En ville

Maison des femmes
/ Une aide juridique

Le Dr Ghada Hatem est à l’origine de ce projet pensé pour favoriser l’accès aux soins des femmes en détresse, très concentrées dans un département le plus pauvre de France.
docteur Ghada Hatem, la gynécologue-obstétricienne à l’origine de la Maison des femmes.
docteur Ghada Hatem, la gynécologue-obstétricienne à l’origine de la Maison des femmes.

« Le mariage forcé est une violence », « L’IVG, c’est mon droit », « Agir contre les violences sexuelles »… Affichés dans le hall d’entrée de la Maison des femmes (Mdf), les slogans des campagnes d’information donnent un aperçu des motifs de consultation : IVG, demandes de contraception, suivis de grossesse, excisions, agressions sexuelles, violences conjugales, incestes… Des problématiques qui nécessitent un accès discret et direct à la structure.

« Je voulais construire une maison accueillante située un peu à l’écart du bâtiment central de l’hôpital Delafontaine pour favoriser l’intimité et la confidentialité, mais aussi ne pas freiner l’accès aux soins, revendique le docteur Ghada Hatem, la gynécologue-obstétricienne à l’origine du projet. Certaines femmes hésitent à franchir les portes de l’hôpital, celles qui sont en situation irrégulière, celles pour qui les démarches administratives sont trop complexes. » 

Libérer la parole 

Le département le plus pauvre de France (1) concentre en effet de nombreuses femmes en détresse : migrantes, situation administrative difficile, rupture de liens sociaux et familiaux… Parmi elles, des victimes de violences qui dissimulent parfois leurs souffrances derrière un voile de silence. C’est la raison pour laquelle l’équipe soignante de la Mdf encourage ces femmes à libérer leur parole : « Des demandes d’avortement nous amènent parfois à dépister une situation de violence ou de viol, observe Ghada Hatem. Les victimes de viols attendent souvent qu’on leur offre l’occasion d’en discuter. Nous poussons donc la femme à en parler, puis on lui propose une prise en charge de l’agression. » 
 
Le personnel de la Mdf ne se contente pas de mettre en relation les victimes avec des juristes, il les accompagne aussi pour déposer plainte au commissariat. « Ce sont souvent des parcours complexes qui nécessitent la coordination de plusieurs spécialistes : juristes, psychologues, sexologues, ostéopathes, assistantes sociales, le commissariat pour porter plainte… »
 
La structure travaille également étroitement les partenaires suivants : SOS Femmes 93, le Collectif féministe contre le viol, l’AIVI qui accompagne les personnes victimes d’incestes… Sans oublier de mettre 
l’accent sur la prévention du burn-out pour… ses propres soignants, conclut Ghada Hatem : « Si les soignants vont mal, ils ne pourront pas faire du bien aux patients, donc il faut qu’ils aillent bien. »
 
 

Julien Moschetti

 


(1) Le taux de pauvreté est de 26,9 % en Seine-Saint-Denis, contre 13,9 % à l’échelle nationale 
(chiffres Insee de 2012).
Pour en savoir plus: 

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