Sports

Sao Lim / Le style Shaolin à Saint-Denis

Dans l’ombre de ses cousins japonais judo ou karaté, la section de Sao Lim du Saint-Denis US pionnière de la discipline en France, fait vivre depuis 1983 cet art martial chinois originaire des monastères Shaolin.
L’entraînement du Sdus Sao Lim a lieu au stade annexe du Stade de France, au stade Mandela ou, comme ici, au stade Auguste-Delaune
L’entraînement du Sdus Sao Lim a lieu au stade annexe du Stade de France, au stade Mandela ou, comme ici, au stade Auguste-Delaune


« L’important est de se construire à l’intérieur, non pas de détruire l’autre. » Au moment d’en évoquer les principes, Brahim Djaouzi, président et instructeur de la section Sao Lim du Sdus, met l’accent sur la portée spirituelle de sa discipline. Alors que de nouveaux sports de combat orientés « self-défense » connaissent un large succès, ce dérivé du kung-fu demeure fidèle à un héritage traditionnel, où le corps est guidé par l’esprit.« Saolim » n’est autre que la prononciation en dialecte chinois du nom « Shaolin », désignant un monastère bouddhiste édifié au Ve siècle dans la province du Henan. 

Selon la légende, le kung-fu y aurait été enseigné par un moine bouddhiste à ses pairs afin qu’ils protègent le temple. Si les styles issus de l’école Shaolin sont aussi nombreux que variés, la prononciation particulière du terme se rapporte à des systèmes de combats propres aux provinces méridionales de Chine et répandus par la diaspora. Sur l’île de Penang en Malaisie subsistent aujourd’hui de nombreuses écoles pratiquant des formes diverses de Sao Lim. L’une d’entre elles, dirigée par le Maître Pong jusqu’en 2010, fut fondée par le moine Sik Koe Chum, qui y développa le style « Hood Khar Paï », dont l’enseignement s’est aujourd’hui popularisé à travers le monde, sans oublier de passer par Saint-Denis. La section de Sao Lim fut fondée à Saint-Denis en 1983 par René Bonneau, premier Occidental à avoir été accepté à l’école du style Shaolin, à la suite d’un séjour à Penang auprès de Maître Pong dix ans plus tôt.


Une main de fer dans un gant de velours

Ce style essentiellement basé sur des techniques de frappes, se caractérise par des postures basses et amples, un emploi important des membres supérieurs, des mouvements offensifs simples et directs et une grande importance accordée au développement de la puissance. Si l’usage d’armes traditionnelles des arts martiaux chinois (épée, bâton, lance…) est réservé aux disciples les plus avancés, le renforcement des armes anatomiques (tibias, mains et avant-bras) s’avère primordial pour tout pratiquant. 

« Le Sao Lim est un style de kung-fu plutôt défensif qui passe par le “Qi gong”, c’est-à-dire le renforcement du corps par l’intérieur. Il s’agit d’un profond travail de méditation, par le souffle et la concentration sur soi-même », explique Brahim Djaouzi, qui a lui-même suivi l’enseignement du Maître Pong au cours de plusieurs séjours en Malaisie. Cette technique, aussi appelée « chemise de fer », vise à renforcer le potentiel énergétique du corps. « On cherche à forger l’esprit pour combattre toute tentative d’agression du corps. C’est un travail propre au kung-fu Shaolin. »

Une fois renforcé par le Qi gong, le corps est prêt pour l’enchaînement des taos, séries de mouvements traditionnels à l’instar des katas propres aux arts martiaux japonais. « Le travail de la condition physique est essentiel pour avancer dans l’exécution de taos. C’est pourquoi chaque début de séance commence par une petite course à pied, des étirements, du renforcement musculaire », poursuit le responsable de la section.

Ce samedi de mars, dans une salle du parc des sports Auguste-Delaune, un petit groupe travaille sur le tatami la technique dite de « la main collante » : « un exercice de poussée, proche de la lutte, où l’on joue sur le centre de gravité de l’adversaire pour apprendre à se défaire de n’importe quelle saisie ». De façon similaire la « main de fer » consiste à l’endurcir afin de parer une attaque de l’adversaire tout en lui renvoyant la puissance de son coup. Alors que certains révisent leurs taos et d’autres s’exercent sur un sac de frappe, un petit cri de douleur prolongé d’éclats de rire rompt le calme de fin de séance : une adhérente vient d’asséner un coup de pied à son instructeur. Celui-ci a paré d’un mouvement sec au niveau du tibia.

Corentin Rocher


Un entraînement quotidien

Du renforcement intérieur à l’enchaînement des taos, en passant par le travail physique, la pratique du Sao Lim implique une grande variété d’exercices. Pour l’appréhender dans son ensemble, les cours sont étalés sur toute la semaine. 

Chaque séance est consacrée à un entraînement spécifique : travail de saisie et de contrôle de l’adversaire le lundi, combat libre le mercredi, travail des taos (à mains nues ou avec armes) le vendredi et approfondissement de toutes ces techniques le samedi, en groupe restreint. 

Les séances se déroulent au stade Auguste-Delaune, au stade annexe du Stade de France et depuis la rentrée au stade Mandela où de nouveaux créneaux ont été ouverts (mardi et jeudi). Pour les animer, Brahim Djaouzi est secondé par ses élèves-instructeurs : Nathaniel, Nicolas, Gilles, Sylvain et Dragan ainsi que Maître Antar Méziani, du club Sao Lim de Montmorency.

C.R.

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