Vie quotidienne
/ Travaux de rénovation

Nom ou initiales: 
JB

Je vous livre ici mes impressions peut-être un peu naïves, pour étoffer l’anthropologie du futur des rescapés qui chercheront à nous comprendre.
Donc ça y est, les travaux des halls ont commencé ! Au 1er étage de mon immeuble (îlot 8), devant les boîtes à lettres, le carrelage -qui était en parfait état- a été cassé pour être remplacé. On pourrait se demander pourquoi si l’on n’était pas habitué de longue date aux décisions à l'emporte-pièce de nos dirigeants et au gaspillage. Au milieu de l’après-midi d’hier, un ouvrier massif, assis par terre, s’est mis à frapper le sol à coups de masse.
Je suis allé le voir pour lui demander ce qui l’obligeait à taper comme un sourd (révélatrice cette expression), il m’a répondu qu’il y avait bien une machine (elle était là enveloppé dans une bâche plastique) mais le gars qui s’en occupait n’était pas venu.
Je me suis enfui et, le soir, quand je suis revenu, le boulot était fait, les gravats enlevés, c’était propre !
« Chic ! » me suis-je dit alors dans mon jargon intime passé de mode « comme ça nous n’aurons pas de bruit demain ! »
Las ! les coups de masse ont recommencé à huit heures ce matin, probablement au rez-de-chaussée, ce que j’aurais dû anticiper.
Outre que c’est une destruction consternante des carreaux qui remplissaient parfaitement leur fonction et ne voulaient pas qu’on les changeât ( jargon toujours ), je pose la question suivante :
Pourquoi dans un HLM du 93, sommes-nous traités, et nous traitons nous nous-mêmes en tant que voisins (oui, il y a beaucoup de bruit dans les appartements), avec moins de considération et d’égards que n’en reçoivent et n’en prodiguent les Parisiens des quartiers « bourgeois », que, me semble-t-il, personne n’oserait déranger si tôt, travaux ou pas ?
Quoique je n’ai pas connaissance d’une loi ou d’un usage coutumier qui garantisse à coup sûr leur tranquillité, je ne me souviens pas, lorsque j’étais soumis au même régime qu’eux, d’avoir souffert du bruit comme je souffre aujourd’hui.
Est-ce qu’on considère que les classes « défavorisées » sont dénuées de sensibilité et peuvent supporter ce qui est désagréable à un être humain « normal » ?
Le « populo » serait-il vacciné contre les brutalités, la rudesse, le manque de respect, et obligé de transmettre cette particularité à sa descendance et autour de lui ?
Plus sérieusement : Y a-t-il en nous une propension à accepter ce qui nous est imposé, à admettre les mauvaises expériences, une résignation qui nous empêche de vouloir satisfaire nos aspirations naturelles, notre appétence de dignité et de bonheur dont la paix, et le silence qui va avec, est une composante primordiale ?
Je pose la question.
Voilà un débat qui pourrait nous en apprendre beaucoup sur la nature humaine et ses mystères, et, qui sait, contribuer au progrès moral indispensable, l’autre, le progrès matériel n’étant que du changement sans véritable nécessité...
Ce qui est encore une autre histoire.

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