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Violences dans les lycées
/ Retrouver un cap après la tempête

Après les incidents survenus la semaine dernière au lycée Suger et dans une moindre mesure à Paul-Éluard et Bartholdi, parents d’élèves, enseignants et élus se sont réunis lundi pour envisager ensemble des pistes d’action.
La lycée Suger, cible d'importantes violences et dégradations les 6 et 7 mars.
La lycée Suger, cible d'importantes violences et dégradations les 6 et 7 mars.

Ils veulent tourner la page des violences démarrées lundi 6 mars au lycée Suger, enfin être entendus et pris en considération. « C’est malheureux », mais ces incidents sont l’occasion « d’obtenir pour nos enfants mieux que ce que l’on a », lâche, amère, Nadia Boussa, représentante FCPE à Suger. C’est que déjà en septembre, parents, élus et professeurs avaient uni leurs forces pour exiger davantage de personnels et de sécurité.

« Quinze jours de mobilisation pour qu’au final le ministère de l’Éducation nationale nous adresse une fin de non recevoir », rappelle le maire adjoint Stéphane Peu, pour qui « ce qui s’est passé n’est pas un coup de tonnerre dans un ciel serein », mais vient « tristement illustrer la justesse et la légitimité de ces revendications ». Refusant d’être ignorés plus longtemps et perçus comme « des victimes consentantes », près de soixante-dix personnes, parents d’élèves, profs, lycéens, élus, militants syndicaux et associatifs se sont réunis en urgence lundi midi 13 mars à la bourse du travail, avec la conviction que ces incidents sont avant tout révélateurs d’une crise généralisée « à l’ensemble du secondaire », comme en attestent de récents mouvements contestataires aux collèges Barbusse et Triolet « sur des problématiques similaires ».

Dénonçant à l’unisson « l’insuffisance des moyens », « d’encadrements humains », ils comptent en premier lieu demander audience à la ministre de l’Éducation Najat-Vallaud Belkacem, même si, dans l’assistance, de nombreuses voix s’élèvent pour dire que « cela ne suffira pas ». « Elle n’a pas non plus été la dernière à accabler nos élèves arrêtés arbitrairement en leur ôtant tout droit à la présomption d’innocence », tance une enseignante de Paul-Éluard, rejointe par beaucoup d’autres, pour exiger des comptes au ministre de l’Intérieur, après l’interpellation mardi dernier de 55 jeunes, la plupart lycéens, dont 8 ont été mis en examen.

Les autres, bien qu’étrangers aux dégradations, auront eu à subir plus de trente heures de garde à vue. « La police n’a pas le droit d’organiser des rafles sans discernement, de prendre 50 jeunes, de les enfermer, de les traumatiser, de les humilier, de les insulter », martèle un professeur, parmi d’autres à s’insurger contre ce traitement policier dénoncé à l’unanimité comme « démesuré ».

Des parents d’élèves, qui prévoient d’adresser une lettre ouverte au président de la République et à ses ministres, anticipent sur une réunion organisée dans la soirée à l’appel de la FCPE pour suggérer l’organisation d’une manifestation, le dépôt d’une plainte collective ou la saisie du défenseur des droits, exigeant aussi a minima un renforcement de l’équipe de direction du lycée Suger, voire son remplacement. « Les jeunes doivent aussi savoir que l’on est solidaire de leur volonté de dire la révolte », signale une enseignante de Bartholdi. « Oui, mais à condition de pouvoir dire stop à ceux qui déconnent », prévient une mère d‘élève. 

Un besoin de mettre « les choses à plat » et d’y impliquer « toute la chaîne des responsabilités », qui va de pair avec la nécessité d’une intervention à l’échelle locale. « Il y a un vrai problème de climat scolaire qu’il va falloir avoir le courage de poser, alerte un enseignant de Suger, qui y exerce depuis son ouverture, il y a 23 ans. À l’époque, il y avait une réelle proximité avec le tissu local, associatif, avec la police. Cela ne serait pas arrivé. » Un constat partagé par le maire adjoint David Proult, qui regrette que « les liens se soient autant distendus entre les établissements et leur environnement » et invite chacun à se mobiliser pour « les renouer ».


Réactions

Saint-Denis n'est pas sur la planète Mars. Saint-Denis est une ville appartenant à un État de droit. Si les parents veulent rendre service à leurs enfants alors ils doivent leur expliquer deux articles du Code Pénal les 431-3 et 431-4 sur les attroupements. Un attroupement est rassemblement de personnes susceptible de troubler l'ordre public. Continuer volontairement de participer à un attroupement après deux sommations de se disperser est puni par la loi (article 431-4). Il faut aussi apprendre aux enfants que s'opposer à la Police Nationale ou Municipale constitue un acte de rébellion défini par l'article 433-6 du Code Pénal et puni par l'article 433-7. Dans la vie on est sans cesse confronté au droit. Quelques heures d'enseignement du droit civil et du droit pénal par mois dans le secondaire ne seraient pas du luxe. Au collège on n'apprend pas aux élèves ce dont ils auront le plus besoin. Entretenir l'ignorance profite à celles et ceux qui détiennent le pouvoir.

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