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Maud Gelly / À la santé des femmesFidèle au serment d’Hippocrate et à ses convictions féministes, ce médecin assure des consultations gynécologiques au CMS Les Moulins et défend l’avortement.


Depuis 2005, elle exerce au centre de santé Les Moulins, rue Auguste-Poullain. Où elle semble s’y accomplir parfaitement. « C’est vraiment ce que je voulais faire », dit-elle. Maud Gelly est devenue médecin d’abord parce qu’elle aimait étudier et que c’était des études longues. Mais elle fut vite rebutée par la hiérarchie hospitalière d’une part, par la solitude et le rapport marchand de la médecine libérale d’autre part.


« Je voulais travailler dans le service public, dans un cadre collectif et dans une structure de proximité. » Pour bien faire comprendre cette volonté, Maud revient sur ses études. « Je les ai débutées en 1995, en plein mouvement social. C’était une période enthousiasmante. J’ai vite milité au sein du collectif national pour les droits des femmes et j’ai voulu faire converger ces deux chemins : médecine et militantisme féminin. La médecine est pour moi un moyen de faire avancer les choses ! »


Elle n’a jamais varié. Il faut dire que la jeune femme est volontaire, tenace, sans doute plaisamment têtue. Genre elle sait ce qu’elle veut, et le dit fermement, même si c’est – pas toujours ! – avec le sourire. Et ce qu’elle veut, c’est accompagner les femmes à surmonter leurs difficultés. C’est pour cela qu’elle assure des consultations de gynécologie et pratique des avortements.


« Mais la santé des femmes n’est pas que gynécologique. Elle est liée aux violences conjugales, au sexisme, à la précarité, au chômage, aux horaires décalés… » Elle a écrit une thèse sur un thème qui lui est cher : Avortement et contraception dans les études médicales, une formation inadaptée (2006, L’Harmattan). « Ce qui fait, entre autres, que l’avortement, légalisé en 1975, n’est toujours pas entré dans les mœurs, que les femmes sont toujours méprisées. Et nous subissons aujourd’hui un contexte idéologique défavorable. »


Mais loin de lui faire baisser les bras, ces difficultés, auxquelles s’ajoute le démantèlement du service public, notamment hospitalier, auraient plutôt tendance à la galvaniser. En première ligne devant les souffrances vécues par les femmes qu’elle rencontre, Maud Gelly dénonce la disparité des salaires en fonction du sexe ou la dépendance des femmes ayant droit de conjoints ou de parents. « Le manque d’autonomie peut être problématique sur des questions très intimes, comme le suivi de grossesses ou le dépistage de MST, du sida », révèle-t-elle.


Elle se réjouit que le centre Les Moulins propose une consultation de psycho traumatologie. « Songez qu’une femme sur dix est victime de violences conjugales ! Souvent, la première personne à qui elles en parlent est le médecin. Nous devons accompagner ces femmes. »

Si elle est choquée par certains reculs (« ce qu’on croyait acquis ne l’est pas toujours ! », regrette-t-elle), comme sur le remboursement des soins, « passé de 100 % en 1945 à 50 % en moyenne à la charge des patients aujourd’hui », Maud voit tout de même de belles raisons d’espérer : « Il y a des gens qui se battent, et c’est quand on se bat qu’on obtient des choses ! » Plaisamment têtue, sans relâche…


Benoît Lagarrigue


Publié le 23-Mar-2012 15:54 | Lien vers cet article | Imprimer l'article | Envoyer cet article à un ami | 1 réaction(s) |

Les réactions
23-Mar-2012 22:47habitant_saint_denis : agir contre les horaires décalés du personnel de nettoyage
Oui les horaires décalés nuisent à la santé des travailleuses. Les patrons des entreprises du nettoyage font souvent travailler les femmes qu'ils emploient, sur deux chantiers différents chaque jour : - un premier chantier tôt le matin - un second chantier tard le soir éloigné du premier - entre les deux des heures d'attente et de transport Dans les appels d'offres je propose que Plaine Commune et la mairie de Saint-Denis imposent aux entreprises de nettoyage, de faire intervenir leur personnel, dans la journée, aux heures de bureau, pour empêcher les horaires décalés.

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