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Grève du nettoyage à la gare
/ Les grévistes pas prêts à jeter l’éponge

Cinq semaines que les salariés de nettoyage de la gare principale sont à l’arrêt depuis que la société H Reinier du groupe Onet a repris le marché de propreté. Ils refusent les conditions de travail imposées par ce nouveau prestataire.
Lundi 4 décembre, devant la gare de Saint-Denis, des salariés de la société H Reinier du groupe Onet en grève. (©) Yann Mambert
Lundi 4 décembre, devant la gare de Saint-Denis, des salariés de la société H Reinier du groupe Onet en grève. (©) Yann Mambert

Les poubelles débordent toujours à la gare de Saint-Denis. Ce mardi 5 décembre, les salariés du nettoyage du réseau nord francilien de la SNCF ont bouclé leur cinquième semaine de mobilisation. Ils sont en grève depuis le 1er novembre, date à laquelle la société H Reinier du groupe Onet a repris le marché de propreté. Ils refusent les conditions de travail imposées par ce nouveau prestataire.

Parmi les 76 gares concernées, sur les lignes B, D, H, N et K, trois sont bloquées : Garges-Sarcelles, Ermont-Eaubonne et Saint-Denis. Environ 90 % des 107 salariés sont toujours en grève. Ils n’assurent plus le service de propreté. Vendredi 1er décembre, ils ont été reçus par le maire Laurent Russier, qui les a soutenus. La situation, elle, est tendue. Dans la nuit de vendredi à samedi dernier, escortés par les forces de l’ordre, des intérimaires de H Reinier ont pu nettoyer la gare dionysienne. L’appel à la force publique a été demandé par la SNCF qui explique qu’elle doit s’assurer de la « salubrité » des lieux et de la « sécurité » des passagers. « Nous dénonçons avec force ce procédé qui ne participe pas, c'est le moins que l'on puisse dire, à un dialogue social constructif », dénonce le syndicat Sud rail de Paris-Nord. 

Pour les grévistes, le prestataire est « responsable » de la situation tandis que l’entreprise publique, qui sous-traite son nettoyage, en est « complice ». « La SNCF propose des appels d’offres au rabais », dénonce un syndicaliste. Onet a succédé à l’entreprise SMP en charge du marché les cinq précédentes années. Le dernier prestataire est ainsi la cinquième société que connaît Ali Belhocine, en poste depuis dix-sept ans. « On fait le même travail, on nous change juste de gilet, et à chaque fois les conditions de travail sont moins bonnes. J’ai vu de mes yeux la dégradation », critique le délégué syndical FO, en donnant comme exemple des suppressions de postes successives, la pénurie de matériel, la sécurité défaillante ou la vétusté des locaux. Un salarié compare son vestiaire en gare à « un local poubelle »

« Les gens sont au Smic »

Ce « ras-le-bol » a explosé avec les nouvelles conditions de la société H Reinier. Elle a notamment voulu inscrire une « clause de mobilité » dans le nouveau contrat de travail. Au lieu d’être rattachés à des gares fixes, les salariés pouvaient travailler sur d’autres stations en fonction des besoins de l’entreprise. Outre le maintien des postes et des horaires de travail, les grévistes ont voulu « tout remettre à plat », explique Ali Belhocine. Après de multiples réorganisations et la succession de prestataires, ces salariés, pour la plupart étrangers, demandent à être sous la même convention collective. Ils veulent que tous bénéficient d’un panier repas de 4 euros par jour. Certains touchent 1,90 euro, d’autres n’ont rien parce qu’ils sont à mi-temps. « Les gens sont au Smic. Moi après dix-sept ans, je touche environ 1 500 euros », explique le syndicaliste, chef d’équipe. La direction de H Reinier a d’abord proposé d’étaler la hausse de 2,10 euros en quatre fois jusqu’en juillet 2019. Puis ils ont proposé en deux fois d’ici six mois. Les grévistes veulent cette augmentation immédiatement.

Dans un communiqué, la SNCF « exige de la direction H Reinier de désigner rapidement un médiateur externe ». Le prestataire en accepte le principe, tout en affirmant continuer les négociations. Elles sont pour l’instant à l’arrêt. Les grévistes dénoncent les menaces de la direction. Au moins une dizaine d’entre eux ont reçu, fin novembre, une convocation à un entretien préalable « pouvant aller jusqu’à un licenciement pour faute ».

Aziz Oguz
  

Réactions

super soyez forts et recevez tout mon soutien mais pour qui vous prend on? c'est une honte de vous prendre pour des robots des moins que riens, non cette société et la SNCF doivent vous respecter et entendre vos droits, quelle honte, tenez bon recevez encore une fois mon soutien, et tant pis pour les ordures, on est habitués.
NE LACHEZ RIEN WALLOU NE LACHEZ RIEN WALLOU
En 2016, grâce au travail de ses 65000 salariés, le groupe Onet a réalisé 1,695 milliards d'euros de chiffre d'affaires avec une marge d'exploitation de 3% (le résultat net comptable n'est pas publié). Louis Reinier et sa famille détiennent 75% du capital de cette entreprise. En page 37 de son rapport de développement responsable 2016, le groupe Onet prétend assurer la santé et la sécurité au travail. Pourquoi alors laisser un vestiaire vétuste aux salariés Onet de la gare de Saint-Denis ? En page 40 du même rapport le groupe Onet prétend favoriser un climat social de qualité. Pourquoi menacer les dix salariés grévistes de licenciement ? Dans beaucoup d'entreprises franciliennes du secteur tertiaire le panier repas vaut environ quatre euros. Pourquoi les salariés du nettoyage n'y auraient-ils pas droit ?
Depuis 1960 en France, dans le secteur du nettoyage, des fortunes colossales se sont construites. Louis Reinier et sa famille constituent la 230ème fortune française avec un patrimoine de 300 millions d'euros. Dans son rapport 2016 de développement responsable, le groupe Onet prétend mener un projet de qualité de vie au travail. Alors pourquoi inclure en 2017 une clause de mobilité aux contrats de travail laquelle allongerait de plusieurs heures les journées des salariés Onet et les épuiserait ?
Onet emploie des salariés qui ne veulent pas payer dans un travail que les français ne veulent pas faire.
Ah je pensais que ces Sté cherchaient des personnes béni-oui-oui n'ayant pas les moyens de revendiquer quoi que ce soit ? Je ne comprends pas le faux procès qui date d'un autre âge sur la légende des racistes disant "des français qu'ils ne veulent pas bosser les mains dans le caca" ?ah ah ah Ils sont dans les usines de merde rassurez-vous ou chômeur par ce dumping ! Puis Il y a tellement de chômeurs dans nos cités HLM d'aujourd'hui c'est incompréhensible !! 24% de chômeurs... de pire en pire.

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