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À la cité Floréal comme ailleursIcade lâche ses HLMDepuis qu’elle est cotée en bourse, la société Icade connaît la loi des actionnaires. La vente prochaine du patrimoine locatif social inquiète les habitants conviés par le maire à une réunion le 23 mars. Plaine commune habitat va faire une offre d’achat.
Icade vend son patrimoine locatif en Île-de-France en 2009, 35 000 logements. La nouvelle était tombée à la mi-décembre, à l’issue du conseil d’administration qui avait adopté la proposition de Serge Grzybowski, le PDG nommé quatre mois plus tôt. « Le solde des produits de cession donnerait à Icade des marges de manœuvres importantes alors que des opportunités vont se présenter dans le secteur tertiaire », soulignait un communiqué de la société d’investissement immobilier, filiale de la Caisse des dépôts. À la cité Floréal, où la société possède 649 logements, « on l’a appris comme ça, par un flash à la télé, raconte Colette Boucher, responsable de l’amicale CNL des locataires. Avec Chantal Delahousse, (responsable de la CNL de Saint-Denis), on a interpellé le maire. »
« Icade vend des logements qui ont été construits avec des fonds publics »
Ainsi s’organisait la réunion du lundi 23 mars à la maison de quartier Floréal, avec Didier Paillard, les adjoints en charge du quartier, et un représentant d’Icade, Bertrand Mansart, directeur d’Icade Patrimoine Île-de-France Nord, que les habitants attendaient de pied ferme. Ils étaient une bonne centaine. Certains parmi eux ne décolèrent pas. « Quand Icade a envoyé les réévaluations de loyers, elle était au courant de cette opération ! » Créé en 1954 sous le nom de Société centrale immobilière de la Caisse des dépôts et consignations, financée par l’épargne populaire et par le 1 % logement, « Icade vend des logements qui ont été construits avec des fonds publics », dénonce Didier Paillard, qui assimile cette vente « à du siphonage financier ». « Qu’est-ce qu’on va devenir ? », s’inquiète-t-on dans l’assistance. Surtout exprimées par les représentantes de la CNL, les questions se bousculent : comment va être appliquée la loi Boutin pour les logements sous-occupés ? Qu’adviendra-t-il du Grand projet urbain ? Dans quel état sera vendu ce patrimoine ?…
« Refuser la hausse des loyers »
Bertrand Mansart rappelle qu’en 2006 « Icade a choisi d’ouvrir son capital et d’être coté en bourse pour faire entrer des actionnaires ». Lesquels en conséquence déterminent désormais la stratégie de cette société, qui gère centres commerciaux, parcs d’activités tertiaires et investit dans la promotion immobilière… « Le conseil d’administration a décidé de rééquilibrer ses différentes activités, indique M. Mansart. Le choix a été fait à partir de 2007 d’une mise en vente échelonnée jusqu’en 2014. Icade devenait ainsi une vraie foncière qui construit, qui vend, qui achète. Je ne vous cache pas que ce qui intéresse avant tout les actionnaires, c’est de faire de l’argent. » Dans la salle, des exclamations ironiques saluent cette franchise. Mais « à la mi 2008, avec la crise, tout le secteur de la promotion immobilière chez Icade a été bloqué. Il n’y avait plus d’accédant au logement neuf. Il fallait accélérer la vente. » À Floréal, où elle était programmée pour 2010-2011, la vente pourrait donc intervenir sous quelques mois. En Île-de-France, un consortium a été mis en place par la Société nationale immobilière, filiale de la Caisse des dépôts, avec une quinzaine d’autres bailleurs pouvant se porter acquéreurs, dont Plaine commune habitat (PCH).
«Constituer un groupe de travail avec les habitants»
Pour l’amicale CNL, comme pour le maire et ses adjoints, le plus urgent est de « constituer un groupe de travail avec les habitants, afin que notre quartier continue à nous appartenir ». Parmi ses priorités, obtenir d’Icade « le gel du déconventionnement » qui est appliqué progressivement depuis 2003 en vue d’aligner les loyers sur ceux du marché. « On vous appelle à refuser cette hausse des loyers », clament les représentantes de la CNL. Il est aussi question de l’état du bâti qu’une récente réhabilitation n’a guère amélioré. Lister les réfections qui s’imposent, établir un diagnostic social… « Il faut se revoir sous dix jours et déterminer les questions et exigences afin que ces logements ne tombent pas entre les mains de n’importe qui », conclut Didier Paillard.
« On va faire une offre d'achat»
Interrogé en marge de la réunion par le JSD, le président de PCH, Stéphane Peu, confirme : « On va faire une offre d’achat pour tout le patrimoine de Saint-Denis et d’Épinay. » Les négociations ont donc démarré. Le tout est de savoir si elles aboutiront : « Il existe un écart important entre les espérances d’Icade et la valeur réelle des biens mis en vente », prévient-il.
Marylène Lenfant
25-Mar-2009 09:42 | Actualisé le 25-Mar-2009 12:17 | Lien vers cet article | Imprimer l'article | Envoyer cet article à un ami | 2 réaction(s)
la CNL 9302-Apr-2009 16:54
Grande braderie chez ICADELa CNL régionale appele à une manifestation le 28 avril 2009 à 17h30 métro rue du Bac pour aller au ministére du logement pour dénoncer la vente spéculative d'Icade et pour obtenir des garanties pour les locataires








tom25-Mar-2009 12:25
icadeUn petit conseil > Faire très attention avec Icade..faire leur pas confiance..