Pour soutenir Road movie en HLM au Festiva d'Avignon : https://www.helloasso.com/associations/maedesrosiers/collectes/une-diony...

Réactions

Réagissez à l'article

(ex. : votre.nom@fournisseur-internet.com) Cette adresse ne sera pas publiée sur le site.
Merci de prendre connaissance de la charte des commentaires ci-dessous.

Principes de modération

Les commentaires postés sur lejsd.com sont modérés avant publication par l’équipe éditoriale.
Les commentaires sont ouverts les quatre semaines suivant la mise en ligne des contenus.
Les messages sont publiés dans leur intégralité ou supprimés s’ils sont jugés non conformes à la charte.
L’internaute est responsable des commentaires qu’il poste. L’équipe du JSD se réserve le droit de retirer tout commentaire si elle l’estime nécessaire pour la bonne tenue des échanges.
La modération dans l’immédiat a lieu du lundi au vendredi, en horaires de jour.
Lorsqu’un internaute poste plusieurs fois le même commentaire, l’équipe du JSD n’en publie qu’une version.

Pseudonymes

Il n'est pas autorisé de choisir comme pseudonyme le nom d'une autre personne physique ou morale (entreprise, institution, etc.) ou d'utiliser un nom similaire à celui d'un autre internaute dans le but de créer une confusion.
Les noms contenant des allusions racistes, sexistes ou xénophobes sont proscrits.
Si un internaute utilise plusieurs pseudonymes pour commenter, le JSD se réserve le droit de supprimer ces comptes, sans préavis.

Contenus illicites et prohibés

Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Le JSD supprimera tout commentaire contrevenant à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, répété plusieurs fois ou grossier.
Sont notamment illicites les propos racistes, antisémites, sexistes, homophobes, discriminatoires, diffamatoires ou injurieux, incitant à la violence (y compris les appels à la restauration de la peine de mort) ou à la haine raciale, niant les crimes contre l’humanité et les génocides reconnus, faisant l’apologie des crimes de guerre et du terrorisme ; justifiant des actes violents et des attentats.
Sont également proscrits : les propos de nature pornographiques, pédophile ou délibérément choquants ; les atteintes à la présomption d’innocence, l’usurpation d’identité, l’incitation à la commission de crimes ou de délits, l’appel au meurtre et l’incitation au suicide et la promotion d’une organisation reconnue comme sectaire…
Il est également interdit de divulguer des informations sur la vie privée d'une personne, de reproduire des échanges privés et d’utiliser des œuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).
Actuellement la publicité est interdite sur lejsd.com Les liens promotionnels sont proscrits mais la publication d’un lien vers un site commercial en lien direct avec le sujet dont il est question dans le programme ou le fil de commentaires peut être tolérée, si elle apporte un complément d’information utile à l’internaute.
Le JSD se réserve le droit de supprimer tout commentaire contenant des propos agressifs visant des personnes, notamment les autres commentateurs.
La suppression d’un commentaire entraîne celle des réponses qui lui ont été faites.
Pour contester une modération, merci d’écrire à info@lejsd.com.

CAPTCHA
Cette question nous permet de vérifier que vous n'êtes pas un robot spammeur
Image CAPTCHA
Saisir les caractères affichés dans l'image.