Fermeture de PSA Aulnay : « une catastrophe industrielle, humaine et sociale, pour la Seine-Saint-Denis » (actualisé)Les 3000 emplois de l’usine seraient supprimés dès 2014. Plusieurs centaines de familles dionysiennes sont directement concernées. Le maire Didier Paillard dénonce "la violence" de la décision et les conséquences pour les familles. Réactions de la CGT et du Front de Gauche.
Au lendemain de l’annonce par le groupe automobile PSA d’un plan de suppression de 8000 emploi dont 3000 en Seine Saint-Denis avec la fermeture programmée pour 2014 du site industriel d’Aulnay-sous-Bois, le maire de Saint-Denis Didier Paillard, s’est indigné. « La décision de la direction de PSA est d’une extrême violence pour les salariés et leur famille, je pense particulièrement aux centaines de Dionysien-nes qui travaillent sur ce site ou occupent un emploi dépendant de son activité », dit-il. Et dans son communiqué, la ville de Saint-Denis souligne qu’avec « 3.000 salariés en CDI et plus de 300 intérimaires, l’usine d’Aulnay est le premier employeur industriel du département. Cette catastrophe n’a rien de naturel. En 2011, PSA annonce 588 millions de bénéfices nets et un chiffre d’affaires record de 60 milliards de chiffre d’affaire (+ 7 %). 457 millions ont été dépensés en rachats d’actions PSA et en dividendes versés aux actionnaires en 2011.PSA : 588 millions d’euros de bénéfices en 2011, 8.000 suppressions d’emplois programmées » Cette catastrophe était annoncée. Voilà plus d’un an les syndicats ont révélé le plan de suppression d’emplois conçu dès 2010. La direction de PSA a nié et le gouvernement précédent, celui de M. Fillon « n’a rien fait si ce n’est reporter l’annonce pour des raisons électorales ». Pour la municipalité de Saint-Denis, il « appartient au nouveau gouvernement d’être aux côtés des salariés pour que s’ouvre un vrai dialogue social. Les voitures produites à Aulnay continueront à être fabriquées. Pour augmenter les profits, PSA veut concentrer la production dans quatre usines au lieu de cinq. Didier Paillard estime que « le gouvernement ne peut pas accepter cette décision unilatérale de la direction de PSA de fermer Aulnay. Les pouvoirs publics aident le secteur automobile, cette aide doit être conditionnée au maintien et au développement de l’emploi » « Socialement et politiquement, il serait terrible que PSA-Aulnay répète l’histoire de Renault-Vilvoorde. En juin 1997, Lionel Jospin Premier ministre déclarait ne pas avoir « de solution industrielle » pour Renault-Vilvoorde, en juillet 2012, le gouvernement de François Hollande doit s’associer aux salariés pour obtenir que PSA mette en œuvre la solution qui consiste à maintenir Aulnay en répartissant le travail entre toutes les usines du groupe », poursuit Didier Paillard. Et le communiqué de la ville ajoute : « les 3 milliards de prêts avantageux accordés avec l’aide de l’Etat, en 2009, à chacun des constructeurs PSA et Renault pour surmonter la crise, n’auront eu pour effet que de maintenir un haut niveau de rentabilité financière pour les actionnaires. Le gouvernement a tous pouvoirs pour agir par la loi : Interdiction des licenciements boursiers dans des entreprises qui ont distribué, l’année précédente, des dividendes à leurs actionnaires, comme c’est le cas de PSA ». La réaction du syndicat CGT « L’usine d’Aulnay est parmi les plus modernes du groupe avec une situation géographique exceptionnelle, située au croisement d’un nœud autoroutier, à proximité d’un aéroport de fret, et pourvue par une ligne de chemin de fer ! Une usine de plein pied offrant les meilleures conditions pour la production automobile. Enjeux environnementaux, responsabilité sociale, préservation et développement de l’outil industriel, devenir de la filière automobile, toutes ces questions essentielles pour les salariés et bien au delà, sont piétinées par la direction de PSA. Seuls comptent les compteurs de la bourse, qui ont par ailleurs très bien accueilli cette aberration industrielle doublée d’un crime social, en faisant bondir le titre PSA de 1.37% à la mi journée! C’est tout le tissu économique du département qui risque d’être fragilisé. Des emplois indirects chez les sous traitants industriels, entres autres à Montreuil, Stains, St Ouen, dans les services informatiques à Bagnolet, etc qui sont à présent menacés. Il y a tout à craindre d’une augmentation des tensions urbaines qui se nourrissent de la désespérance sociale et du chômage de masse. La Seine Saint Denis, déjà durement frappé par le chômage, est une nouvelle fois maltraitée, par un patronat cynique et une famille cupide ! Rappelons que la famille Peugeot, riche à milliard, est exilée fiscal en Suisse. Ce « crime social », les salariés sont déterminés à ne pas le laisser passer. » La réaction du Front de Gauche « C’est la première fois depuis plus de 20 ans qu’une usine automobile décide de fermer ses portes sur le territoire français. Est-ce parce que les ouvriers s’étaient montrés particulièrement combatifs ces dernières années, menant plusieurs grèves sur les salaires ? Les Dionysien-ne-s peuvent d’ores et déjà signer la pétition initiée par la CGT contre la fermeture du site d’Aulnay (http://cgt-psa-aulnay.fr/petition/non-la- casse-de-lusine-de-psa-aulnay). Le Front de Gauche de Saint-Denis prendra toute sa place aux côtés des salarié-e-s dans la bataille qui va s’engager contre ce plan social.»
L’alerte des syndicats
« Maintenir Aulnay »
Un séisme économique et social pour le territoire !
Toujours est-il que l’annonce de cette fermeture est un nouveau coup dur porté contre l’emploi dans le 93, pour les salarié-e-s comme pour les jeunes qui vont arriver sur le marché du travail dans les années à venir, alors même que les plans de licenciements se multiplient. Au-delà de PSA-Aulnay, ce sont tous les sous-traitants qui travaillent pour PSA qui sont menacés (environ 7000 emplois induits dans le 93). Sur Saint-Denis, plusieurs centaines de salariés qui travaillent à PSA-Aulnay ou pour des sous-traitants seraient touchés, ainsi que leur famille.
Ce « plan social » est la combinaison des erreurs stratégiques de PSA ces dernières années et de la volonté de délocaliser pour donner toujours plus aux actionnaires. De l’argent pour préserver les emplois il y en a : 200 millions d’euros de dividendes ont été versés aux actionnaires en 2011.
Face à cette décision, l’État doit intervenir, il en a les moyens. Le nouveau gouvernement doit agir rapidement et fermement, par exemple en obligeant PSA à maintenir les emplois en contrepartie des aides et des subventions publiques versées depuis des années.
Sur Saint-Denis, le Front de Gauche exprime sa solidarité et son soutien total aux salarié- e-s de PSA ainsi qu’aux initiatives que leurs syndicats prendront pour lutter contre ces licenciements.
Publié le 22-Jul-2012 11:45 | Lien vers cet article | Imprimer l'article | Envoyer cet article à un ami | 0 réaction(s) |
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