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Équipements sportifs
/ Les Dionysiens à l’étroit

La ville, à l’instar des communes denses de la métropole, souffre d’un manque d’infrastructures sportives. Les JOP 2024 qui se profilent pourraient permettre de voir la situation évoluer.
La rénovation du palais des sports Delaune sera inscrite dans le budget à partir de 2020, promet l'adjoint au sport. (©) Yann Mambert
La rénovation du palais des sports Delaune sera inscrite dans le budget à partir de 2020, promet l'adjoint au sport. (©) Yann Mambert

Avec le Stade de France et ses quelques 80 000 places, la ville des rois peut s'enorgueillir d’avoir la plus grande enceinte du pays. Et pourtant, malgré ce joyau, elle souffre d’un manque criant d’installations sportives pour la pratique de ses habitants. Ce retard ne lui est pas propre. Il est régional. « L’Île-de-France se situe à la 5e place des régions métropolitaines en nombre d’équipements sportifs mais [elle] se retrouve au dernier rang quand celui-ci est rapporté à sa population avec un taux pour 10 000 habitants de 22,8, soit 18,5 points en deçà de la moyenne en France métropolitaine qui s’élève à 41,3 », lit-on dans l’Atlas francilien du recensement des équipements sportifs 2017, co-réalisé par la Direction régionale de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion sociale (DRJSCS) d'Ile-de-France et l’Institut régional de développement du sport (IRDS) (1). 

Ce chiffre chute à 16 pour Saint-Denis qui se situe dans la moyenne départementale. La Seine-Saint-Denis est en queue de peloton, juste devant la ville de Paris (12,5). Plus une ville est dense et peuplée, plus ce taux est faible. Plus pauvre, le 93 pâtit aussi de sous-investissement. « Dire que la ville de Saint-Denis accuse un déficit important en matière d’infrastructures sportives est désormais admis par les pouvoirs publics et le mouvement sportif », est-il exposé dans un rapport présenté en février 2016 par Bally Bagayoko. En charge des sports, le maire adjoint reconnait clairement « un retard considérable », même s’il note une amélioration de la situation dans le sud de la commune grâce à l’inauguration de deux nouveaux gymnases : l’un construit par le Département à Pleyel, l’autre par la Ville à la Plaine. Cela a permis « de rééquilibrer l’offre entre le nord et le sud », souligne-t-il.

« On jongle de manière permanente »

« On desserre la ceinture d’un cran, mais on reste encore à l’étroit, résume le directeur des sports Farid Mebarki. On essaye de satisfaire tout le monde, on jongle de manière permanente. » La mise à disposition des équipements aux associations vire parfois au casse-tête. En football par exemple, les associations se bousculent pour obtenir des créneaux. L’AB Saint-Denis demande des terrains pour développer sa section féminine. Les deux derniers nés, le Paris International Football Academy et le Saint-Denis FC (lire ici), doivent jouer au parc interdépartemental de Marville. Mais les équipements y sont payants contrairement à ceux de la Ville. 

D’une manière générale, construites pour la plupart avant 1980, les installations sont vétustes et vieillissantes, à l’image du palais des sports Auguste-Delaune. « C’était un formidable un outil il y a quarante ans, mais il n’est plus adapté aujourd’hui », analyse le responsable des sports. Il préconise aussi la création de « salles spécialisées pour désengorger les salles polyvalentes ». « Tout ne se résoudra pas par la construction », prévient-il.

Évoqué à de multiples reprises, la rénovation du palais sera inscrite dans le budget à partir de 2020, annonce Bally Bagayoko. D’un coût d’environ 20 millions d’euros, ces gros travaux de réhabilitation seront couplés d’une extension de la partie est de l’édifice. Cette option a été préférée à la démolition-reconstruction, qui aurait alourdi la facture d’une dizaine de millions d’euros, précise l’élu. Potentiellement livrés deux ans avant les Jeux olympiques et paralympiques 2024, ce palais rénové et le reste des équipements du parc Delaune seront intégrés dans les sites d’entraînement dionysiens de l’événement.

Aziz Oguz

Un centre nautique en héritage des JO ?

Outre la destruction-reconstruction de la piscine départementale Marville, le centre nautique olympique, qui sera construit à côté du Stade de France, deviendra la troisième piscine dionysienne. Ce sera une petite révolution. Aujourd’hui, Saint-Denis a seulement 59,6m2 de bassin de natation pour 10 000 habitants, contre 147,6 à Plaine Commune et 161,1 dans la Région ! Mais à qui incombera sa gestion après 2024 ? C’est l’une des questions des négociations entamées entre l’État, les villes de Paris et Saint-Denis. Une des pistes évoquées est celle menant au consortium du Stade de France. Est-ce que les habitants en profiteront ? Au-delà de l’événement, les Jeux seront aussi jugés à l’héritage laissé aux Dionysiens.

AO

(1) Mise-à-jour du 7 décembre: dans la version de l'édition papier, nous avons oublié de citer la Direction régionale de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion sociale (DRJSCS) d'Ile-de-France, qui a co-réalisé l'Atlas avec l'IRDS. 

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