Le tram T1 a pris l’eau (actualisé)Après l’effondrement de la voie à la suite d’une inondation, la circulation des rames, remplacées actuellement par des bus. Reprise du trafic lundi 16 avril.
Entre la gare de Saint-Denis et la station Stade Géo-André à La Courneuve, le trafic des trams de la ligne T1 est suspendu depuis le 6 mars à cause d’un effondrement de la voie. Des dizaines d’autobus ont difficilement pris le relais. Tout commence mardi 6 mars à 14 h 25. Un robot télécommandé, sorte de mini-tunnelier, creuse une galerie à plusieurs mètres sous la chaussée, juste au niveau de la station Stade Géo-André à La Courneuve. Il s’agit de faire passer sous la voie des câbles électriques pour le compte d’ERDF. Tout va bien jusqu’à ce que le robot trouve sur son chemin une conduite d’eau potable sous pression d’un diamètre de 1,20 m. Prévu pour se frayer un chemin dans toutes les conditions, l’engin perce sans difficulté la canalisation, laquelle libère alors subitement avec violence des tonnes d’eau qui inondent généreusement le périmètre et de nombreuses caves dans un rayon de 150 mètres. Erreur humaine, erreur de calcul ou défaillance technique ? Il appartiendra à l’enquête en cours de le déterminer. Mais très vite les équipes sur place puis les spécialistes qui se rendent sur le site prennent la mesure des dégâts. L’eau sous pression a provoqué comme une explosion en sous-sol. La chaussée se creuse et se gondole du côté des rues Corneille et Molière. Et une vaste cavité apparaît sous la voie ferrée qui reste suspendue dans le vide. Le trafic est suspendu. « Pas question de faire rouler des rames avec des voyageurs. C’est une question de sécurité », dit-on à la RATP. Dans un premier temps, les trams disponibles du côté de Saint-Denis assurent une partie du trajet, mais très vite, cette exploitation devient inadaptée, et ces quelques rames sont rapatriées avec d’infinies précautions vers le dépôt de Bobigny. Depuis, le tram ne circule plus qu’entre le terminus de Noisy et la station 8-Mai-1945 à La Courneuve. « Nous mobilisons chaque jour 30 autobus, que nous avons récupérés dans plusieurs de nos centres », explique Benjamin Claustre, le directeur de l’agence de développement territorial de l’antenne Seine-Saint-Denis de la RATP. « Ce qui nécessite un total de 90 conducteurs, plus 60 agents pour l’information des voyageurs, soit 150 personnes. » La fréquence de ces bus est de 3 à 4 minutes en heures de pointe au lieu de 5 pour le tram, déjà lui-même très chargé, mais ces véhicules subissent le trafic routier et la déviation à l’approche du chantier en direction de Bobigny. Ce qui double le temps de parcours. Résultat, les bus sont en général bondés, les usagers expriment leur mécontentement, et plusieurs élus, comme le maire de Saint-Denis, ont réclamé des véhicules en plus grand nombre. « Nous espérons pouvoir rouvrir la ligne dans son intégralité à la mi avril », précise Benjamin Claustre, qui reconnaît « n’avoir jamais vu un incident de cette ampleur sur le réseau ». En principe au moment de la construction des lignes de tram, les canalisations sont déplacées. Mais dans les années 1990, pour le T1, il avait été décidé de faire l’économie de ce détournement de canalisation sous pression… La reconstruction de la seule voie ferrée est estimée à 300 000 euros. Et pour plusieurs jours encore, dans les stations du tramway, un message sonore indique que le trafic est suspendu… Gérald Rossi La RATP qui achève la mise en place des nouveaux rails a précisé jeudi 12 que le trafic reprendra sur l'ensemble de la ligne lundi 16 avril. Bus bondés et tram bien plein…
Publié le 12-Apr-2012 09:42 | Actualisé le 12-Apr-2012 17:22 | Lien vers cet article | Imprimer l'article | Envoyer cet article à un ami | 0 réaction(s) |
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