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Patrice Dherbilly / Un maître d’armes toujours vertCe jardinier de métier a découvert l’escrime adolescent. Aujourd’hui, à 50 ans, il prépare quatre compétiteurs français aux JO de Londres.


« J’ai commencé l’escrime par hasard. Comme tous les enfants, je voulais faire du foot, mais j’étais trop jeune. Alors on m’a inscrit au club d’escrime, à Aulnay-sous-Bois, à 300 mètres de chez moi. Je ne savais même pas ce que c’était. On m’a dit : c’est comme d’Artagnan, Zorro… », s’amuse Patrice Dherbilly. « Ça ne m’a pas trop plu au début. Mes parents m’ont dit : “on a payé l’année, tu vas jusqu’au bout”. » Sage décision. Le maître d’armes remarque son goût pour la compétition. Les challenges s’enchaînent, les résultats suivent : « Quand on gagne, ça motive. » Il pratique d’autres sports, mais la passion de l’escrime l’emporte. Dès 16 ans, il entraîne les plus jeunes au club, franchit les catégories, atteint un niveau national, parmi les dix meilleurs Français dans une génération riche en talents.


Parallèlement, il entre à la mairie d’Aulnay au service jardin. « C’est ce que j’ai toujours voulu faire ! » Continue à pratiquer : en 1983, il fait une de ses meilleures saisons au sabre. Le directeur technique national lui propose d’intégrer l’INSEP pour passer son brevet d’État, devenir maître d’armes. Il revient à Aulnay, au service sport cette fois. Pendant dix ans, il est éducateur sportif dans les écoles. Participe à la création d’une classe de 6e à horaires aménagés. « Ils finissaient les cours à 14h, je les entraînais tous les jours. L’école de musique faisait la même chose avec une autre classe. Ça devrait être fait plus souvent », regrette-t-il.


En 1993, retour à l’INSEP en tant qu’entraîneur national adjoint des escrimeurs, puis, en 2004, des pentathlètes. Entretemps, il s’est spécialisé dans la discipline en créant, avec Christian Cardon, le Club sportif dionysien. « Il n’y avait rien à Saint-Denis pour le pentathlon. Ça a été un beau challenge. » Le club se développe régulièrement. À Aulnay, son club de toujours – « Je suis licencié là-bas depuis 43 ans ! » –, il donne quelques cours, quand il a le temps : à l’INSEP, il entraîne l’équipe de pentathlon moderne à l’escrime et s’occupe de leur suivi socio-professionnel. Avec, en ligne de mire, les JO de Londres, auxquels prendront part quatre Français. Quatre ans plus tôt, il avait participé à la préparation sans aller à Pékin. Cette fois-ci, il sera du voyage. Avec des espoirs de médaille ? Peut-être, mais il refuse le jeu des pronostics. Ce n’est pas que l’ivresse de la victoire qui le motive : « C’est très intense, mais très court. Et en tant qu’entraîneur, on pense toujours à la suite. »


Ses plus beaux souvenirs ? Les titres en Championnat du monde d’Amélie Cazé ; celui en championnat de France junior d’Aulnay, avec quatre jeunes formés au club; une Marseillaise partagée sur le podium par les juniors de l’équipe de France, en Hongrie ; l’un de ses trois fils qui fait sa première compétition à l’endroit même où il avait fait ses premiers pas d’escrimeur. Fin d’un cycle, début d’un autre, l’homme ne regarde pas en arrière. En Bretagne, où il déménage bientôt pour devenir conseiller technique régional, il forme déjà de nouveaux projets : « 50 ans, c’est l’âge où on veut partager son expérience. » Il quitte Saint-Denis après y avoir vécu 17 ans. Sans regret : « C’est une décision réfléchie. Et les amis viendront nous voir en Bretagne. »


Sébastien Banse



Publié le 15-Jun-2012 12:22 | Actualisé le 22-Jun-2012 13:07 | Lien vers cet article | Imprimer l'article | Envoyer cet article à un ami | 0 réaction(s) |

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