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Mouvement social à la Plaine
/ SFR : les spécialistes du réseau en grève

Les employés à la supervision du réseau fixe du groupe de télécommunications ont débrayé depuis douze jours.
Le 14 avril, devant le siège de SFR à la Plaine
Le 14 avril, devant le siège de SFR à la Plaine

Ils sont vingt-cinq à faire le piquet de grève vendredi 14 avril devant le siège de SFR, à la Plaine. Vingt-cinq employés à la supervision du réseau fixe du groupe de télécommunications.

Au quotidien, ils veillent au bon fonctionnement et interviennent éventuellement sur le réseau de téléphonie fixe et Internet des particuliers et des professionnels. Mais depuis douze jours ils ont laissé informatique et connectique pour banderoles et tracts et font entendre leurs droits sous les fenêtres de leur direction. En sous-effectif constant, avec des horaires de travail atypiques (ils se relaient en 3 x 8, sept jours sur sept, 24h/24), la situation de ces salariés pourrait encore s’aggraver. Pourtant, ils sont garants d’une intervention de qualité dans le cas d’une importante panne sur le réseau. « On a besoin de vous ! », confirme une collègue d’un autre service venue les soutenir.

Baisse de salaire programmée

Depuis le rachat de SFR par le groupe Altice, déjà propriétaire de Completel, l’entreprise les employant, les désillusions s’accumulent pour les membres du pôle supervision. Au moment du transfert de leur contrat de Completel vers SFR, la direction leur promet une situation immuable, faisant même espérer quelques augmentations. La douche n’en est que plus froide lorsqu’on indique aux salariés une baisse de 300 à 500 € de salaire mensuel. S’ensuit une grève de deux jours à l’issue de laquelle ils obtiennent des renégociations et le droit d’y participer en tant que « non décisionnaires ». Puis plus rien, jusqu’au 1er février où la baisse du salaire se voit « compensée » par une prime dégressive sur un an. Deux réunions infructueuses plus tard et face à l’absence d’écoute de la direction, la grève est donc décidée.

Et une grève, ils n’auraient jamais imaginé en faire, « mais quand personne n’écoute, on a plus le choix ! », assène un employé au visage préoccupé. Non syndiqués, pas ou peu encouragés par les organisations de salariés, l’équipe de supervision, de son aveu même, n’est pas aguerrie à la lutte sociale. Mais la détermination est là, et les idées aussi comme la mise en place d’un pot commun et d’une pétition pour soutenir « La Supervision », le tout en ligne (1).

Au-delà de leur combat personnel, ils aimeraient mettre en garde d’autres services du siège social vis-à-vis de la nouvelle direction. « Ils ne se rendent pas compte ! Ils découvrent Drahi ! Nous ça fait plus de dix ans qu’on travaille pour lui ! », insiste l’un d’eux. Ils aimeraient fédérer l’ensemble des salariés du site contre le plan de restructuration de l’entreprise, baptisé « New Deal », qui concernerait environ 5 000 postes. Un plan de départs volontaires a déjà été mis en place et on parle de 700 employés ayant accepté, avant « un plan social si cela ne suffit pas ». Au moment de poser pour la photo avec les banderoles, un gréviste lance : « C’est la dernière fois qu’on se retrouve tous ensemble avant Pôle Emploi ! »

TZ (stagiaire)

(1) Lien de la pétition : https://www.change.org/p/sfr-maintien-du-pouvoir-d-achat-des-salari%C3%A9s-et-de-la-qualit%C3%A9-de-service-des-clients-sfr

Lien du pot commun : https://www.lepotcommun.fr/pot/lxz550ko


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