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Le Moyen Âge de Plaine communeExposition aux Archives nationales. Avec des parchemins uniques aux cartes postales en passant par des croquis et des plans, l’histoire du territoire jusqu'aux temps présents est à découvrir jusqu’au 20 décembre.


«Voici un document portant le sceau du roi Charles le Chauve (petit-fils de Charlemagne) datant de 862, qui précise la part des revenus de l’exploitation des vignes réservée aux moines. Sur les terres de Pierrefitte, Villetaneuse, Saint-Ouen, Épinay s’étendaient alors de très importants vignobles, qui pour la plupart appartenaient à l’abbaye de Saint-Denis», explique Jean-Pierre Brunterc'h, conservateur du patrimoine, chef du département du Moyen Âge et de l'Ancien régime aux Archives nationales. Avec les conservatrices Marie Chouleur et Alice Marsal, il a conçu la passionnante exposition qui se tient sur le site des Tartres (1).


Associant des documents anciens et des témoignages plus récents, notamment des photographies, le thème de l’exposition Les territoires de Plaine commune depuis le Moyen Âge parait ambitieux. En vérité, il est l’occasion de montrer, comme l’explique d’ailleurs Marie Chouleur, «toutes les évolutions de ce nord parisien, très tôt voué aux activités industrielles et en même temps lieu de villégiatures pour les nobles de la capitale. La ligne de chemin de fer de Creil (désormais ligne D du RER) conduisait d’ailleurs ces fortunés à leurs demeures champêtres.


Au chapitre des industries par exemple, un rouleau de parchemin datant de 1383 recense les griefs des teinturiers de Saint-Denis qui se plaignent des concurrents déloyaux qui n’utilisent pas les teintures obligatoires comme le rouge garance ou le jaune gaude (réséda) mais d’autres substances de moindre qualité mais moins onéreuses. Un peu plus loin, un document de 1787 indique que les buanderies de la Briche proposent leurs services pour laver le linge à des maisons de villégiature, annonce des ristournes pour les communautés religieuses et précise qu’il ne traite pas avec les maisons de soins et de santé (pour éviter toute contagion).


«Dans des documents comme les Cahiers de doléances (1789), il est souvent dénoncé que tout est organisé au profit de la capitale au détriment des habitants des autres territoires qui disent craindre souvent d’être absorbés et de perdre leur identité», souligne Jean-Pierre Brunterc'h. Des préoccupations qui se télescopent avec celles de ce XXIe siècle et la Métropole de Paris. Une intéressante concordance des temps…

Gérald Rossi


(1) Rue Guynemer, métro Saint-Denis Université (en face de Paris 8), du lundi au vendredi, de 9h à 16h45, fermé certains samedis. Entrée libre et gratuite. Visites guidées (groupes uniquement), renseignements et réservations : 01 75 47 21 29. http://www.archivesnationales.culture.gouv.fr


(2) Pour les scolaires (de l’école à l’université) plusieurs ateliers sont proposés par le service éducatif : «calligraphie au temps de Saint-Louis; les mutations de la banlieue à l’heure industrielle; cartographier le territoire». Contact: 01 75 47 20 06.


Publié le 21-Oct-2013 10:03 | Actualisé le 21-Oct-2013 10:41 | Lien vers cet article | Imprimer l'article | Envoyer cet article à un ami | 0 réaction(s) |

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