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Visite du sanctuaire des végétaux de l’espace publicEffet de serres chemin des PrésLes serres communautaires produisent sur un hectare d’installations les centaines de milliers de plantes qui garnissent les massifs, suspensions, jardinières, etc., disséminés dans notre ville et dans L’Île-Saint-Denis.
Le plafond est bas ce matin-là et les gouttes claquent sur les vitres. Sale temps pour les randonneurs. Mais aux serres communautaires, chemin des Prés, les aléas climatiques contrarient peu le travail des jardiniers. C’est le sanctuaire d’où 99% des végétaux plantés dans les espaces publics de Saint-Denis et de L’Île-Saint-Denis proviennent. Historiquement, le fleurissement de la ville a pris sa source ici. Dès 1895 au moins, des parcelles maraîchères y avaient été reconverties en jardins municipaux comme on les désignait à l’époque. En 2003, avec le transfert du service à la communauté d’agglo, elles sont devenues les serres communautaires. Bien calées au cœur de la ville, les installations enserrent le cimetière. L’endroit semble hors du temps avec son vieux corps de bâtiment rénové, vestige de l’ancienne exploitation maraîchère.
Les serres alimentent aussi en végétaux de décoration les cérémonies
Sur un hectare entier, elles produisent à peu près tout ce qui garnit les centaines de massifs, suspensions, pyramides et autres jardinières, disséminées dans les quartiers. Les serres alimentent aussi en végétaux de décoration les cérémonies protocolaires, et colorent les bacs Riviera des bureaux des services municipaux.
L’équipe de Bernard Basile – responsable de la production – sème, repique, traite, soigne, rempote, bouture, multiplie à longueur d’année des centaines de milliers de plantes. Modernisées en 2008, les serres déploient désormais des moyens plus en rapport avec ses activités de fleurissement dans deux communes. En plus de trois serres en verre, une toute nouvelle en plastique de 2000 m2 est opérationnelle. C’est un bijou technologique avec sa double paroi gonflable qui améliore la régulation thermique. Bernard Basile en parle les yeux brillants comme s’il s’agissait d’une belle carrosserie automobile. Question capacité en tout cas, près de 150 000 plantes poussent sous son pare-brise translucide. Le responsable est fier également de montrer sa dernière acquisition, un robot repiqueur ultramoderne à la cadence affolante. « C’est un gain de temps précieux qui permet d’augmenter nos volumes de production tout en évitant de mobiliser trop de monde à cette tâche répétitive », explique-t-il. Car le turbin ne manque pas. 130 000 plantes annuelles de type bégonias, pétunias, impatiens, sauges, etc., sont cultivées sur place par un bataillon de mains vertes. 125 000 autres, dites biannuelles, comme les pensées ou les primevères, sortent des mêmes « nurseries ».
Les 4 000 chrysanthèmes d’octobre
Ici, on travaille toujours avec une saison d’avance. « Les végétaux actuellement visibles dans l’espace public ont été conçus à l’automne dernier et nous préparons ceux de l’automne prochain. » Ainsi, les 4 000 chrysanthèmes d’octobre sont déjà en culture. Quant aux 85 000 bulbes de la prochaine Fête des tulipes, ils ont été mis en terre au mois de décembre. Par souci d’économie d’échelle et de rationalité, un maximum de végétaux est produit sur place. L’établissement fait office à la fois de maternité, de pouponnière et de clinique. Les jardiniers entretiennent également un patrimoine de plusieurs milliers de variétés en pot, yuccas, ficus, cannes à sucre, palmiers, bambous, agrumes, agaves, etc. « Nous arrivons à sortir des sentiers battus en cultivant des végétaux inhabituels comme des daturas, des clérodendrons, des papyrus, des presles ou des tabacs. » Les serres accompagnent également les tendances décoratives du moment. L’époque est au mélange. Les fleurs et les légumes se marient donc dans un même massif. Les graciles graminées, peu exigeantes en eau, gagnent du terrain.
Les insectes sont utilisés comme substituts aux produits phytosanitaires
Les insectes sont utilisés comme substituts aux produits phytosanitaires classiques, dévastateurs pour la santé et destructeurs de biodiversité. « Les coccinelles qui dévorent les pucerons sont un exemple de la lutte raisonnée contre les prédateurs. » La main de l’homme se fait moins lourde sur l’utilisation des engrais chimiques. Ces messages de préservation font mouche auprès des 150 classes et des centres de loisirs accueillis toute l’année sur un carré pédagogique. Au programme, des ateliers d’initiation au jardinage et la visite des serres. Les enfants peuvent également y caresser des lapins, et bientôt des canards. Les précédents locataires à plumes ont été victimes des fouines. La nature garde tout son droit de cité, même au pied des immeubles. Les visiteurs s’en rendront compte les 25 et 26 avril (11h-19h) lors des journées portes ouvertes aux serres communautaires.
Frédéric Lombard
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16-Apr-2009 21:03 | Lien vers cet article | Imprimer l'article | Envoyer cet article à un ami | 0 réaction(s)






