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« La Vie Scolaire », épisode 1
/ Un casting local

Un casting local Grand Corps Malade et Mehdi Idir sont en pleine préparation de leur deuxième long-métrage, La Vie Scolaire. Le film sera tourné cet été à Garcia-Lorca avec principalement des figurants du collège et du quartier.
Mardi 5 juin Grand Corps Malade et Mehdi Idir sont allés à la rencontre des lycéens de Suger. Photo de (©) Kaïs Issadi ( bac pro photo au lycée suger)
Mardi 5 juin Grand Corps Malade et Mehdi Idir sont allés à la rencontre des lycéens de Suger. Photo de (©) Kaïs Issadi ( bac pro photo au lycée suger)

Le collège Garcia-Lorca sera la scène principale de La Vie Scolaire. Après le succès de Patients, le prochain long-métrage du duo dionysien Grand Corps Malade – de son vrai nom Fabien Marsaud – et Mehdi Idir sera tourné cet été, du 23 juillet au 31 août, dans l’établissement scolaire du quartier Franc-Moisin. Ce choix n’est pas dû au hasard. L’histoire du film est inspirée de l’un des deux réalisateurs, Mehdi Idir, qui a été scolarisé à Lorca. La Vie Scolaire raconte le parcours de Yanis, élève en 3e . «Vif et intelligent, il est malgré tout en échec scolaire au collège et doit faire face à une situation familiale compliquée », décrit la production. Il est soutenu par une nouvelle CPE qui vient d’arriver au collège mais qui a aussi ses problèmes. 

Les réalisateurs sont en pleine préparation du film. Ils se sont rendus à plusieurs reprises dans l’établissement. « Ils commencent à faire partie des murs », sourit la proviseure Murielle Marius-Bertille. Les équipes du film ont déjà trouvé les rôles des personnages principaux. Depuis mi-mai, des figurants sont recherchés pour récréer la vie au collège : élèves, surveillants, professeurs ainsi que familles et enfants pour les scènes extérieures. « On a voulu privilégier les jeunes d’ici, qu’ils soient du collège Garcia-Lorca ou du quartier Franc-Moisin. Même si c’est ouvert à tout le monde, ils sont prioritaires », explique Tamara Kozo, directrice du casting figuration, alors qu’elle reçoit des candidats à l’antenne jeunesse de la cité. Avec son assistante Alexandra, elles y sont deux fois par semaine, les mercredis et samedis. Le reste du temps, jusqu’à la mi-juin, elles sont dans l’établissement scolaire pour récolter les dossiers d’inscription.

80 euros la journée de figuration

« On est déjà bien avancé », souligne la chargée du casting. Plus de 200 demandes ont déjà été déposées. « C’est un travail, un vrai engagement, avec un contrat de travail et une fiche de paie. Il faut que l’enfant soit présent et ponctuel », insiste-t-elle auprès des parents et des jeunes. Et comme tout travail, il est payé, environ 80 euros nets la journée de 6 heures en tant que figurant. « Ils sont payés selon la convention collective du cinéma », indique Tamara Kozo, qui s’assure que tout soit fait dans les règles. Comme les mineurs n’ont pas le droit aux heures supplémentaires, elle sera par exemple derrière les réalisateurs pour qu’ils respectent les horaires lors du tournage. Selon les besoins de la mise en scène, l’enfant peut travailler d’un à plusieurs jours. En 3e , Thecery a « déjà fait [ses] calculs ». « Dès qu’on parle argent, je suis présente, rigole-t-elle. À la base, je voulais être actrice, mais ce n’est pas grave. Au lieu de galérer pendant l’été, je vais faire ça. » Samira est venue s’inscrire avec ses petites filles pour une journée. « Cela peut être un bon moment pour elles. Elles verront comment se passe un tournage », raconte la mère de famille. Et cela leur donnera peut-être envie de faire du cinéma plus tard. 

Aziz Oguz

Un film pour changer les regards 

Grand Corps Malade a choisi le lycée Suger pour discuter de Patients, son premier film sorti en 2016, et de La Vie Scolaire, son prochain long-métrage en cours de préparation (lire ci-dessus). Accompagné par son ami d’enfance et co-réalisateur Mehdi Idir, le slameur est venu à la rencontre des lycéens mardi 5 juin. Sandra Millot, professeure d’italien, est à l’initiative de la rencontre. Elle veut sensibiliser les élèves aux représentations des villes sur grand écran. L’enseignante cherche des analogies entre les villes de Catane (Sicile) et Saint-Denis, toutes deux marquées par des stéréotypes forts. L’échange avec les élèves a été chaleureux et constructif : « Pensez-vous que vos films pourront enrayer tous les clichés sur la banlieue ? », lance une élève. Le slameur dionysien répond: « L’image négative de la ville véhiculée par les grands médias date de très longtemps. Un mec du fin fond de l’Ardèche associera toujours les banlieues à la violence et ce en dépit de mon film. Tant que les gens ne feront pas l’effort de venir sur le terrain pour voir comment ça se passe, les idées reçues vont perdurer. » Signe que si le combat contre la stigmatisation des banlieues peut se gagner au cinéma, il est loin d’être achevé.

Samira Chabi (stagiaire) 

Réactions

il marche ce lycée au final, bon courage pour les futurs bacheliers

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