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Au plus près des découvertes archéologiquesAu musée d’art et d’histoire, l’archéologie médiévale est présentée dans deux salles avec notamment les fouilles réalisées à Saint-Denis. Cet été sont notamment à l’honneur les récentes découvertes faites lors des chantiers de Meissonnier et du Cygne. Cette présentation sera mise à jour tous les six mois.


L’archéologie à Saint-Denis, c’est bien sûr d’abord l’Unité du même nom, sise rue Franciade, mais ce sont aussi, et on ne le sait pas toujours, deux pleines salles au musée d’art et d’histoire, dont la peinture et l’éclairage viennent d’être refaits dans le cadre des récents travaux de l’établissement. Ces salles viennent de s’embellir d’une nouvelle vitrine, dite d’actualité, qui sera changée tous les six mois.


« Nous y présentons d’abord le mobilier découvert lors des fouilles de Meissonnier et au Cygne », annonce Nicole Rodrigues, directrice de l’Unité d’archéologie. Ces deux salles sont situées l’une dans l’ancien réfectoire du carmel, l’autre dans l’ancienne cuisine. Toutes deux sont consacrées à l’archéologie médiévale et alimentées par les fouilles réalisées à Saint-Denis depuis de nombreuses années.


La salle une évoque la nécropole mérovingienne, qui se trouvait à l’extérieur de la basilique. Face à l’entrée se succèdent panneaux de sarcophages en plâtre fort bien conservés, bijoux, boucles de ceinture, fermoirs en bronze et céramiques trouvées dans les tombes. Puis trône une maquette du Saint-Denis de 1575, réalisée d’après le célèbre plan de Belleforest.


Sur la gauche, plusieurs exemples de lapidaire roman avec de superbes chapiteaux du début du XIIe siècle. « Ils sont contemporains du premier œuvre de Suger », précise Nicole Rodrigues.

Le Moyen âge dionysien

Côté cloître, des vitrines thématiques illustrent la vie quotidienne à Saint-Denis au Moyen Âge à travers cinq thèmes : les échanges, l’habitat, la cuisine et l’alimentation, les objets quotidiens, l’artisanat.


Enseignes de pèlerins, céramiques, outils, éléments de construction, plats, cruches, verrerie, chausses, jeux sont quelques-uns des nombreux objets présentés qui font ainsi revivre toute une époque. Avec quelques pépites, comme ce couvre-feu et cette tablette à écrire en ivoire du XIVe siècle ou ce bonnet en byssus (soie marine), également du XIVe, la plus ancienne pièce de byssus conservée au monde !


La salle deux, où l’on remarque le puits du XVIIe siècle alimentant en eau la cuisine des carmélites, abrite l’une des plus riches collections de céramiques médiévales de France. « Et toutes proviennent des fouilles de Saint-Denis », remarque Nicole Rodrigues.

« Ce qui est remarquable, c’est que leurs formes dépendent de leurs fonctions », ajoute-t-elle. Ainsi que de leur évolution au fil du temps. Une large vitrine présente les principaux styles et types de récipients en terre (oules, coquemars, cruches, pichets, tasses polylobées, poêlons, vases) en vigueur de 1100 à 1400.


On peut aussi remarquer que de nombreuses céramiques sont réutilisées : une cruche cassée deviendra un bol ou une écuelle, voire un encensoir. Plusieurs exemples de décors sont également montrés, avec différents types d’appliques modelées, glacées, colorées. La présentation dynamique et précise de ce fonds archéologique local riche et passionnant font de ces deux salles l’un des joyaux du musée.


Benoît Lagarrigue


Le chantier de fouilles du Cygne représente cinq siècles

d’histoire locale

C’est mardi 3 juillet que le chantier de fouilles programmées du Cygne ouvre ses portes pour la saison 2012. Avec cette année une belle nouveauté, l’ouverture à la visite des deux maisons abritées par le champignon à pois rouges grâce à l’échafaudage permettant de découvrir, entre autres, la magnifique charpente en bois qui date de 1482.


