À la une Portrait

Portrait
/ Ludo les bons tuyaux

Présent à toute heure aux quatre coins de Saint-Denis, au courant de tout, le tchatcheur aux lunettes sur le bout du nez déteste l’injustice et adore les gens.
LUDO
LUDO

« Je suis né à Levallois le 4 novembre 1988… Quoi la date t’étonne ? T’as qu’à écrire 65 avant Jésus-Christ ! » Ludo se marre et lance un clin d’œil. Quel tchatcheur celui-là. À moins que… Et s’il avait vraiment 2 079 ans ? Ça ne serait pas le plus étrange. Ça paraîtrait même logique. Car Ludo est omniscient et possède le don d’ubiquité.

Il sait tout sur tout et assiste au moindre événement. Une manif, un incendie, une canalisation qui pète, une réunion publique spontanée ? Ludo arrive en premier et connaît tous les détails. Mais qui es-tu Ludo ? « Il faut que tu saches : il y a trois trucs à voir à Saint-Denis. La basilique, le Stade de France et… Ludo ! » Un monument donc, à tel point qu’il a sa place dans les portraits slamés par Grand Corps Malade.

« Vu de ma fenêtre, celui que je vois le plus souvent c'est Ludo. Il est gentil mais quand tu le croises c'est pas forcément un cadeau. Si tu le supportes pendant une heure, j'te jure t'es costaud. C'est le mec qu'on appelle la cerise sur le ghetto. » Ludo devient sérieux. « Je trouve que c’est un compliment, une reconnaissance. C’est bien d’avoir son moment de gloire une fois dans sa vie. »

« Asnières c’est pas le désert australien »

Le loup blanc ne lâche plus la parole. « Je suis passionné par les villes. J’aime quand ça bouge. C’est comme une série télé, et Saint-Denis c’est la meilleure ! » Celle qu’il connaît le mieux, mais pas la seule. « Je flâne dans Paris, je travaille un peu partout en Île-de-France. Mais les Dionysiens pensent que je leur appartiens. Je te jure, quand j’en croise ailleurs, ils hallucinent ! Hey mais Ludo qu’est-ce que tu fais là ?! Hey mais ça va, Asnières c’est pas le désert australien ! »

Ludo est né d’une mère bretonne qui lui a donné son nom, Bocazou, et d’un père kabyle et maçon. Il est arrivé ici à 5 ans, rue Pinel, puis a déménagé à Franc-Moisin. « Personne ne misait jamais sur moi. Les profs me disaient de tenir les murs. Je suis parti en internat, puis j’ai été dans la 1re promotion de l’école de la 2e chance à La Courneuve. Avec Olivier Jospin mon gars. J’ai fait un stage à TF1. Ils m’ont kiffé et depuis ils reprennent chaque année des jeunes de l’école. »

Autodidacte revendiqué, il enchaîne les boulots : sécurité, préparateur de commande chez UPS, roadie à Solidays et au Stade de France… Il s’adapte, avec une préférence pour l’audiovisuel. « Mon premier employeur, ça a été la Ville en tant que vacataire au service jeunesse. Je nettoyais les tentes de camping. Après, j’ai eu d’autres missions. De la manutention et de la com pour des spectacles de la Ligne 13 et de la vie culturelle. On m’a fait confiance. Ça m’a touché. » Il enchaîne sur sa ville.

« On a le sens du partage »

« Les gens, quand ils ne connaissent pas, ils arrivent et ils écarquillent les yeux : Ouah ! C’est quoi ? C’est beau ! Moi je vais les voir et je leur dis, attendez, il n’y a pas que ça. Ici, on a le sens du partage. On n’est pas des traîtres. On mange des pâtes à dix plutôt que du caviar tout seul. » Sa voix s’est élevée. Elle redevient douce, comme si de rien n’était. « Moi j’aime les gens. On a tous le sang rouge tu vois… »

Des projets ? « Je ferai bien un journal. Avec les bons conseils et bons tuyaux de Ludo. Si je mets tout ce que je sais ça va faire un best-seller ! » Mais ce qui l’intéresse surtout, en ce moment, ce sont les maraudes sociales qu’il a découvert avec le Secours islamique. « Je parlais avec des SDF et ils sont venus les aider. Je suis pas musulman mais on est tous les mêmes. C’est important de combattre la misère. » Sacré Ludo.

Aurélien Soucheyre

Réactions

paix à son âme, nous nous croisions si souvent que cela parait si irréel !

Réagissez à l'article

(ex. : votre.nom@fournisseur-internet.com) Cette adresse ne sera pas publiée sur le site.
Merci de prendre connaissance de la charte des commentaires ci-dessous.

Principes de modération

Les commentaires postés sur lejsd.com sont modérés avant publication par l’équipe éditoriale.
Les commentaires sont ouverts les quatre semaines suivant la mise en ligne des contenus.
Les messages sont publiés dans leur intégralité ou supprimés s’ils sont jugés non conformes à la charte.
L’internaute est responsable des commentaires qu’il poste. L’équipe du JSD se réserve le droit de retirer tout commentaire si elle l’estime nécessaire pour la bonne tenue des échanges.
La modération dans l’immédiat a lieu du lundi au vendredi, en horaires de jour.
Lorsqu’un internaute poste plusieurs fois le même commentaire, l’équipe du JSD n’en publie qu’une version.

Pseudonymes

Il n'est pas autorisé de choisir comme pseudonyme le nom d'une autre personne physique ou morale (entreprise, institution, etc.) ou d'utiliser un nom similaire à celui d'un autre internaute dans le but de créer une confusion.
Les noms contenant des allusions racistes, sexistes ou xénophobes sont proscrits.
Si un internaute utilise plusieurs pseudonymes pour commenter, le JSD se réserve le droit de supprimer ces comptes, sans préavis.

Contenus illicites et prohibés

Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Le JSD supprimera tout commentaire contrevenant à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, répété plusieurs fois ou grossier.
Sont notamment illicites les propos racistes, antisémites, sexistes, homophobes, discriminatoires, diffamatoires ou injurieux, incitant à la violence (y compris les appels à la restauration de la peine de mort) ou à la haine raciale, niant les crimes contre l’humanité et les génocides reconnus, faisant l’apologie des crimes de guerre et du terrorisme ; justifiant des actes violents et des attentats.
Sont également proscrits : les propos de nature pornographiques, pédophile ou délibérément choquants ; les atteintes à la présomption d’innocence, l’usurpation d’identité, l’incitation à la commission de crimes ou de délits, l’appel au meurtre et l’incitation au suicide et la promotion d’une organisation reconnue comme sectaire…
Il est également interdit de divulguer des informations sur la vie privée d'une personne, de reproduire des échanges privés et d’utiliser des œuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).
Actuellement la publicité est interdite sur lejsd.com Les liens promotionnels sont proscrits mais la publication d’un lien vers un site commercial en lien direct avec le sujet dont il est question dans le programme ou le fil de commentaires peut être tolérée, si elle apporte un complément d’information utile à l’internaute.
Le JSD se réserve le droit de supprimer tout commentaire contenant des propos agressifs visant des personnes, notamment les autres commentateurs.
La suppression d’un commentaire entraîne celle des réponses qui lui ont été faites.
Pour contester une modération, merci d’écrire à info@lejsd.com.

CAPTCHA
Ce champ nous permet de vérifier que vous n'êtes pas un robot spammeur