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Pleyel
/ Le renouvellement urbain comme un sport collectif

Dans ce territoire confronté à des transformations urbaines de grande ampleur, se joue une démocratie participative d’un tout nouveau genre : faire échanger habitants, entreprises, architectes, clubs sportifs… la Ville ou Plaine Commune – les deux instigatrices du projet – lors d’une rencontre de football théâtralisée.

Les équipes sont constituées, les sessions d’entraînement et le calendrier des rencontres bouclés. Une conférence de presse d’avant-match a eu lieu mercredi 21 mars dans le club-house de l’école Anatole-France à Pleyel, en présence des équipes compétitrices qui y ont présenté leurs effectifs, leurs maillots ainsi que leurs hymnes. L’occasion aussi de faire monter la sauce et de mettre au point le tournoi « To but or not to but ». Le 23 juin, des équipes constituées d’habitants et de salariés du quartier Pleyel s‘affronteront au gymnase Aimée-Lallement. Mais de quel sport s’agit-il exactement ? De football ? Pas vraiment. « To but or not to but », c’est la rencontre entre le football et… l’improvisation théâtrale.

Sur le papier, ce foot théâtralisé doit faire émerger un dialogue inédit, sur le fond comme sur la forme, entre les participants : « Sur le bord du terrain, les artistes de Gongle, épaulés par des consultants du quartier, commentent le jeu. À travers ces commentaires, ils racontent l’histoire des clubs du quartier, donnent la parole aux joueurs et font référence aux projets urbains », indique-t-on. Un jury se chargera de distribuer les points sportifs et artistiques aux équipes. Aux manettes de cette compétition un peu baroque on retrouve la coopérative culturelle Cuesta et le groupe d’artistes-chercheurs Gongle qui se sont associés pour mener cette expérimentation sociale, sportive et participative.

Quant au tableau des rencontres, y sont inscrits côté institutions publiques et entreprises privées, l’équipe expérimentée de la « Mission Publique » (de la Ville de Saint-Denis et de Plaine Commune, ndlr), celle des « Ampère Jamais » représentant EDF, les champions des « Lumières de Pleyel », équipe formée de concepteurs, architectes et promoteurs lauréats du concours Inventons la Métropole dans le quartier Pleyel. Aussi, l’équipe « Anina Jia Muut » (Anina et les autres, en finnois), venue de la Plaine voisine a été mandatée par l’académie Fratellini, est la touche « exotique » de ce championnat. Les articulations solides des joueurs seront un atout majeur pour dégripper le dialogue entre les équipes. Du côté des habitants, on retrouve d’ailleurs les challengers des « Défenseurs de la Butte », l’équipe locale de futsal le « Barça de Saint-Denis », la « QLF »(« Que La Famille », club familial habitant la rue Jules-Genovesi) ou encore les « Désenchantés » issus du centre de formation du Conseil citoyen Pleyel-Confluence. Enfin, la « Big School » et son excroissance« Les Petits Boulangers » réunissent respectivement les parents, enfants et animateurs des écoles Anatole-France et Lili-Boulanger.

« To but or not to but » est au cœur de la démarche quartier « Le terrain, le joueur et le consultant » initiée par la Ville de Saint-Denis et Plaine Commune. Elle se destine aux habitants du quartier Pleyel qui sont confrontés à des transformations urbaines de grande ampleur sur le territoire. La municipalité et l’établissement public territorial ont donc recours au truchement de Gongle et de Cuesta pour prolonger et consolider les échanges entre les différentes parties.

« Notre travail consiste à faire remonter des besoins de la population et à chercher des formes de réponses. Le quartier avait besoin d’un lieu de convivialité et d’information, d’où la création de trois club-house à l’accueil de loisirs loisir de l’école Anatole-France, l’école Lili-Boulanger et l’antenne jeunesse place des Pianos. », explique Alexandra Cohen, co-fondatrice de Cuesta. Nul doute que le tournoi mettra en exergue les espoirs mais aussi les questionnements que portent habitants et salariés de cette zone. Les hymnes reflètent ce qu’il se joue dans ce secteur. Entre les lignes, et parfois franchement, on peut mesurer à quel point les perspectives et les attentes sont plurielles.

L’équipe de la « Mission Publique », très attendue, appelle au rassemblement : « l’intérêt général, c’est notre Saint-Graal […] Associons, consultons pour construire des ponts, sommes-nous au complet pour ce nouveau rebond ? », quand celle des « Désenchantés » se fait plus incisive et méfiante « nous sommes les oubliés de la municipalité […]la circulation est à saturation et les voitures ventouses font décoration ». Les « Défenseurs de la butte » eux-aussi se font très explicites : « Reportons la concertation ! La variante proposée par l’équipe Mission Publique, détruit des espaces paysagers classés, le brouhaha du monde, une circulation chaotique de tout cela nos yeux sont lassés ». « Mission Publique » a assuré qu’elle s’appuiera sur une défense renforcée et un jeu collectif. Les pronostics vont bon train et l’on attend des derbies assez grandioses. Chaque équipe défendra les couleurs de ce championnat à l’issue duquel on peut espérer la création d’un nouveau club :  L’Entente de Pleyel.

Maxime Longuet

Réactions

Les transformations urbaines de grande ampleur, la grande gare du Grand Paris Express, le franchissement urbain au dessus des voies SNCF, le village olympique, concernent aussi les habitants de l'île Saint-Denis et de Saint-Ouen. Pourquoi Plaine Commune n'a pas invité les habitants de L'Île-Saint-Denis et ceux de Saint-Ouen à cette improvisation théâtrale ? Plaine Commune ne fait pas grand chose pour rassembler les habitants des neuf villes autour d'un projet commun.

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