« Ces deux maisons racontent cinq siècles d’histoire de Saint-Denis », indique Nicole Rodrigues, qui parle d’une archéologie verticale montrant comment s’est construite la ville. Le même objectif est poursuivi, à l’horizontal, par le chantier de fouilles qui en est à sa quatrième saison.


À la fin de l’été dernier, le long de l’emplacement des fortifications du IXe siècle érigées pour protéger le bourg de l’invasion des Vikings, les archéologues ont mis au jour des traces qui pourraient être celles de deux fossés mis en eau. « Ce que nous voudrions découvrir, c’est comment la ville a évolué depuis le petit bourg du Xe siècle jusqu’à l’importante ville du XIIIe », annonce Jean-François Goret, qui conduit les fouilles.


« La fortification carolingienne fut démolie lorsque le danger fut écarté et que le bourg s’est agrandi et le premier fossé, le plus à l’est, devint le lit du Croult. » On en aperçoit des éléments de berges en pierre mis au jour lors des précédentes fouilles. « Le Croult a connu plusieurs tracés », remarque l’archéologue. « Son cours primitif fut détourné bien plus au sud au XIVe siècle. On le sait car on a trouvé à cet endroit un puits creusé à cette époque. Puis il est revenu là où on le trouve aujourd’hui, comblé, lorsque les tanneurs s’installèrent au XIXe. »

« Il n’est pas impossible que l’on trouve de belles pièces »

Jean-François Goret a constaté que chacune de ces étapes est liée à un aménagement différent de l’îlot, à des restructurations successives de l’espace urbain et donc au développement de la ville. « Pour comprendre l’histoire de Saint-Denis, nous devons voir comment elle a évolué et s’est structurée de part et d’autre de la rivière à chaque époque : quels espaces furent dédiés à l’artisanat, quels autres à l’habitat... »


La priorité de cette quatrième campagne de l’îlot Cygne sera donc de réaliser des sondages pour commencer à fouiller le comblement de la rivière, ainsi que celui du deuxième fossé carolingien, un peu plus à l’ouest et au nord que le premier.

« Bien sûr, plus on creuse, plus on se rapproche des couches humides, là où des vestiges en bois ou en cuir se conservent le mieux. Il n’est pas impossible que l’on trouve quelques belles pièces », espère l’archéologue.


Bien sûr, les fouilles déjà entamées des structures mises précédemment au jour vont aussi se poursuivre, comme celle de la cuve de tanneur située à l’est du secteur. Et, pour la première fois, une petite partie des berges du XIXe siècle, à l’ouest du chantier, va être détruite pour comprendre comment elles ont été… construites. Car c’est là le lot de l’archéologie : pour remonter le temps, il faut parfois en faire sauter des verrous intermédiaires.


Benoît Lagarrigue


Pour visiter : ouverture au public du 3 juillet au 10 août et du 28 août au 31 octobre, de 14h à 16h, du mardi au vendredi, avec un modèle de fouilles proposé aux enfants à partir de 8 ans. 


Visites exceptionnelles samedis 7 et 21 juillet, 4 août et 1er septembre de 14 h à 18 h.

L’échafaudage« vertical » est accessible en visite guidée tous les jours à 15h30. Réservations auprès de l’Unité d’archéologie au 01 49 33 80 20 (places limitées).


En chiffres

70

C’est le nombre de stagiaires bénévoles qui vont participer cette année au chantier de fouilles du Cygne par cycles de trois semaines. Parmi eux, des étudiants et des habitants. Il reste quelques places pour octobre.


4

C’est la quatrième année du cycle de fouilles du Cygne. Une année cruciale pour effectuer une nouvelle demande à l’État pour un autre cycle de trois ans.



Publié le 24-Jun-2012 12:05 | Lien vers cet article | Imprimer l'article | Envoyer cet article à un ami | 0 réaction(s) |

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