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Nouvelle pièce au théâtre Gérard-PhilipeNotre société passée au scannerAvec l’avènement d’Internet et la suprématie de l’image, David Ayala a jugé « indispensable » de porter en scène La société du spectacle, œuvre sans doute la plus connue du théoricien Guy Debord.

Fondateur de l’Internationale situationniste, Guy Debord (1931-1994) fut le théoricien rigoureux de La société du spectacle, titre de l’essai et du film sans doute les plus connus de son œuvre. C’est cette œuvre, dans laquelle il dénonce « le mensonge global » de la société, qu’a choisi de porter sur la scène David Ayala. Paradoxal, voire contradictoire ? « Guy Debord nous dit que le spectacle est le rapport social médiatisé par l’image créé par l’exercice du pouvoir politique, économique et médiatique sur l’organisation de la société. Cette parole n’a jamais, depuis qu’elle a été pensée, été contredite. D’ailleurs, Debord disait : “L’histoire prouvera que j’ai raison.” À l’heure d’Internet et de la toute puissance de l’image, il m’a semblé indispensable de parler de cela », répond celui qui incarna fin 2004 au TGP le rôle titre de Coriolan, de Shakespeare, mis en scène par Jean Boillot. Quatre ans plus tard, David Ayala est de retour au TGP, à Saint-Denis où il vit, pour présenter du 2 au 21 mars Scanner, sous-titré Nous tournons en rond dans la nuit et nous sommes dévorés par le feu (hurlements en faveur de Guy Debord). « Nous voulons faire un check-up de notre société, la passer au scanner à travers la parole de Debord », poursuit-il.

Une pièce qui fait réagir


Scanner emprunte plusieurs formes, notamment déambulatoire, et se divise en cinq séquences, « dans lesquelles nous avons conçu des scènes réalistes de la vie, que nous confrontons à ce que dit Debord. Il y a des moments que nous vivons tous les jours, en prise au règne autoritaire et tout puissant de la marchandise, et que nous avons travaillés sous forme d’improvisations, de recherches, où l’image, la vidéo et le son ont une grande importance », ajoute David Ayala en soulignant l’apport de ses sept comédiens, « véritables co-créateurs du spectacle ». Une démarche qui a nécessité deux ans de travail et qui, lors de la création de Scanner, en avril 2008 à Montpellier, a marqué les esprits des spectateurs. « Je n’avais jamais monté un spectacle qui a suscité autant de débats et de réactions », se réjouit David Ayala, qui en est à sa onzième mise en scène. « Mais attention : nous ne sommes pas là pour apporter des réponses : nous donnons à entendre une parole », prévient-il. Une parole qui n’a sans doute jamais résonné (raisonné ?) avec autant de pertinence qu’aujourd’hui.
Benoît Lagarrigue

Scanner conçu et mis en scène par David Ayala d’après l’œuvre de Guy Debord, au Théâtre Gérard-Philipe (59, boulevard Jules-Guesde) du 2 au 21 mars, du mardi au vendredi à 20 h, samedi à 19 h, dimanche à 16 h. Relâche le lundi. Tarifs : 20 €, 13 € pour les habitants de Seine-Saint-Denis, 10 € pour les Dionysiens. Réservations au 01 48 13 70 00 ou sur reservation@theatregerardphilipe.com

23-Feb-2009 11:20 | Lien vers cet article | Imprimer l'article | Envoyer cet article à un ami