Cultures

Résidence
/ Rachid Santaki sur tous les fronts

L’hyperactif et multi-casquette auteur des Anges s’habillent en caillera se pose pour quelque temps dans le quartier Franc-Moisin dans le cadre d’un Contrat urbain de cohésion sociale.
Rachid Santaki enchaîne les projets et axe sa carrière d'auteur vers le cinéma.
Rachid Santaki enchaîne les projets et axe sa carrière d'auteur vers le cinéma.

Il participe à des projets associatifs, anime des dictées populaires partout dans l’Hexagone, écrit pour la télévision… Aussi, saisir Rachid Santaki pour faire le point n’est pas une mince affaire. Ses multiples casquettes l’amènent à se retrouver dans une prison de province un jour, dans les bureaux parisiens du Centre national du cinéma (CNC) la semaine suivante, dans une cité de banlieue à animer un atelier de français le mois d’après. Il a lancé sa résidence dans le 93 en octobre dans le cadre d’un Contrat urbain de cohésion sociale (CUCS) passé avec Plaine Commune Habitat qu’il maintiendra jusqu’en juillet. L’auteur des Anges s’habillent en caillera intervient à Saint-Denis, dans le quartier Franc-Moisin. « C’est mon projet d’adaptation du court-métrage La Boulette en roman jeunesse qui m’a permis de faire cette résidence », confie Santaki. En cinq ans, il a déjà publié huit livres. Et depuis cette période, l’image « de l’écrivain de cité » lui colle à la peau.  

« J’ai fait beaucoup de trucs sur la délinquance, c’est vrai, mais je sens que j’ai fait le tour. Pour mon dernier livre La légende du 9-3, je savais qu’en étant sur tous les fronts il allait y avoir de la casse, raconte-t-il un peu sarcastique. Maintenant, je prends mon temps pour écrire, cette résidence me permet cela. » À la Maison de quartier, il a donné des cours de vocabulaire aux mamans sur le thème de la Toile (Internet), dans le cadre du programme « Dis-moi dix mots » lancé par la Délégation générale à la langue française. À Iqbal-Masih, c’est avec l’enseignante Alexandra Montaigne qu’il a animé un atelier-débat autour des médias. Dans une ère où le smartphone se dégaine plus vite qu’une cigarette électronique, où l’information est rarement filtrée et contextualisée, difficile pour les adultes de faire le tri. Alors pour les ados… « Les jeunes d’aujourd’hui ont tellement d’outils qu’ils s’éparpillent. Ils mettent forcément plus de temps à structurer leur esprit critique », analyse-t-il sans condescendance. Au lycée Suger, dans la classe de Karima Ikene, il a géré les échanges en prenant comme point de départ les centres d’intérêt des élèves, avec en toile de fond le langage.

Ces jeunes, souvent mal compris, sont pour lui une source d’inspiration. Il poursuit : « Cette résidence m’apporte beaucoup. C’est comme une mise à jour des tendances, des profils et des codes de la nouvelle génération. Mes prochains projets cinématographiques seront en lien avec ce que je vois ici, avec cet univers. C’est dans l’air du temps, le cinéma français s’ouvre de plus en plus à la diversité », note-t-il en observateur aguerri du 7e art. La carrière d’auteur de Rachid Santaki a débuté avec la presse quand il éditait 5 Styles, un magazine de culture urbaine qu’il a porté à bout de bras pendant huit ans. De la presse à la communication il n’y a parfois qu’un pas. Pour équilibrer le budget de sa revue, il s’était lancé dans le street-marketing jusqu’en 2008, année où il a décidé de mettre un terme à l’aventure et de se consacrer à un autre format : le cinéma. Dans la foulée, et grâce au livre Les Anges s’habillent en caillera, il a planché rapidement sur quelques scénarios de productions télé dont une adaptation (toujours en cours) de cet ouvrage, apprenant le métier aux côtés du réalisateur Pierre Lacan. En 2013, Canal + lui propose de développer le projet de série Reverso, mais son équipe se fait couper l’herbe sous le pied par Le Bureau des légendes. Et après cet épisode, le scénariste dionysien entre au CNC. Toujours un pied dans le cinéma et des projets à la pelle, cet hydre de Lerne attaque bientôt le tournage de son film Ça passe, l’histoire d’un collégien devenu guetteur… Et après avoir animé la « Dictée des cités » partout en France depuis trois ans, Rachid Santaki s’est lancé un nouveau défi pour 2017 : organiser la plus grande dictée du Monde… À Saint-Denis bien-sûr.

Maxime Longuet

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